DCB/DBC Mobile beta
+

DYMOND, ALFRED HUTCHINSON, journaliste, homme politique, fonctionnaire et éducateur, né le 21 août 1827 à Croydon (Londres), fils de Henry Dymond ; en juin 1852, il épousa une Londonienne, Helen Susannah Henderson (décédée en 1896), et ils eurent quatre fils et cinq filles ; décédé le 11 mai 1903 à Brantford, Ontario.

Formé dans une école quaker, Alfred Hutchinson Dymond allait finir par quitter la Société des amis parce que, semble-t-il, son mariage avec une anglicane faisait problème. Dans sa jeunesse, on sait, à tout le moins, qu’il fit des affaires. C’est d’ailleurs en se rendant à Limpsfield pour son travail qu’il s’intéressa au cas d’une femme accusée d’avoir empoisonné son enfant. Le procès l’amena à militer de 1850 à 1857 au sein de la nouvelle Society for the Abolition of Capital Punishment, dont il fut secrétaire à compter de 1854. Il se joignit en 1857 à l’équipe du Morning Star de Londres, journal radical lancé par les amis de John Bright, autre éminent adversaire de la peine de mort. Devenu plus tard directeur général du journal, il allait le rester jusqu’à ce que celui-ci fusionne avec le Daily News de Londres en 1869. Pendant son séjour au Star, il prôna des positions libérales et des organisations telle l’Emancipation Society, créée pendant la guerre de Sécession pour soutenir le nord des États-Unis et le mouvement antiesclavagiste. En 1865, par suite de la formation d’une commission royale sur la peine capitale, il publia The law on its trial, qui présentait un aperçu des personnalités, de l’histoire et des méthodes du mouvement d’opposition à la peine de mort.

En octobre 1869, Dymond immigra au Canada avec sa famille et s’installa à Toronto. Selon la nécrologie du Daily Courier de Brantford, c’était le Globe qui l’avait invité ; il y fut chroniqueur politique et rédacteur jusqu’en 1878. Sa participation à la vie politique commença peu après son arrivée et s’intensifia pendant les élections ontariennes de 1871 et les élections fédérales de 1872. En janvier 1874, il fut élu député fédéral de York North sous la bannière libérale. Pendant ses quatre années à la Chambre des communes, sous le gouvernement d’Alexander Mackenzie*, il prôna l’extension du droit de vote, le scrutin secret, l’utilisation des droits de douane à des fins lucratives plutôt que protectionnistes, une loi prohibitionniste en matière de vente d’alcool, l’abolition de la peine capitale et une politique d’immigration libérale. Particulièrement intéressé au droit criminel, il contribua de près, en 1878, à l’adoption d’une loi autorisant les personnes accusées de voies de fait simples à témoigner à leur propre procès.

Défait aux élections générales de 1878, Dymond se tourna vers la scène provinciale. On dit qu’il rédigea des rapports et dirigea des commissions d’enquête pour le gouvernement d’Oliver Mowat, et qu’il prit part aux élections de 1879 en « révisant les textes de la campagne et en prenant la parole à des assemblées publiques ». En 1880, il fut nommé à la commission sur l’agriculture, instituée par le gouvernement de l’Ontario ; cette commission mena une vaste enquête sur l’état de l’agriculture dans la province. À peine finissait-il ce travail qu’on lui offrit, en avril 1881, de remplacer John Howard Hunter à la direction de l’Ontario Institution for the Education and Instruction of the Blind, à Brantford. Tout en faisant valoir qu’il était « novice non seulement dans l’enseignement aux aveugles, mais aussi dans l’éducation en général », il assuma cette fonction de bon cœur et s’en acquitta avec diligence. L’institut, qui avait ouvert ses portes en 1872, avait pour but de former les jeunes de 7 à 21 ans « dont la vue [était] déficiente au point qu’ils ne [pouvaient] s’instruire par les méthodes ordinaires », écrivait le sous-ministre de l’Éducation John George Hodgins*, et qui précisait : « Il n’est pas nécessaire [...] d’être complètement aveugle [pour y être admis]. » Un des plus grands obstacles que Dymond avait à surmonter était l’ignorance et l’indifférence de la population. Bien des gens étaient d’avis que les aveugles ne pouvaient ni ne devaient s’instruire et que l’école était un asile pour aveugles démunis de tous âges.

Dymond croyait fermement en l’éducation des aveugles, mais il tenait avant tout à ce qu’ils acquièrent des connaissances pratiques. Certes, disait-il, une bonne formation littéraire était essentielle au développement personnel, mais elle ne permettait pas de gagner sa vie. Pendant les années où il dirigea l’institut, le programme fut donc « à peu près équivalent » à celui d’une bonne école publique, mais la formation professionnelle y occupa une plus grande place que le travail intellectuel. Outre un éventail de matières scolaires, les garçons apprenaient à faire de la vannerie et à accorder des pianos tandis que les filles apprenaient à tenir maison, notamment en faisant de la couture et du tricot. Au fil des 22 années où il fut directeur, Dymond inaugura aussi des leçons sur la forme et l’usage des objets, un programme d’exercice physique, un jardin d’enfants, des classes d’art culinaire pour les filles et des cours de dactylographie.

Dymond consacrait la plus grande partie de ses efforts aux enfants d’âge scolaire qui étaient aptes à s’instruire, mais l’effectif de l’institut comptait toujours une proportion de personnes un peu trop âgées ou qui souffraient de handicaps physiques ou mentaux. Au fil des ans, on tenta bien des fois de limiter l’admission des trop âgés, notamment pour des raisons de discipline et parce qu’il était difficile d’enseigner à des élèves dont l’âge et les aptitudes variaient beaucoup. Cependant, Dymond estimait que chacun devait avoir sa chance, sauf si l’institut ne pouvait manifestement rien faire. Même s’il associait souvent la cécité à d’autres désordres physiques ou mentaux, il n’avait aucun moyen de déterminer avec exactitude la nature ou le degré des limites des candidats. Ce fut seulement en 1893 que l’on tenta une première classification des causes de la cécité des élèves.

Citoyen de Brantford durant toutes les années où il dirigea l’institut, Alfred Hutchinson Dymond était un anglican assidu : il fréquentait l’église Grace, et fut délégué au synode et président de la Huron Anglican Lay Workers’ Association. Au moment de sa mort, en 1903, il était toujours directeur de l’Ontario Institution for the Education and Instruction of the Blind. Il fut inhumé au cimetière St James de Toronto, où reposaient déjà des membres de sa famille. Il laissait dans le deuil trois fils et quatre filles, dont Allan Malcolm, greffier en loi à l’Assemblée législative de l’Ontario, et Bertha, médecin à Toronto.

Nancy Kiefer

Parmi les publications d’Alfred Hutchinson Dymond, on retrouve les suivantes : The law on its trial ; or, personal recollections of the death penalty and its opponents (Londres, 1865) ; « International copyright », Canadian Monthly and National Rev. (Toronto), 1 (janv.–juin 1872) : 288s. ; « The duration of the Legislative Assembly », Rose-Belford’s Canadian Monthly and National Rev. (Toronto), 2 (janv. juin 1879) : 470–486, aussi publié sous la forme d’une brochure intitulée Duration of the Legislative Assembly of Ontario (Toronto, 1879) ; et Ontario Institution for the Education and Training of the Blind ; where it is ! what it is ! and what it does ! (Brantford, Ontario, 1894) ; on y a publié subséquemment des éditions de ce dernier ouvrage sous le titre Ontario Institution for the Education and Instruction of the Blind [...] vers 1898 et en 1902.

AO, RG 22, Ser. 322, n° 2673 ; RG 63, A-11.— St James’ Cemetery and Crematorium (Toronto), Burial records, lots 43–46, section X north.— Daily Courier (Brantford), 11 mai 1903.— Globe, 12–14 mai 1903.— Toronto Daily Star, 11 mai 1903.— Canada, Chambre des communes, Débats, 1874–1878.— Canadian album (Cochrane et Hopkins), 1 : 435.— Canadian directory of parl. (Johnson).— Canadian men and women of the time (Morgan ; 1898).— D. D. Cooper, The lesson of the scaffold : the public execution controversy in Victorian England (Londres, 1974).— CPG, 1874–1878.— Cyclopædia of Canadian biog. (Rose et Charlesworth), 1.— Dominion annual reg., 1878–1886.— Ontario, Legislature, Sessional papers, annual reports upon the Ontario Institution for the Education of the Blind, 1882–1903.— Margaret Ross Chandler, A century of challenge : the history of the Ontario School for the Blind (Belleville, Ontario, 1980) ; From darkness to light : the early development of the education of the blind (Brantford, 1979).

Bibliographie générale

Comment écrire la référence bibliographique de cette biographie

Nancy Kiefer, « DYMOND, ALFRED HUTCHINSON », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 28 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/dymond_alfred_hutchinson_13F.html.

Information à utiliser pour d'autres types de référence bibliographique

Permalien: http://www.biographi.ca/fr/bio/dymond_alfred_hutchinson_13F.html
Auteur de l'article:   Nancy Kiefer
Titre de l'article:   DYMOND, ALFRED HUTCHINSON
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1994
Année de la révision:   1994
Date de consultation:   28 août 2014