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Titre original :  Image of globe and title page of Foxe's book

Provenance : Lien

FOX (Foxe), LUKE, navigateur anglais et explorateur de l’Arctique, fils de Richard Fox, capitaine au long cours de Hull, né le 29 octobre 1586 à Kingston-upon-Hull, dans le Yorkshire, marié à Anne Barnard, de Whitby, en 1613 (rien n’indique que des enfants soient issus de cette union), mort vers le 15 juillet 1635.

Si sa formation scolaire fut plutôt limitée, par contre Fox avait beaucoup lu sur la navigation et les régions polaires. Dans sa jeunesse, il navigua dans les eaux européennes et devint habile, comme il le dit lui-même, « dans l’emploi des globes et autres instruments de mathématiques ». Dès l’âge de 20 ans, la perspective de découvrir un passage du Nord-Ouest vers l’Orient le fascinait. Sous le patronage du mathématicien Henry Briggs et de Sir John Brooke, il adressa au roi Charles, vers la fin de 1629, une requête réclamant l’aide du monarque pour un voyage. Sa démarche porta fruit et la concurrence d’un autre projet conçu à Bristol par le capitaine Thomas James valut à Fox un surcroît d’appui de la part d’un groupe de marchands de Londres, dont Sir Thomas Roc.

Fox apporta aux préparatifs toute son application habituelle et le Charles, bâtiment de 70 à 80 tonnes monté par 20 hommes et 2 ou 3 mousses, transportant des provisions pour 18 mois, quitta Londres le 28 avril 1631 (journal manuscrit), et partit de Deptford le 5 mai (journal publié), deux jours après que James eut quitté Bristol. Fox était à la fois capitaine et pilote. Passant par les Orcades, Fox atteignit le détroit d’Hudson le 22 juin, longea la rive ouest de la baie d’Hudson « sans jamais perdre la terre de vue », mais ne découvrit aucun passage probable (apparemment il n’avait pas repéré l’anse Chesterfield). Il découvrit à Port Nelson les vestiges du séjour de Sir Thomas Button à cet endroit au cours de l’hiver de 1612–1613. Il croisa James par hasard les 29–31 août près du cap Henrietta Maria, vira vers le Nord et fut le premier à naviguer au delà du détroit de Foxe (ainsi baptisé par Parry* près de 200 ans plus tard) jusque dans le bassin de Foxe. Il longea la côte de ce qui est maintenant la péninsule de Foxe, sondant le fond et observant les marées pendant tout le voyage, jusqu’à un point qu’il désigna du nom de « cap Dorchester » ; il baptisa (le 22 septembre) du nom fantaisiste de « Fox his farthest » la contrée avoisinante qui, d’après ses propres calculs, se trouvait juste à l’intérieur du cercle polaire (66° 47΄ nord), mais très probablement à un degré au sud de ce cercle. Mettant le cap sur la métropole, il atteignit la Manche le 31 octobre « après une absence de près de 6 mois ».

Fox ne découvrit pas de passage du Nord-Ouest, bien qu’il jugeât prometteur le détroit maintenant désigné sous le nom de Roes Welcome. Il réduisit à néant le dernier espoir qu’on aurait pu avoir de trouver ce passage dans la baie d’Hudson et constata que dans le détroit de Foxe la marée venait du Sud-Est (et non de l’Ouest, comme l’avaient prétendu Henry Hudson et Button dans des rapports encourageants) ; il s’agissait là de découvertes négatives, mais elles eurent pour effet de refroidir, durant près de 200 ans, l’ardeur des navigateurs à explorer l’Arctique. Fox ajoute qu’il est allé plus loin que tous ses prédécesseurs « en moins de temps et à meilleur compte ». Son retour dans la même année épargna sans doute des vies (dont il se préoccupait sincèrement) et de l’argent, mais suscita des critiques défavorables, et Fox sentit le besoin de se défendre dans un appendice de son ouvrage.

Ce livre aü titre fantaisiste de North-West Fox [...] (London, 1635) est maintenant rare ; il l’est extrêmement dans l’édition munie de la carte circumpolaire établie par Fox et considérée par C. H. Coote (DNB) comme « un des documents les plus intéressants et les plus importants de toute l’histoire de l’exploration de l’Arctique ». Le British Museum possède une copie de la version manuscrite du récit de Fox. Le livre débute par une étude rétrospective des explorations de l’Arctique, peut-être la première du genre, et comprend la seule relation par un contemporain du grand voyage de Button dans la baie d’Hudson. Le journal du voyage de Fox montre toute l’étendue de sa curiosité, ainsi qu’en font foi ses observations sur les marées, les sondages, les formations glaciaires, les aurores, la flore et la faune de l’Arctique. Il décrit un cimetière d’aborigènes situé dans une île qu’il a baptisée du nom de «Sir Thomas Roe’s Welcome » (nom donné depuis à tout le détroit où se trouve cette île). bans les mêmes parages, il rend honneur à d’autres patrons en nommant une île « Brooke Cobham » (Marble Island) et une autre « Brigges His Mathematickes » (nom désuet). Ses désignations géographiques sont nombreuses ; Christy (p. cix) en énumère 27, dont 8 ont subsisté jusqu’à nos jours. Le North-West Fox, que Markham appelle à juste titre « le récit le plus pittoresque et le plus amusant de toute la littérature polaire », est, de l’aveu de Fox lui-même, une « ébauche pure et simple ». Autodidacte, Fox était plutôt vain et pédant, bien que chercheur et laborieux et excellent navigateur ; il fut le premier à employer les logarithmes (qu’il avait appris de Briggs) pour la navigation et à parler dans ses écrits de l’emploi du loch pour mesurer le trajet du navire.

Bien qu’il vécût frugalement, il passa les années qui suivirent son voyage dans la pauvreté, « n’ayant reçu ni rémunération ni récompense ». Il aurait peut-être bénéficié par la suite de la publication de son livre s’il y avait survécu, mais il mourut dans un oubli immérité quelques mois à peine après sa parution.

William F. E. Morley

North-West Fox [...] est reproduit dans Voyages of Foxe and James (Christy).— Dodge, Northwest by sea, 156–164.— DNB.— C. R. Markham, The lands of silence (Cambridge, Eng., 1921), 151–156.— Narratives of voyages towards the North West in search of a passage to Cathay and India 1496 to 1631 [...], ed. Thomas Rundall (Hakluyt Soc., 1st ser., V, 1849), 152–186.— Oleson, Early voyages, 169s.

Bibliographie générale

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William F. E. Morley, « FOX, LUKE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 28 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/fox_luke_1F.html.

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Auteur de l'article:   William F. E. Morley
Titre de l'article:   FOX, LUKE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1966
Année de la révision:   1966
Date de consultation:   28 juillet 2014