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HIBBARD, JEDEDIAH (baptisé Jedadiah Hebbard), arpenteur et ministre baptiste, né le 14 octobre 1740 à Canterbury, Connecticut, fils de John Hebbard, fermier, et de Martha Durkee ; décédé le 4 octobre 1809 à Saint-Armand-Est (Frelighsburg, Québec).

D’une famille congrégationaliste de 13 enfants, Jedediah Hibbard ne reçut qu’une bonne instruction primaire dans une école publique ; mais, de nature studieuse, il lut beaucoup, en particulier sur des sujets religieux, et, en mars 1760, il fut admis à l’Église Hampton First Congregational, à Hampton, dans le Connecticut. À Mansfield, le 15 janvier 1764, il épousa Martha Porter, fille de Nathaniel Porter, congrégationaliste prospère de Canterbury. Martha et lui devaient avoir neuf enfants.

Peu après son mariage, Hibbard adhéra à la secte des New Lights, qui prêchait vigoureusement en faveur de la séparation de l’Église et de l’État. Beaucoup de membres de cette secte furent arrêtés pour refus de payer des taxes destinées à l’entretien des églises congrégationalistes – le congrégationalisme étant la religion officielle au Connecticut. La femme de Hibbard demeura cependant une congrégationaliste déterminée. En 1765, Hibbard alla s’installer à Lebanon, au New Hampshire, où il devint fermier ; pendant la décennie suivante, il se hissa à un certain niveau social. Il commença aussi de prêcher, et, comme beaucoup de New Lights modérés, il adhéra à l’Église baptiste Free Will, au sein de laquelle il fut ordonné ministre en 1773. Il faisait souvent de longues tournées missionnaires dans ce qui est maintenant le centre et le nord du Vermont et dans la province de Québec. Ardent partisan de la Révolution américaine, il se battit en 1777 contre le major général John Burgoyne* au fort Ticonderoga (près de Ticonderoga, New York) et près de Saratoga (Schuylerville). L’année suivante, probablement, il retourna dans la région de Lebanon et y fonda une église vers 1780. Il prêcha occasionnellement à Cornish (Cornish Flat, New Hampshire), à peu de distance au sud, et s’y établit vers 1781 ; il y fonda une église en 1789 et y fut pasteur pendant les sept années suivantes.

Hibbard continua ses voyages de prédicateur missionnaire, et, à l’été de 1796, il visita la seigneurie de Saint-Armand, dans le Bas-Canada. Il décida de s’y établir, probablement en vue de répandre la religion baptiste dans le Bas-Canada, où la première congrégation avait été mise sur pied en 1794, à Caldwell’s Manor, près de la frontière du Vermont. En août 1796, ses deux fils et lui achetèrent du seigneur Thomas Dunn 800 acres de terre dans les contreforts vallonnés du mont Le Pinacle pour la somme de £ 186. Hibbard pourvoyait aux besoins de sa famille en exploitant sa terre et en faisant de l’arpentage pour les autres colons qui venaient s’établir dans la région. Le développement de cette petite communauté amena la création d’Abbott-Corners, du nom d’un des premiers pionniers, le docteur Jonas Abbot. En décembre 1797, Hibbard devint membre de la première loge maçonnique des Cantons de l’Est, la Select Surveyors No. 9, à la baie Missisquoi. Il continua aussi de prêcher, évangélisant la région environnante, y compris le nord du Vermont, et il exerça une assez grande influence sociale et morale sur les habitants de la seigneurie de Saint-Armand. En 1799, Hibbard et le ministre William Marsh, qui avait fondé une congrégation dans le canton de Sutton en 1797, établirent l’Église baptiste dans les futurs cantons de Hatley et de Stanstead. Le 6 août, ils fondèrent une congrégation à Abbott-Corners, et, la même année, avec l’argent de Martha, à ce qu’il semble, les Hibbard y construisirent une grande maison à charpente de bois, dans laquelle une conférence baptiste fut peut-être tenue en 1801. L’année suivante, un petit bâtiment à charpente de bois – une des premières églises baptistes du Bas-Canada – fut construit sur un coteau, au nord de l’établissement ; Hibbard en devint le pasteur et le resta jusqu’à sa mort, le 4 octobre 1809. Il fut enseveli dans le seul cimetière convenablement entretenu de la région, celui de l’Église établie d’Angleterre, par le missionnaire anglican Charles James Stewart*.

Il reste encore aujourd’hui des traces évidentes de la vie de Jedediah Hibbard et de son influence dans la région de la baie Missisquoi : on les trouve dans la grande maison à charpente de bois qui existe encore à Abbott-Corners, dans les lignes d’arpentage qui marquent la limite des propriétés de la région, et dans les florissantes églises baptistes des villages situés dans les cantons frontaliers. Malheureusement, l’église qu’il bâtit à Abbott-Corners est maintenant fermée ; cette petite construction en pans de bois fut abandonnée en 1830 et remplacée, 11 ans plus tard, par une construction de brique qui ne sert plus d’église.

En collaboration

ANQ-M, CN1-74, 30 août 1796.— Canterbury, Conn., Vital statistics, IA : 158.— Conn. State Library (Hartford), Indexes, Barbour coll. ; Conn. church records ; Family bible records.— Genealogy of the Hibbard family [...], A. G. Hibbard, compil. (Woodstock, Conn., 1901), 48s.— Illustrated atlas of the dominion of Canada [...] (Toronto, 1881), 11.— W. H. Child, History of the town of Cornish, New Hampshire, with genealogical record, 1763–1910 (2 vol., Concord, N.H., [1911]), 1 : 73, 118s.-C. A. Downs, History of Lebanon, N.H., 1761–1887 (Concord, 1908), 20–23, 30s., 40–43, 62, 66.— G. H. Montgomery, Missisquoi Bay (Philipsburg, Que.) (Granby, Québec, 1950), 132.— Cyrus Thomas, Contributions to the history, of the Eastern Townships [...] (Montréal, 1866), 96–98.

Bibliographie générale

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En collaboration, « HIBBARD, JEDEDIAH », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 28 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/hibbard_jedediah_5F.html.

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Auteur de l'article:   En collaboration
Titre de l'article:   HIBBARD, JEDEDIAH
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
Date de consultation:   28 juillet 2014