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Titre original :  Le monument Chénier et quelques-uns des membres du comité d'organisation [image fixe] / Armstrong

Provenance : Lien

Dumont, Georges-Alma (baptisé George-Alma, il signait parfois Georges-A. et plus couramment G.-A. ; on l’a souvent désigné sous les prénoms de Georges-Alphonse), journaliste, homme de lettres, historien, libraire et éditeur, né le 12 novembre 1858 dans la paroisse Notre-Dame, à Montréal, fils de Magloire Dumont, boucher, et d’Henriette Tessier, dit Lavigne ; décédé célibataire le 22 février 1937 à Montréal.

La jeunesse de Georges-Alma Dumont est peu documentée. Par sa mère, fille de Lambert Tessier, dit Lavigne, et descendante d’Urbain Tessier, à qui Paul de Chomedey* de Maisonneuve a concédé un terrain en 1648, Dumont appartient à l’une des premières familles françaises de Montréal. Sans formation scolaire attestée, il acquerra néanmoins une grande érudition. Tôt dans sa vie, il cultive sa passion pour les livres et la lecture. En mai 1878, il crée avec un groupe d’amis, dont le futur architecte Joseph Venne*, le Club Papineau, association littéraire qui existera pendant environ deux ans. Il est ensuite secrétaire (1882–1883), puis président (1883–1885, 1888–1890) du Club Letellier, association politique montréalaise aux allégeances libérales ; sous sa présidence, le club se dote d’une bibliothèque et d’une salle de lecture.

Dumont a fondé le Figaro, publication littéraire qui n’a paru, à Montréal, que le 4 décembre 1879 ; il en était le propriétaire et le rédacteur. À partir du début des années 1880, il collabore épisodiquement aux périodiques montréalais l’Opinion publique, le Monde illustré et le Trait d’union, ainsi qu’au Canadien de St Paul, au Minnesota, et au National de Plattsburgh, dans l’État de New York. Ses articles témoignent de la variété de ses intérêts, qui touchent autant la littérature que l’économie sociale et l’histoire. Avec la volonté de favoriser l’épanouissement intellectuel des Canadiens français, Dumont fonde à Montréal, en décembre 1889, le Courrier canadien : littérature, science, arts, économie politique, dont le programme est tout aussi éclectique que le titre. L’entreprise est toutefois éphémère et l’hebdomadaire disparaît après quelques numéros seulement. Dans les années 1890 et au début du xxe siècle, Dumont collabore à plusieurs autres périodiques montréalais, dont le Signal et la Revue scientifique. Il se fait remarquer surtout par ses articles et chroniques à caractère historique dans le Monde illustré et la Feuille d’érable ; y paraissent, respectivement, ses séries « Études historiques » et « Miettes historiques », qui le confirment comme féru d’archives, et passionné par l’histoire de la presse et de Montréal. Sa collaboration à la presse montréalaise se poursuivra au cours des années 1920 et 1930, avec, notamment, la publication d’articles dans la Revue moderne et l’Autorité.

Dumont s’est aussi lancé dans le commerce. En 1887, il ouvre, avec son frère Wilfrid, une papeterie au 1826, rue Sainte-Catherine, à Montréal. Comme c’est souvent le cas à l’époque, l’entreprise G.-A. et W. Dumont comporte également une imprimerie, ainsi qu’une librairie nommée Sainte-Henriette – probablement en mémoire de la mère des deux hommes décédée l’année précédente –, et qui fait de plus office de maison d’édition jusqu’en 1920. Vers 1888, les frères Dumont sortent leur premier livre, les Loisirs d’un homme du peuple, recueil d’articles de Georges-Alma qui, dans l’esprit de l’auteur, atteste son statut d’homme de lettres. Pour G.-A. et W. Dumont, l’activité d’imprimeur-éditeur restera toutefois marginale, car la firme publiera moins de dix livres, dont Constitution du Club Letellier adoptée le 15 janvier 1890 : suivie d’une étude historique sur ce club et Un disparu, que signe aussi Georges-Alma vers 1891 et 1894 respectivement. Y ont également paru, en 1890, Études et Récits de Pierre-Joseph Bédard et, entre 1889 et 1900, le Pater : drame en un acte, pièce de François Coppée de l’Académie française, dont la représentation théâtrale a été proscrite en France. La papeterie-librairie – que délaisse Wilfrid autour de 1897 et qui emménage au 1212, rue Saint-Denis, en 1907 – est quant à elle plus dynamique. Avec les librairies de Cornélius Déom, de Jules Pony et de Victor Grenier – qui s’adressent à une clientèle d’étudiants et de professeurs, et qui défient les interdits cléricaux sur la littérature moderne –, celle de Dumont compte alors parmi les rares du genre à avoir pignon sur rue. Elle devient rapidement un point de convergence des intellectuels et des écrivains montréalais. En 1925, la boutique s’installera au 4532 de la même rue, dernière adresse connue de Dumont.

Grâce à son activité journalistique et à sa librairie, Dumont se trouve au cœur de l’un des plus importants réseaux de jeunes littérateurs de l’époque. Lié de plus au groupe de Sainte-Cunégonde – en référence à la petite ville située entre Montréal et Saint-Henri (Montréal) –, foyer de la modernité littéraire et artistique au tournant des xixe et xxe siècles, Dumont a ainsi été appelé, en 1895, à participer, avec Jean Charbonneau, Paul de Martigny, Germain Beaulieu* (qui en sera le premier président), Henry Desjardins, Édouard-Zotique Massicotte* et quelques autres, à la fondation de l’École littéraire de Montréal. Pour devenir membres, les candidats doivent soumettre un travail littéraire qui saura obtenir les deux tiers des votes des autres adhérents du groupe. En se donnant pour mission de veiller à la conservation de la langue française et au développement de la littérature nationale, l’école crée un moment charnière : « Grâce à ces jeunes hommes, nous sommes assurés d’avoir une littérature nationale avouable, alors que jusqu’à ce jour, l’usurpation de ce vocable ne servait guère qu’à nous ridiculiser dans le monde des lettres », lit-on dans la Patrie du 30 décembre 1898, au lendemain de la première des séances publiques tenues au château Ramezay, à Montréal. Outre qu’il y lit certains de ses travaux sur l’histoire du Canada, Dumont occupe, au sein de l’école, les fonctions de trésorier (1895, 1910–1926), de secrétaire (1899–1900, 1904–1905), de vice-président (1907) et de président (du 15 mai au 2 octobre 1909).

Fidèle à son idéal d’assurer le développement et le rayonnement intellectuel et culturel des siens, Dumont veut sans cesse garantir à l’école « une existence paisible et prospère », et en faire « une institution nationale ». C’est dans cet esprit qu’il propose, sans succès, d’introduire de la publicité dans le Terroir. Chaleureusement accueillie à sa parution en janvier 1909, cette revue est avant tout destinée à stimuler la production littéraire des membres et à faciliter la publication de leurs écrits ; certains la considéreront cependant comme le signe du virage régionaliste de l’école. Endettée dès les premiers numéros, la revue est abandonnée après une année seulement. Souhaitant doter l’école de bases solides, Dumont s’oppose fermement à la transformation d’une subvention accordée par le gouvernement provincial en bourses d’édition individuelles et préfère que cet argent serve au bien collectif de l’École littéraire. Son ambition pour cette dernière est plus grande que son ambition littéraire personnelle et dépasse finalement toujours celle de la plupart des autres membres : « L’École aurait pu faire plus si elle avait voulu profiter de certains avantages qui lui furent offerts, mais elle ne le voulut pas », écrit-il vers 1917, dans l’École littéraire de Montréal : réminiscences, première synthèse historique sur ce groupe, qu’il rédige et édite.

Georges-Alma Dumont est l’une des rares personnes à avoir été membre de l’École littéraire de Montréal de ses débuts jusqu’à sa dissolution en 1935. En lui succédant à la présidence, Charbonneau l’a reconnu comme l’« un des piliers de l’École dont le travail et l’abnégation ne se sont jamais démentis ». Il est de ceux qui ont fourni à des Émile Nelligan*, Albert Ferland* et Albert Lozeau* les conditions favorables à l’éclosion littéraire. À ce titre, il figure parmi les artisans du renouveau qu’a connu la littérature canadienne-française au tournant des xixe et xxe siècles.

En collaboration avec Annie Cantin

En plus des titres déjà mentionnés, Georges-Alma Dumont a notamment publié Lettres d’un étudiant (Montréal, s.d.), recueil d’écrits de Louis Audet (1832–1854), dont il a rédigé l’introduction, et « le Vieux Temple », texte paru dans la Rev. moderne (Montréal), 5 (1924), no 8 : 58.

BAnQ-CAM, CE601-S51, 14 nov. 1858.— FD, Notre-Dame (Montréal), 24 févr. 1937.— L’Autorité (Montréal), 3 sept., 22 oct. 1932.— La Feuille d’érable (Montréal), 10 mai, 10 juin 1896.— Le Monde illustré (Montréal), 25 juill., 3 oct. 1889 ; 16 avril 1892 ; 13, 24 oct. 1894 ; 6 oct. 1900.— La Patrie, 27 mars 1886, 24 févr. 1937.— Annuaire, Montréal, 1854–1938.— Germain Beaulieu, Nos immortels (Montréal, 1931).— Jean Charbonneau, l’École littéraire de Montréal : ses origines, ses animateurs, ses influences (Montréal, 1935).— François Couture et Pierre Rajotte, « l’École littéraire de Montréal et ses mythes », Études françaises (Montréal), 36 (2000), no 3 : 163–183.— École littéraire de Montréal, les Soirées du château de Ramezay (Montréal, 1900).— L’École littéraire de Montréal : procès-verbaux et correspondance (et autres documents inédits sur l’école), Réginald Hamel, édit. (2 vol., Montréal, 1974).— J. Hamelin et al., la Presse québécoise, 3–4.— Histoire de l’édition littéraire au Québec au xxe siècle, sous la dir. de Jacques Michon (3 vol., Montréal, 1999–2010), 1.— M. I. Kieffer, « l’École littéraire de Montréal » (mémoire de m.a., Univ. McGill, Montréal, 1939).— Les Soirées du château de Ramezay de l’École littéraire de Montréal, Micheline Cambron et François Hébert, édit. ([Montréal], 1999).— La Vie culturelle à Montréal vers 1900, sous la dir. de Micheline Cambron ([Montréal], 2005).— La Vie littéraire au Québec, sous la dir. de Maurice Lemire et al. (6 vol. parus, Sainte-Foy [Québec], 1991–    ), 4.— Paul Wyczynski, Louis-Joseph Béliveau et la vie littéraire de son temps (Montréal, 1984).

Bibliographie générale

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En collaboration avec Annie Cantin, « DUMONT, GEORGES-ALMA (baptisé George-Alma) (Georges-A. ; G-A. ; Georges-Alphonse) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 15 août 2020, http://www.biographi.ca/fr/bio/dumont_georges_alma_16F.html.

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Auteur de l'article:    En collaboration avec Annie Cantin
Titre de l'article:    DUMONT, GEORGES-ALMA (baptisé George-Alma) (Georges-A. ; G-A. ; Georges-Alphonse)
Titre de la publication:    Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16
Éditeur:    Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:    2020
Année de la révision:    2020
Date de consultation:    15 août 2020