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HOOPER, SAMUEL, sculpteur, homme d’affaires, architecte et fonctionnaire, né en 1851 à Hatherleigh, Angleterre, deuxième des cinq fils de John Hooper, tailleurs, et de Susannah Weeks ; en 1872, il épousa à London, Ontario, Jane Ferguson Simpson, d’Édimbourg, et ils eurent plusieurs enfants, dont deux fils et trois filles qui parvinrent à l’âge adulte ; décédé le 19 octobre 1911 à Londres et inhumé au cimetière St John, Winnipeg.

Enfant, Samuel Hooper fréquenta l’école en Angleterre. En 1869, il immigra avec sa famille à London, en Ontario, où il fut trois ans apprenti dans une marbrerie. En 1878, il retourna en Angleterre afin d’étudier l’architecture au bureau de son oncle, inspecteur de travaux du duché de Cornwall.

Rentré au Canada en 1880, Hooper s’établit à Emerson, au Manitoba, en tant que tailleur de pierre et dessinateur de monuments. En janvier 1881, il élut domicile à Winnipeg et s’associa à David Ede, propriétaire d’une fabrique de monuments. Selon un contemporain, Ede et Hooper firent prospérer leur entreprise malgré les « désavantages dus au climat salubre où ils se trouv[aient] et à la faible mortalité qui en résult[ait] ».

En 1884, Hooper acheta la part de David Ede. Il ouvrit ensuite la Hooper’s Marble Works et, au plus tard en 1904, la fit constituer juridiquement sous le nom de Hooper’s Marble and Granite Company. On affirmait en 1906 qu’une filiale fondée par Albert Lee Houkes, la Hooper, Houkes and Company, était « l’un des plus gros manufacturiers et vendeurs de monuments et de pièces d’intérieur de toute la province », mais elle n’existait plus l’année suivante.

À compter des années 1880, Hooper travailla aussi comme architecte et créa des monuments, des édifices commerciaux et des maisons dans tout le Manitoba. Dès 1906, son fils John exerçait ce métier avec lui chez Hooper and Hooper. Ses monuments les plus connus honoraient le 90th (Winnipeg) Battalion of Rifles, surnommé Little Black Devils, qui participa à la répression du soulèvement du Nord-Ouest [V. Louis Riel*] (1885), la reine Victoria (1898), la bataille de Seven Oaks en 1816 [V. Robert Semple*] (sans date) et le premier ministre provincial John Norquay* (1889–1890). Parmi ses édifices commerciaux à Winnipeg, on comptait notamment le Cass Building (1900), le Western Building (1901) et le Holman Meat Market (1903). Hooper dessina aussi des maisons pour Thomas Sharpe*, maire de Winnipeg (vers 1903), et Robert Rogers*, ministre des Travaux publics du Manitoba (vers 1906).

Le 6 juin 1904, Hooper fut nommé architecte de la province du Manitoba par le gouvernement conservateur de Rodmond Palen Roblin*. Il était le premier à occuper ce poste. Ses fonctions consistaient à dresser les plans des ouvrages financés par le gouvernement, à surveiller les travaux d’agrandissement et de rénovation et à signer les appels d’offres du département des Travaux publics. Sous contrat pendant sa première année, il toucha en 1905 un salaire de 1 800 $ ; en 1910, son salaire annuel atteignait les 2 500 $. Le bureau de l’architecte provincial connut de l’expansion pendant son mandat : composé de 6 dessinateurs et de 2 commis en 1908, il comprendrait 17 dessinateurs, un commis et un inspecteur en 1911.

À titre d’architecte provincial, Hooper réalisa les plans de plus d’une trentaine d’édifices publics à Winnipeg, à Brandon, à Portage-la-Prairie et dans des localités du sud du Manitoba – bureaux d’attribution de titres fonciers, centraux téléphoniques, écoles normales, collèges d’agriculture, édifices municipaux, prisons, palais de justice, asiles, foyers pour malades chroniques. Il pratiquait l’éclectisme, omniprésent dans l’Ouest canadien à l’aube du xxe siècle. Certains de ses édifices, dont l’académie Sainte-Marie et le St Joseph’s Orphanage de Winnipeg, avec leurs lucarnes et leurs combles brisés, furent dessinés selon les principes du style Second Empire. D’autres ouvrages révèlent son goût pour le néo-classicisme, typique de la période georgienne. Ces édifices publics de Winnipeg, tels le bureau d’attribution de titres fonciers, l’école normale et la Carnegie Library, ont des colonnes, des coupoles, des impostes en demi-cercle, des pilastres sculptés et des clés de voûte qui démontrent sa maîtrise dans l’art d’utiliser le marbre et la pierre blanche taillée.

Hooper avait visité l’Exposition universelle de Chicago en 1893 et avait sans doute été influencé par cette « démonstration éclectique de puissance ». Comme bon nombre de ceux de Chicago, ses bâtiments présentent des matériaux blancs – terre cuite, marbre et granit, chaux – qui contrastent avec des parements de brique de couleur chamois ou rouge.

En 1911, Hooper était un architecte et un homme d’affaires reconnu ; il servait sa profession non seulement à titre d’architecte provincial, mais aussi en tant que vice-président de l’Institut royal d’architecture du Canada. Réputé dans son milieu, il était franc-maçon et paroissien de la cathédrale anglicane St John. En 1911, il alla en Angleterre pour soigner son asthme et une bronchite, mais il mourut peu après son arrivée. Sa dépouille fut ramenée à Winnipeg pour l’inhumation.

Les édifices publics conçus par Samuel Hooper reflétaient l’optimisme et l’enthousiasme d’une toute jeune province qui connaissait une période de croissance spectaculaire. Bon nombre d’entre eux subsistent, témoins de sa compétence et de son savoir-faire.

Kathryn A. Young

Arch. privées, Kathryn A. Young (Winnipeg), Entrevue avec Margaret Blanchard, petite-fille de Samuel Hooper, 25 juin 1980.— PAM, GR 1606 ; GR 1620.— Manitoba Free Press, 6 déc. 1906, 2 mai, 12 sept. 1908, 20 oct. 1911.— Winnipeg Telegram, 19 oct. 191l.— Winnipeg Tribune, 22 juill. 1969.— Annuaire, Winnipeg, 1881–1911.— A. F. J. Artibise, Winnipeg : a social history of urban growth, 1874–1914 (Montréal et Londres, 1975).— George Bryce, A history of Manitoba ; its resources and people (Toronto et Montréal, 1906).— Canadian men and women of the time (Morgan ; 1912).— « The gateway to the granary of the British empire », Construction (Toronto), 3 (déc. 1909) : 54–83.— « Hospital for the Insane, Brandon, Manitoba », Construction, 6 (avril 1913) : 140–144.— Manitoba, Dept. of Finance, Public accounts of the province of Manitoba (Winnipeg), 1903–1911 ; Dept. of Public Works, Annual report (Winnipeg), 1904–1911 ; Public buildings erected and improved by the government of Manitoba during the years 1900–1906 (Winnipeg, 1906).— Pioneers of Manitoba (Morley et al.).— F. H. Schofield, The story of Manitoba (3 vol., Winnipeg, 1913).— Winnipeg, Manitoba, and her industries (Chicago et Winnipeg, 1882).

Bibliographie générale

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Kathryn A. Young, « HOOPER, SAMUEL », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/hooper_samuel_14F.html.

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Auteur de l'article:   Kathryn A. Young
Titre de l'article:   HOOPER, SAMUEL
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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   1998
Date de consultation:   23 avril 2014