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ETTER, BENJAMIN, horloger, orfèvre, fonctionnaire, officier de milice et propriétaire de navires, né en 1763 à Braintree, Massachusetts, fils de Peter Etter ; le 19 mai 1789, il épousa à Halifax Mary Bessonett, puis le 8 janvier 1798, dans la même ville, Margaret Elizabeth Tidmarsh, et finalement le 14 mars 1818, toujours à Halifax, Sarah Holmes ; décédé le 23 septembre 1827 dans cette ville.

Venant de Berne, en Suisse, le père de Benjamin Etter immigra dans les Treize Colonies en 1737 ; il s’installa d’abord à Philadelphie et, plus tard, en 1752, à Braintree où il gagna sa vie comme tisserand. Peter Etter demeura loyal à la couronne après le début de la guerre d’Indépendance américaine et, lors de l’évacuation de Boston en mars 1776, il quitta cette ville pour Halifax avec sa famille qui comprenait sept personnes. Ils firent le voyage dans l’un des navires transportant des troupes et des réfugiés civils. En 1780, Benjamin travaillait à Halifax comme apprenti chez son frère aîné, Peter, qui était horloger. En 1784, il reçut une concession de 100 acres dans le canton de Chester qui lui fut confisquée en 1811 parce qu’il n’avait pas amélioré la terre. Peter Etter fils, qui avait servi au fort Cumberland (près de Sackville, Nouveau-Brunswick) comme sergent dans les Royal Fencible Americans du lieutenant-colonel Joseph Goreham*, durant le soulèvement manqué de Jonathan Eddy* en 1776, quitta Halifax en 1787 pour ouvrir un commerce dans le comté de Westmorland, au Nouveau-Brunswick. Benjamin prit la direction de l’atelier de Halifax, mais, comme il avait terminé son apprentissage, il ne tarda pas à travailler pour son compte à titre d’horloger dans un atelier de la rue Hollis.

En 1789, le nom d’Etter apparaît sur la liste des premiers souscripteurs du périodique intitulé Nova-Scotia Magazine, imprimé par John Howe et dirigé par William Cochran. Le 19 mai de cette année-là, Benjamin épousa Mary Bessonett, fille d’un horloger ; après son mariage, il prit le frère de Mary, Daniel Bessonett, comme apprenti. Le 14 juin 1794, il fit paraître dans le Weekly Chronicle de Halifax une annonce dans laquelle il se présentait comme horloger et bijoutier de la rue George ; quatre ans plus tard, dans la Royal Gazette and the Nova-Scotia Advertiser, il se décrivait comme horloger, bijoutier et orfèvre, indiquait qu’il s’était « installé dans le bas de la place Grand Parade, au coin des rues Barrington et George, à côté de [l’atelier de] M. Richardson » et offrait en vente un large choix de montres, de bijoux et d’argenterie, d’équipement pour militaires et de nombreuses marchandises importées. En 1799, il occupait aussi le magasin de Richardson et, le 1er octobre de cette année-là, il s’associa à James Tidmarsh, frère de sa deuxième femme (l’association allait être dissoute en 1803). En 1802, il prit comme apprenti William Anderson Black, fils du prédicateur méthodiste William Black.

Etter était un personnage en vue de la société de Halifax. Le 31 mars 1795, il avait été nommé surintendant du marché et, de 1796 à 1808, il servit à titre d’officier dans la milice de la Nouvelle-Écosse et d’aide de camp honoraire du prince Edward* Augustus, commandant des forces armées dans les provinces Maritimes. Il jouissait évidemment d’une certaine prospérité financière car, en 1800, James Woodill et lui avaient acheté le brick armé Earl of Dublin et obtenu ses lettres de marque. La première course fut un succès et, avec sa part des bénéfices, Etter se joignit à William Duffus et à d’autres personnes pour acheter un schooner armé jaugeant 135 tonneaux, le General Bowyer, ancien corsaire américain capturé par l’Earl of Dublin. Muni de 14 canons et d’un équipage de 80 membres, le General Bowyer saisit deux schooners, le Peggy et le Nancy, le navire espagnol Nostra Signora del Carmen et une quantité d’espèces monnayées, notamment de l’or en lingots, tout cela en une seule course fructueuse « contre les ennemis de Sa Majesté ». C’est grâce sans doute aux profits tirés de la course qu’Etter fut en mesure de se construire en 1820–1821 une des plus belles maisons de Halifax, appelée Belle Vue et située au coin des rues North et Gottingen.

Dans l’Acadian Recorder du 29 mai 1813, Etter annonça qu’il se retirait des affaires en faveur de son fils Benjamin B. Etter et de Thomas Hosterman, orfèvre. Ceux-ci continuèrent de s’occuper du commerce jusqu’à la dissolution de l’association en 1815. Etter, qui avait eu au moins 19 enfants de ses trois femmes, mourut le 23 septembre 1827 et fut enterré dans le cimetière de l’église St Paul à Halifax.

Benjamin Etter faisait de la réclame, à titre d’orfèvre, pour des services à thé en argent et d’autres objets du même genre. Mais seules sont conservées dans des collections publiques et privées de solides cuillères à table et à dessert de style Old English, des pinces à sucre et des cuillères à thé au délicat ciselage à facette portant son poinçon, dont il existe plusieurs variations : B. Etter, B. E., H., HX, une ancre suivie de N.S., et un lion passant. Ses cuillères, taillées de toute évidence dans de l’argent laminé et façonnées par martelage, sont bien proportionnées, ont un style élégant, et sont parfois biseautées ou ciselées. Il existe aussi plusieurs disques en papier estampés, qui ont été enlevés de l’arrière des boitiers de montres qu’il a réparées, mais aucune recherche ne semble avoir été faite pour identifier des montres qu’il aurait lui-même fabriquées.

Donald C. Mackay

Halifax County Court of Probate (Halifax), Wills, 4 : fos 223–225 (mfm aux PANS).— PANS, MG 5, 12–13 ; MG 100, 139, no 24 (C. St C. Stayner, « The Etter family ») ; RG 1, 444, nos 47, 69.— St Paul’s Anglican Church (Halifax), Reg. of baptisms, marriages, and burials (mfm aux PANS).— Nova-Scotia Magazine (Halifax), 1 (juill.–déc. 1789) : iv.— « United Empire Loyalists : enquiry into losses and services », AO Report, 1904 : 686–687.— Acadian Recorder, 29 mai 1813, 29 sept. 1827.— Royal Gazette and the Nova-Scotia Advertiser, 6 nov. 1798, 2 oct. 1799.— Weekly Chronicle, 14 juin 1794.— Jones, Loyalists of Mass.— J. E. Langdon, American silversmiths in British North America, 1776–1800 (Toronto, 1970) ; Canadian silversmiths & their marks, 1667–1867 (Lunenburg, Vt., 1960).— Halifax almanac, 1795–1815.— Loyalists in N.S., (Gilroy).— D. C. Mackay, Silversmiths and related craftsmen of the Atlantic provinces (Halifax, 1973).— N.-S. calendar, 1795–1801 ; 1814–1815.— N.S. directory, 1864–1869.— Stark, Loyalists of Mass. (1907). – Akins, Hist. of Halifax City.— Harry Piers, Master goldsmiths and silversmiths of Nova Scotia and their marks [...], U. B. Thompson et al., édit. (Halifax, 1948).— Howard Trueman, The Chignecto Isthmus and its first settlers (Toronto, 1902 ; réimpr., Belleville, Ontario, 1975).— G. E. E. Nichols, « Notes on Nova Scotian privateers », N.S. Hist. Soc., Coll., 13 (1908) : 111–152.

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Donald C. Mackay, « ETTER, BENJAMIN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/etter_benjamin_6F.html.

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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1987
Année de la révision:   1987
Date de consultation:   20 octobre 2014