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GOODERHAM, WILLIAM GEORGE, homme d’affaires, financier et philanthrope, né le 5 janvier 1853 à Toronto, fils aîné de George Gooderham* et de Harriet Dean ; le 21 janvier 1875, il épousa à Cobourg, Ontario, Ella (Ellen) Hargraft (décédée le 24 juin 1916), et ils eurent neuf fils, dont un mourut avant lui, et deux filles ; décédé le 27 octobre 1935 à Toronto.

William George Gooderham naquit dans une des familles les plus riches et unies du Canada, et il fut considérablement influencé par son père et son grand-père paternel. Selon un cousin, les Gooderham avaient « de nombreuses vertus louables : l’intégrité, la générosité et une grande conscience sociale », mais ils étaient « extrêmement conformistes ». La société fondée par son grand-père William Gooderham* et par James Gooderham Worts*, Gooderham and Worts, exploitait une entreprise intégrée de concassage, de distillation, de parcs à bestiaux et de transport, dont le siège social se trouvait à Toronto. George, père de William George, dirigeait la distillerie et les nombreuses autres entreprises dans lesquelles ses importants profits étaient investis.

Chez les Gooderham, les plus vieux croyaient que William George et ses frères devaient apprendre le métier en commençant au bas de l’échelle ; après avoir fréquenté l’Upper Canada College, William George devint commis subalterne dans l’entreprise familiale. Son grand-père paternel mourut en août 1881 et Worts, moins d’un an plus tard. Peu après, George conclut, avec les exécuteurs testamentaires et les légataires du trust créé par Worts par testament, un accord pour constituer en société l’entreprise qui serait dorénavant connue sous le nom de Gooderham and Worts Limited. William George, âgé de 29 ans, et son frère Albert Edward reçurent chacun dix actions, soit 0,5 % des titres de la société. Selon les statuts de l’entreprise, ces actions permettaient aux deux jeunes hommes d’occuper un poste dans le conseil d’administration. À partir de ce moment, ils jouèrent un rôle de plus en plus important dans les entreprises familiales.

Comme son père, à qui il sauva peut-être la vie en 1885, William George était un excellent plaisancier. À minuit, le 2 août, leurs bateaux, l’Aileen, le cotre de type Clyde de William George, et l’Oriole, la goélette de course de George, mouillaient à Niagara (Niagara-on-the-Lake), avec l’équipage, lorsqu’un incendie fut repéré de l’autre côté du lac Ontario. Le père et le fils se souvenant de la conflagration qui avait détruit le bâtiment principal de la distillerie en 1869, ils décidèrent de partir immédiatement pour Toronto, même si la tempête faisait rage. À trois heures du matin, quand ils eurent traversé la moitié du lac, George signala avec des fusées de détresse que son bateau était en difficulté. L’Aileen fit demi-tour et rejoignit l’Oriole, qui avait commencé à prendre l’eau. Durant plusieurs heures, les deux équipages manœuvrèrent les pompes pour garder le bateau à flot. Les deux navires arrivèrent à Whitby après le lever du jour. Les Gooderham prirent un train jusqu’à Toronto, où ils découvrirent que leur moulin et leur distillerie étaient intacts. Le feu avait toutefois détruit une raffinerie de sucre de sept étages dans laquelle ils avaient investi.

À la mort de son père, en 1905, Gooderham commença à assumer le rôle de chef de la famille élargie, même si, au début, William Henry Beatty*, le principal conseiller juridique et commercial de George, se chargea de certaines responsabilités. Gooderham, « homme discret et effacé », qui « détestait être photographié ou interviewé », selon un associé en affaires, devint un actionnaire important et le président de la société Gooderham and Worts Limited, mais il laissa en grande partie à son frère Albert Edward le soin de diriger la distillerie. Il consacra plutôt son temps et son énergie aux autres entreprises familiales. Il était membre du conseil d’administration de la Banque de Toronto depuis 1881 et de la Canada Permanent Loan and Savings Company (qui prendrait le nom de Canada Permanent Mortgage Corporation après 1903) depuis 1889. Il devint le président de cette dernière en 1910, celui de la Compagnie d’assurance sur la vie, dite des Manufacturiers quatre ans plus tard et le président de la banque en 1916. Il occuperait tous ces postes jusqu’à sa mort, en 1935. Chacune de ces positions avait été tenue pendant de nombreuses années par son père et, dans le cas de la banque, par son grand-père.

Comme ses prédécesseurs, Gooderham était un homme d’affaires à la fois remarquable et conservateur. D’après A standard dictionary of Canadian biography, il était « très réputé pour sa prévoyance, sa perspicacité et un jugement sûr, motivé par des idéaux progressistes ». Même si ses mandats de président de la Banque de Toronto, de la Canada Permanent Mortgage Corporation et de la Compagnie d’assurance sur la vie, dite des Manufacturiers coïncidèrent avec la Première Guerre mondiale et la grande dépression, toutes ces entreprises prospérèrent considérablement pendant la durée de ses fonctions. Par exemple, les polices en vigueur de la compagnie d’assurances passèrent de 82 à 520 millions de dollars et ses actifs, de 19,2 à 134 millions de dollars. Gooderham supervisa de nombreux changements au sein des entreprises qu’il dirigea. En 1912, il orchestra la création de la Canada Permanent Trust Company, dont il devint le président lorsque, l’année suivante, elle fut constituée en personne morale. En 1921, à la Compagnie d’assurance sur la vie, dite des Manufacturiers, il dirigea l’installation de tabulatrices automatisées mises au point par Herman Hollerith, fondateur de ce qui deviendrait bientôt l’International Business Machines Corporation (IBM). Quatre ans plus tard, le 16 août, Gooderham inaugura officiellement le nouveau siège social de l’entreprise, rue Bloor, près de la rue Jarvis. Cette réinstallation, complètement à l’écart du quartier des affaires du centre-ville, fut possible parce que les affaires étaient traitées, à cette époque, presque entièrement par courrier, par télégraphe ou par téléphone. Les nouveaux locaux de la Canada Permanent Mortgage Corporation, au coin des rues Bay et Adelaide, furent prêts en 1930. Gooderham vécut aussi un changement majeur dans les fondements économiques de la fortune familiale quand, en 1923, son frère et lui vendirent la distillerie Gooderham and Worts à Harold Clifford Hatch*.

En 1907, Gooderham avait fait l’acquisition d’une propriété au nord de Toronto, à Hogg’s Hollow, où il bâtit une imposante demeure. Lorsqu’il découvrit une source à flanc de coteau, n’écoutant que son sens des affaires, il démarra une entreprise d’embouteillage pour vendre l’eau partout dans le monde. Il joua un rôle de premier plan dans l’amélioration du quartier. Il apporta son soutien au Toronto Cricket Club et l’aida à faire l’acquisition de nouveaux terrains près de sa propriété, où le club s’installa en 1926.

Gooderham avait des intérêts au delà de Toronto. À la fin des années 1890, il avait investi dans la prospère industrie minière de la région de Kootenay, en Colombie-Britannique. Là-bas, les mines, qui produisaient du cuivre, de l’argent et du minerai d’or, avaient quadruplé leur production, laquelle atteignit 69 000 tonnes en 1896. En janvier de l’année suivante, Gooderham et Thomas Gibbs Blackstock, son beau-frère et conseiller juridique, créèrent un syndicat financier dont faisaient aussi partie le sénateur George Albertus Cox* et William Henry Beatty. Pour la somme de 850 000 $, ils achetèrent les mines War Eagle, Poorman, Iron Mask et la Virginia. En avril 1898, ils firent l’acquisition des mines Centre Star et Idaho pour deux millions de dollars, et fondèrent la Centre Star Mining Company. En Colombie-Britannique, ils possédaient également la Rossland Power Company et les terrains miniers de la St Eugene Consolidated à Moyie. Le père de Gooderham faisait office de président en titre, ce qui indiquait un investissement familial. Plus tard cette année-là, le syndicat financier constitua juridiquement la War Eagle Consolidated Mining and Development Company. Tous ces investissements seraient intégrés à la Consolidated Mining and Smelting Company of Canada Limited, mieux connue sous le nom de Cominco, en 1906, après l’acquisition des parts du groupe Gooderham-Blackstock par la nouvelle entreprise, dominée par la Compagnie du chemin de fer canadien du Pacifique.

Gooderham participa aussi au développement du nord de l’Ontario. Avec les frères David* et Alexander Fasken, qui devinrent ses conseillers juridiques après le décès de Blackstock en 1906, il aida à promouvoir l’industrie touristique dans le village de Temagami et ses environs, par l’entremise de la Temagami Steamboat and Hotel Company. Parmi tous ses investissements, ce fut celui qui s’avéra le moins profitable ; les associés vendirent leurs parts en 1914.

Durant de nombreuses années, Gooderham fut le président du conseil d’administration de l’Upper Canada College et de l’Old Boys’ Association. Beatty et lui mirent en œuvre une réforme de l’administration de l’école, en 1894, qui donna plus de poids à l’association dans les affaires de l’établissement. Les qualités de dirigeant et la générosité de Gooderham furent reconnues en 1926, quand l’Old Boys’ Association offrit son portrait en pied à l’Upper Canada College, pour l’accrocher dans sa bibliothèque. Pendant la cérémonie, le lieutenant-colonel George Franklin McFarland, autre membre de l’association, remarqua : « De tous les hommes qui ont guidé les destinées de ce collège, aucun n’a gagné et conservé l’affection des élèves plus que vous. »

Gooderham était membre de plusieurs clubs d’affaires, dont le York Club et le National Club à Toronto, et le Rideau Club à Ottawa, et de regroupements sportifs comme l’Argonaut Rowing Club, le Royal Canadian Yacht Club et l’Ontario Jockey Club. Anglican, il avait un banc à la cathédrale St James et était membre de la St George’s Society. Le Globe dirait de lui qu’il était « un des plus grands philanthropes » de la ville de Toronto, qui « ne refusa jamais d’appuyer une cause noble ». Il faisait souvent ses dons discrètement, cependant, et n’attirait pas l’attention publique. Contrairement à Albert Edward Gooderham, il était d’abord et avant tout un homme d’affaires.

William George Gooderham fut victime d’une crise cardiaque en 1929, mais se remit après une longue convalescence. Puis, il en subit une autre en octobre 1935, à son retour d’une séance de travail à la Compagnie d’assurance sur la vie, dite des Manufacturiers. Il mourut dix jours plus tard, seulement six mois après son frère cadet. Même s’il était réservé et intolérant vis-à-vis de « toutes les sortes de présomptions », selon une biographie parue quelques années après sa mort, Gooderham resta gravé dans les mémoires grâce à sa « véritable compassion et [son] humanité », ses bons rapports avec ses employés et son « sens de l’humour spontané ».

C. Ian Kyer

De la corr. de l’entreprise Gooderham and Worts (1864–1879) se trouve dans les papiers (S24) Lanman & Kemp (New York) conservés à la TRL, Special Coll. Des rapports annuels (1914 et 1935) et d’autres documents en lien avec le travail de William George Gooderham à titre de président de la Compagnie d’assurance sur la vie, dite des Manufacturiers, sont conservés aux Manulife Financial Corporate Arch. à Toronto.

AO, RG 80-5-0-59, no 7564 ; RG 80-8-0-1561, no 6628.— TRL, Special Coll., Biog. scrapbooks, 7 : 481–484 (mfm).— [R. V. Ashforth], « And all the past is future » ([Toronto, 1962 ?] ; éd. du 100e anniversaire, 1987).— C. M. Blackstock, All the journey through (Toronto, 1997).— The first sixty years, 1887–1947 : a history of the Manufacturers Life Insurance Company (Toronto, 1947).— B. W. Hodgins et Jamie Benidickson, The Temagami experience : recreation, resources, and aboriginal rights in the northern Ontario wilderness (Toronto, 1989).— R. B. Howard, Upper Canada College, 1829–1979 : Colborne’s legacy (Toronto, 1979).— C. I. Kyer, « Gooderham & Worts : a case study in business organization in nineteenth-century Ontario », dans Essays in the history of Canadian law, D. H. Flaherty et al., édit. (10 vol. parus, [Toronto], 1981–    ), 8 (In honour of R. C. B. Risk, G. B. Baker et Jim Phillips, édit., 1999), 335–357.— Jeremy Mouat, Roaring days : Rossland’s mines and the history of British Columbia (Vancouver, 1995).— Joseph Schull, 100 years of banking in Canada : a history of the Toronto-Dominion Bank (Toronto, 1958).— Basil Skodyn, The Permanent story, 1855–1980 […] ([Toronto, 1980]).— C. H. J. Snider, Annals of the Royal Canadian Yacht Club, 1852–1937 […] (2 vol., Toronto, 1937–1954), 1.— Standard dict. of Canadian biog. (Roberts et Tunnell), 2.— D. M. Wilson, « Rossland, B.C. : history » : www.crowsnest-highway.ca/cgi-bin/citypage.pl?city=rossland (consulté le 23 janv. 2013).

Bibliographie générale

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C. Ian Kyer, « GOODERHAM, WILLIAM GEORGE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 18 oct. 2017, http://www.biographi.ca/fr/bio/gooderham_william_george_16F.html.

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Auteur de l'article:   C. Ian Kyer
Titre de l'article:   GOODERHAM, WILLIAM GEORGE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   2015
Année de la révision:   2015
Date de consultation:   18 octobre 2017