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DOWNS, ANDREW, naturaliste, ornithologue, taxidermiste et propriétaire d’un jardin zoologique, né le 27 septembre 1811 à New Brunswick, New Jersey, fils de Robert Downs et d’Elizabeth Plum ; il épousa à Halifax Mary Elizabeth Matthews, et ils eurent quatre filles, puis le 22 juin 1859 Mathilda E. Muhlig, et de ce mariage naquit une fille ; décédé le 26 août 1892 au même endroit.

Il semble qu’Andrew Downs soit arrivé à Halifax en 1825, au moment où son père, un Écossais, quitta le New Jersey. On croit qu’il a d’abord été ferblantier (plombier) comme son père. En 1833, il rencontra l’ornithologue américain John James Audubon, qui était en voyage en Nouvelle-Écosse et avec qui il continua de correspondre. En 1838, il avait suffisamment démontré son intérêt pour la faune de la province pour être nommé représentant d’un « gentleman désireux de constituer une collection d’animaux de la Nouvelle-Écosse en vue de la présenter à des établissements scientifiques d’Angleterre ». Membre du comité directeur du Halifax Mechanics’ Institute depuis 1835, Downs préconisa ardemment la fondation d’un musée provincial d’histoire naturelle. Son plan, diffusé en novembre 1838, prévoyait un parc pour la promenade et l’étude de la zoologie, de l’ornithologie et de la flore, ainsi qu’une bibliothèque.

Downs n’était pas seul à se passionner pour l’histoire naturelle de la Nouvelle-Ecosse. En 1842, en rappelant que l’étude de la faune de la province était « une voie qu[‘il avait] suivie depuis [son] enfance », il demanda au lieutenant-gouverneur lord Falkland [Cary*] la subvention de £250 que le Parlement avait approuvée au bénéfice d’un musée provincial. Cette subvention répondait à la pétition présentée par Thomas McCulloch* pour l’entretien de sa collection, de plus en plus nombreuse, de spécimens de la faune néo-écossaise. Comme la somme était insuffisante pour que l’on mette sur pied un établissement réputé, Downs recommanda que l’on annexe le nouveau musée à la petite collection de l’institut des artisans, mais en vain. On le nomma cependant conservateur adjoint de la collection de l’institut en mai 1845, et conservateur l’année suivante.

En 1847, Downs entreprit l’aménagement de ce qu’on appellerait plus tard ses jardins zoologiques. D’abord situés sur un terrain de 5 acres à la source du bras Northwest, ces jardins allaient s’étendre sur 100 acres et comprendre une serre, une volière et un aquarium. Même si en 1863 on y trouvait, comme l’écrivait le Novascotian, « pas beaucoup plus que le noyau d’un jardin zoologique », les améliorations des trois années suivantes, facilitées par la réputation grandissante de Downs et des subventions annuelles de la province, allaient permettre d’augmenter considérablement les collections. Les oiseaux et les animaux qui formaient un ensemble bruyant et diversifié vivaient là dans un habitat naturel adapté. À la collection initiale s’ajoutèrent des dons de militaires britanniques, des importations de la Zoological Society of London et la propre collection que Downs amassa au cours de ses trois voyages en Europe, en 1862, en 1864 – à l’occasion de sa visite au naturaliste anglais Charles Waterton – et en 1867.

Dès le début des années 1860, l’étendue et la diversité des collections de Downs et la curiosité grandissante du public envers l’histoire naturelle avaient fait de ces jardins zoologiques une destination privilégiée pour les groupes et les promeneurs de Halifax désireux de s’évader pour une journée. Au Halifax Natal Day de 1865 par exemple, on y accueillit un millier de visiteurs (cette fête commémore l’arrivée d’Edward Cornwallis* en 1749). Chaque touriste britannique – y compris le prince de Galles, qui les avait visités en 1860 – reconnaissait l’intérêt scientifique au goût du jour et les qualités pittoresques des jardins de Downs. Ce dernier s’occupait également de recueillir des animaux vivants pour les envoyer à des princes, dont le roi Victor Emmanuel II d’Italie, et à des établissements étrangers, comme le zoo de Londres. Comme Campbell Hardy*, sportif enthousiaste en poste à Halifax avec l’armée britannique, le dirait plus tard : « Chaque visiteur désireux de connaître la faune des bois ou des eaux de l’Acadie allait à Downs pour [obtenir] conseils ou références. » En 1862, Downs fut élu membre correspondant de la Zoological Society of London.

Downs s’intéressa aux possibilités économiques de l’élevage car il estimait que ses jardins présentaient plus qu’une valeur éducative ou récréative pour la population locale. En soutenant qu’on pourrait vendre des volailles à l’étranger, il avait obtenu en 1853 une subvention gouvernementale pour améliorer les reproducteurs de sa basse-cour. Il importa alors 44 oiseaux d’Angleterre et remporta cette année-là 11 prix dans le concours provincial dont il avait lui-même proposé la tenue afin d’inciter les fermiers à rehausser la qualité de leurs lignées. Encouragé par une autre subvention en 1856, il réussit à acclimater des faisans anglais et à introduire dans la province des moutons de Chine.

Les sciences naturelles, l’ornithologie ou l’élevage ne permettaient cependant pas à Downs de gagner sa vie, et pour le faire il devait compter sur ses talents de taxidermiste. Doué d’un sens aigu de l’observation et ayant appris sur le tas, il était, comme l’historien Charles Bruce Fergusson* l’écrirait plus tard, « un artisan habile et méticuleux ». Ses têtes d’orignal, empaillées et montées, et ses cages de verre qui contenaient du gibier à plumes, des canards sauvages et des oiseaux-mouches lui valurent régulièrement des prix dans des expositions locales de même que des médailles aux expositions internationales de 1851, 1862, 1865 et 1867. On envoyait ses spécimens dans des collections privées et publiques des deux côtés de l’Atlantique. Il affirmera avoir empaillé plus de 800 têtes d’orignal au cours de sa carrière. Comme le fit remarquer Hardy, « peu [de gens] retournaient en Europe après un séjour [...] dans les provinces maritimes sans rapporter soit un trophée du gros gibier ou des spécimens de la belle faune avicole de l’est du Canada qui étaient passés par les mains de [ce] talentueux naturaliste ».

En 1867, on offrit à Downs le poste de surintendant des collections zoologiques de Central Park, à New York, après que Spencer Fullerton Baird, l’éminent zoologiste de la Smithsonian Institution, eut apparemment suggéré son nom. Downs avait, semble-t-il, décliné une offre semblable en 1864, mais il vendit son domaine et ses collections de Halifax pour partir vers le milieu de l’année 1868. Le naturaliste américain Charles Hallock dirait plus tard que « quelque tour de passe-passe politique » avait empêché que Downs ne s’installe à Central Park. Au début de janvier 1869, il était en effet de retour à Halifax. Incapable de racheter ses anciens jardins, il acquit une propriété adjacente qu’il aménagea bientôt d’une manière pittoresque, avec une volière et de nouvelles collections. L’aventure ne fut cependant pas un succès, et il dut vendre en 1872.

On sait peu de chose sur ce que Downs fit au cours des quelques années suivantes. En 1862, il avait participé à la fondation du Nova Scotian Institute of Natural Science et y avait fait trois ans plus tard la première de ses communications qui ait été publiée. Au cours des années 1880, il publierait notamment une liste des oiseaux de la Nouvelle-Écosse, qui ferait autorité, et présenterait en 1888 une allocution sur le même sujet devant la Société royale du Canada. Actif dans les comités organisateurs d’expositions, il manifesterait son engagement envers l’histoire naturelle jusqu’à sa mort en 1892 en adhérant à des associations locales comme la Nova Scotia Dog, Pigeon and Poultry Society, et en continuant d’exposer des collections qui témoignaient de l’excellence de son travail. Ses investissements dans l’immobilier et des titres solides lui apportèrent finalement la sécurité.

Reconnu par ses contemporains comme le fondateur du premier jardin zoologique aménagé au nord du Mexique, Andrew Downs résume bien l’intérêt qu’on portait, au milieu du xixe siècle, aux sciences, aux parcs publics et aux loisirs sains. En 1864, on avait dit de lui, autorité reconnue sur les oiseaux de Nouvelle-Écosse, qu’il était un homme dont le « cœur [était] dans son travail, s’il en fut jamais, et qui a[vait] la libéralité d’esprit qu’ont tous les véritables amoureux de la nature ».

Susan Buggey

Les œuvres publiées d’Andrew Downs comprennent trois communications sur l’ornithologie dans les Nova Scotian Institute of Natural Science, Proc. and Trans. (Halifax) : « On the land birds of Nova Scotia », 1 (1863–1866), part. 3 : 38–51 et part. 4 : 130–136 ; « Pied, or Labrador, duck », 6 (1883–1886) : 326–327 ; et « A catalogue of the birds of Nova Scotia », 7 (1886–1890) : 142–178.

PANS, RG 1, 275, no 86 ; RG 5, P, 19, 54.— Francis Duncan, Our garrisons in the west or sketches of British North America (Londres, 1864).— Charles Hallock, « The first American zoo », Nature (New York), 1 (1889–1890) : 150–151 ; publié de nouveau sous le titre de « Far ahead of his time : Andrew Downs, famous as scientist and naturalist [...] », Halifax Herald, 30 août 1892.— N.-É., House of Assembly, Journal and proc., 1853, app. 38, petition no 22 ; 1863 : 107 ; 1866, app. 36.— Acadian Recorder, 26 mars, 27 août, 19 sept. 1864, 7, 21 janv., 25 févr., 23 juin, 29. juill., 19, 26 août, 2 sept. 1865, 9 juin, 11 août 1866, 12, 15 juin, 31 août 1867, 28 mars, 23 mai 1868, 9 janv. 1869.— Evening Express and Commercial Record, 13 sept. 1861, 29 juin 1863, 8 mai 1867.— Evening Reporter (Halifax), 27 nov. 1860.— Halifax Herald, 27 août, 6 sept. 1892.— Illustrated London News, 24 août 1867.— Novascotian, 25 août, 20 oct. 1856, 15 févr. 1858, 6 août 1860, 16 mars 1863.— Wesleyan (Halifax), 6 mai, 10 sept. 1838.— John Quinpool [J. W. Regan], First things in Acadia, « the birthplace of a continent » (Halifax, 1936), 273–274.— H. K. Swann, Nature in Acadia (Londres, 1895), 15.— C. B. Fergusson, « Montezuma’s successor : Andrew Downs of Halifax », Dalhousie Rev., 27 (1947–1948) : 261–280.— Campbell Hardy, « Reminiscences of a Nova Scotian naturalist : Andrew Downs », Nova Scotian Institute of Science, Proc. and Trans., 12 (1906–1910) : xi–xxix.— Harry Piers, « Sketch of the life of Andrew Downs, founder of the first zoological garden in America », Nova Scotian Institute of Science, Proc. and Trans., 10 (1898–1902) : cii–cviii (un portrait paraît sur la page frontispice du volume).

Bibliographie générale

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Susan Buggey, « DOWNS, ANDREW », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/downs_andrew_12F.html.

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Auteur de l'article:   Susan Buggey
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   22 décembre 2014