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HORWOOD, VICTOR WILLIAM, architecte, auteur, fonctionnaire, officier de milice et gentleman-farmer, né le 27 février 1874 à Frome, Angleterre, fils de Harry Horwood et d’Ellen Mary Long ; le 18 septembre 1906, il épousa à Winnipeg Claratina Taylor ; décédé le 15 mars 1939 à Matlock, Manitoba.

Le père de Victor William Horwood était un artiste en vitraux qui immigra au Canada et établit son affaire à Prescott, en Ontario, en 1876. Victor William arriva plus tard, probablement en 1881, avec sa mère et ses frères. Il fréquenta les écoles publiques de Prescott et fit des études en art à New York et à Minneapolis, au Minnesota. À son retour au Canada, il entama son apprentissage dans le bureau de son frère aîné, l’architecte Edgar Lewis Horwood, installé à Ottawa. Il travailla ensuite à Montréal, Toronto et Chicago pendant de courtes périodes. Comme il l’expliquerait dans un article publié en 1932, ses « voyages en quête de connaissances en architecture partout sur le continent » l’amenèrent à Winnipeg en février 1904.

Cette année-là, Horwood dressa les plans d’une école à Fort William (Thunder Bay), en Ontario, et d’une résidence pour Mme G. Nagy, à Winnipeg. Au cours de l’année 1905, son cabinet prospéra grâce à des commandes pour concevoir entre autres des résidences pour les hommes d’affaires John Sutton, William Chandler Birt et William G. Bell, et un immeuble d’habitation connu sous le nom de Bell Block. Il dessina les plans d’une école à Virden, puis d’autres écoles à Sintaluta, en Saskatchewan (1906), à Innisfail, en Alberta (1907), et à Kildonan (Winnipeg) (1908). Il s’associa à la Riverview Realty Company, qui mettait sur pied un quartier résidentiel de luxe dans le district de Fort Rouge à Winnipeg et, en 1906, se fit construire une maison à Riverview en prévision de son mariage avec Claratina, fille de Thomas William Taylor, député provincial et ancien maire de Winnipeg.

En février 1905, Horwood avait commencé à publier des modèles de maisons dans le Western Home Monthly. La série, qui comprenait également des plans pour un poulailler, une église et une grange, continua jusqu’en décembre 1910. Au cours de cette période, Horwood conçut de nombreux grands immeubles d’habitation pour John et William Moxam, notamment Moxam Court (1907), Waldron Court (1909), MacMillan Court (1910) et les appartements Vansittart (1910), ainsi que l’hôtel Keewatin Beach (1909), qui ne fut peut-être pas construit. Il fut également l’architecte d’au moins deux églises de la ville, de l’église presbytérienne St Paul (1906–1907) et de l’église évangélique luthérienne Holy Cross (1910), plus petite. Il créa également des édifices municipaux, notamment l’hôtel de ville de Saint-Boniface (1905–1906) et la caserne de pompiers no 1 (1907–1908) située à proximité. De plus, il réalisa des plans pour une usine de papier goudronné à Elmwood (Winnipeg), commandés par la société Merrick, Anderson and Company (1908), ainsi que pour l’Avenue Theatre (1910–1911) de Winnipeg et pour un grand nombre de résidences, certaines répondant aux besoins du client, d’autres destinées à la revente. Beaucoup de ses constructions affichaient une ornementation néoclassique alors très en vogue.

Le cabinet de Horwood ne fut probablement jamais très florissant, car il se trouvait en compétition avec de nombreux architectes bien établis, tels John Hamilton Gordon Russell*, Joseph Greenfield et Samuel Frank Peters, qui récoltaient une grande partie des contrats. Des firmes reconnues à l’échelon national, comme la Darling and Pearson [V. John Andrew Pearson ; Frank Darling*], l’Edward and W. S. Maxwell [V. Edward Maxwell*] et la Sproatt and Rolph [V. Henry Sproatt], ainsi que des sociétés américaines telles que la Carrère and Hastings et la Warren and Wetmore, avaient elles aussi trouvé des clients à Winnipeg, divisant davantage le marché. Les affaires de Horwood souffrirent peut-être aussi de son tempérament réservé. Même s’il fut membre fondateur de la section locale des Knights of Pythias en 1906, membre de la T-Square Society et de la Manitoba Society of Artists, et même s’il donnait des conférences sur l’architecture à la Young Men’s Christian Association, il laissa l’impression de ne pas être extraverti de nature.

Le 17 janvier 1911, Horwood fut nommé assistant de l’architecte provincial, Samuel Hooper*. Ses tendances politiques conservatrices et l’influence de son beau-père l’aidèrent probablement à obtenir ce poste. Il ferma son cabinet. Cette nomination lui procura un revenu régulier et lui permit de s’installer avec sa femme à Wellington Crescent, quartier plus chic, où ils se firent construire une nouvelle maison en 1911–1912. Après la mort subite de Hooper, la nomination de Horwood au poste d’architecte provincial fut confirmée le 2 novembre 1911 et, selon une source contemporaine, il devint responsable de « tous les travaux d’architecture et de construction entrepris par la province, entraînant des dépenses annuelles de millions de dollars ». À cette époque, le gouvernement conservateur de Rodmond Palen Roblin poursuivait la deuxième phase d’un ambitieux programme de construction lancé par Hooper en 1905–1906. Cette phase comprenait l’achèvement d’un nouveau collège d’agriculture à Saint-Vital (Winnipeg) et l’érection de nouvelles structures dans d’autres villes. Une grande partie du programme consistait en la construction d’un nouveau palais de justice à Winnipeg, qui durerait de 1913 à 1916, et de la centrale électrique voisine, qui serait terminée en 1915 ; ces deux édifices furent conçus par Horwood. La commande la plus importante ne lui fut toutefois pas accordée. À la suite d’un concours tenu dans tout l’Empire britannique au début de 1912, le contrat pour la conception de nouveaux édifices du Parlement fut adjugé à l’architecte anglais Frank Worthington Simon et à son partenaire, Henry Boddington. Le bureau de l’architecte provincial fournirait le personnel, exécuterait des tâches de routine pour Simon et agirait comme intermédiaire entre celui-ci et les hommes politiques locaux. Horwood écrivit un article sur le projet, qui fut publié dans le numéro de novembre 1912 de Construction.

En juillet 1913, Horwood fut engagé, au lieu de Simon, comme architecte coordinateur du projet de palais législatif. Les partisans du gouvernement firent valoir que cette nomination avait pour but d’apaiser les architectes canadiens qui s’étaient opposés à la présence de non-Canadiens dans le concours. Les critiques du gouvernement allégueraient ultérieurement que la nomination avait donné au Parti conservateur un pouvoir absolu sur le projet.

Les travaux de construction commencèrent en août 1913. L’année suivante, lorsque le gouvernement annonça que la structure, qui devait coûter au départ 2,8 millions de dollars, nécessiterait 1,75 million supplémentaire, l’opposition libérale de Tobias Crawford Norris, ayant flairé la négligence et la corruption, réclama une enquête. La commission royale, mise sur pied le 1er avril 1915 pour examiner certaines questions relatives aux nouveaux édifices parlementaires, était présidée par le juge en chef Thomas Graham Mathers. Des difficultés surgirent : le gouvernement avait détruit des documents clés ; l’entrepreneur, Thomas Kelly, n’était pas coopératif ; Horwood, témoin important, était parti à Rochester, au Minnesota, pour se faire enlever une excroissance maligne du visage et avait contribué à maintenir aux États-Unis un autre témoin, William Salt, inspecteur adjoint des édifices. Néanmoins, la commission découvrit des preuves que la construction était de mauvaise qualité et que le gouvernement avait procédé à des dissimulations. Kelly avait grossièrement surfacturé les matériaux et la main-d’œuvre et avait versé de substantielles ristournes au Parti conservateur. Salt avait falsifié ses dossiers d’inspection des caissons à la demande pressante de Horwood qui, de son côté, avait agi sur l’ordre de ses supérieurs. L’architecte provincial avait probablement été dupé par ses maîtres politiques. Le gouvernement Roblin démissionna le 12 mai, puis Horwood le 27 mai. Pendant sa convalescence à Minneapolis, il déclara à un journaliste du Winnipeg Telegram qu’il avait l’impression d’avoir été le bouc émissaire dans ce scandale. Il ajouta qu’il avait été ruiné financièrement et professionnellement : jamais plus il n’exercerait sa profession. Jouissant d’une immunité contre les poursuites judiciaires, il témoigna devant les membres de la commission à Minneapolis contre ses anciens employeurs, incriminant plusieurs personnes.

Victor William Horwood et sa femme vendirent leur maison de Wellington Crescent au printemps de 1916 et acquirent une ferme à l’ouest de Matlock ; Horwood y passerait le reste de sa vie, menant une existence de gentleman-farmer. Officier de milice depuis au moins 1907, il avait démissionné de sa charge de capitaine de la compagnie G du 90th (Winnipeg) Battalion of Rifles en mars 1914, invoquant ses tâches astreignantes à titre d’architecte provincial, mais il resterait membre de l’Independent Order of Odd Fellows et franc-maçon jusqu’à sa mort. À l’occasion, il envoyait une nouvelle, un poème ou une œuvre graphique au Winnipeg Evening Tribune, au Manitoba Free Press ou au Western Home Monthly. Du mois d’août 1919 jusqu’en 1924, il publia une autre série de plans de maisons et de différentes structures dans le Farmer’s Advocate and Home Journal. La publication reprit dans le Nor’-West Farmer en février 1926, se poursuivit jusqu’à la fin d’avril 1936, recommença dans le Country Guide and Nor’-West Farmer en mai 1937 et se termina en février 1938. Ces articles semblent lui avoir procuré un modeste revenu. Il avait en outre préparé un ouvrage de 100 pages, qui demeura inédit, sur l’histoire de la Manitoba Association of Architects. Il mourut en 1939 et fut inhumé dans le lot de la famille Taylor au cimetière Brookside de Winnipeg. Architecte compétent dans un secteur professionnel encombré, Horwood était devenu la victime de stratagèmes politiques.

Randy R. Rostecki

Victor William Horwood est l’auteur de « Designs for stable », Canadian Architect and Builder (Toronto), 19 (1906) : 134–135, « The new legislative and executive building, Winnipeg, Manitoba », Construction (Toronto), 5 (1912) : 69–78, et « Down the years », Nor’-West Farmer and Farm and Home (Winnipeg), 20 juin 1932. Il a également publié des plans d’architecture de résidences et d’autres structures dans Western Home Monthly (Winnipeg), de février 1905 à décembre 1910, Farmer’s Advocate and Home Journal (Winnipeg), d’août 1919 à avril 1924, Nor’-West Farmer (Winnipeg) et la publication qui lui a succédé, Nor’-West Farmer and Farm and Home (Winnipeg), de février 1926 à avril 1936, et Country Guide and Nor’-West Farmer (Winnipeg), de mai 1937 à février 1938.

AM, D 309 (Knights of Pythias), f.2 ; P 6837 (Winnipeg T-Square Society).— BAC, R233-37-6, Ottawa, Central Ward, dist. 100, subdist. b-4.— GRO, Reg. of births, Frome, 9 avril 1874.— Manitoba, Ministère du Tourisme, de la Culture, du Patrimoine, du Sport et de la Protection du consommateur, Bureau de l’état civil (Winnipeg), no 1906-001784.—Ville de Winnipeg, Dir. des arch. et des doc. publics, City Clerk’s dept., building permits, 1906–1910.— Manitoba Free Press, 28 mai, 16 juill., 15 août 1904 ; 6 avril, 6, 17 mai, 8, 29 juill. 1905 ; 28 juin 1906 ; 1er avril 1907 ; 23 mai, 14 nov. 1908 ; 13 mars, 29 mai 1909 ; 1er nov. 1911 ; 21 avril, 28 mai 1915 ; 9 août 1930.— Manitoba Gazette (Winnipeg), 28 janv., 18 nov. 1911.— La Minerve (Montréal), 3 janv. 1881.— Winnipeg Telegram, 5 oct. 1907 ; 1er oct. 1910 ; 9 mars 1914 ; 21 avril, 6 mai, 27–28, 31 mai, 10–11 juin 1915.— Winnipeg Tribune, 25 avril 1906, 5 août 1907, 4 mai 1909, 20 mars 1937, 15 mars 1939, 27 janv. 1940.— Marilyn Baker, Symbol in stone : the art and politics of a public building : Manitoba’s third legislative building (Winnipeg, 1986).— Manitoba, Royal commission to inquire into certain matters relating to the new parliament buildings, Report (Winnipeg, 1915).— Provincial government of Manitoba : various public buildings (Winnipeg, [1911 ?]).— F. H. Schofield, The story of Manitoba (3 vol., Winnipeg, 1913).— Who’s who in Canada, 1922.

Bibliographie générale

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Randy R. Rostecki, « HORWOOD, VICTOR WILLIAM », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 mai 2017, http://www.biographi.ca/fr/bio/horwood_victor_william_16F.html.

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Auteur de l'article:   Randy R. Rostecki
Titre de l'article:   HORWOOD, VICTOR WILLIAM
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   2015
Année de la révision:   2015
Date de consultation:   23 mai 2017