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DANIEL, THOMAS WILDER, homme d’affaires et philanthrope, né le 26 juin 1818 à Woburn, Angleterre, fils de Wilder Daniel et de Maria H. Lancaster ; le 23 août 1848, il épousa à Saint-Jean, Nouveau-Brunswick, Louisa Sophia Jordan, fille de Daniel Jordan ; décédé le 2 janvier 1892 au même endroit.

Thomas Wilder Daniel immigra à Saint-Jean en 1837 pour entrer au service de son oncle, Thomas Daniel, qui exploitait un commerce de marchandises sèches, la Holdsworth and Daniel. Après le départ de son oncle pour l’Angleterre dix ans plus tard, il acheta la société pour en faire la T. W. Daniel and Company. En 1854, il s’associa à John Boyd, un employé de la compagnie ; celle-ci prit alors le nom de Daniel and Boyd. De ses locaux de London flouse, sur la place Market, la compagnie vendait en gros des marchandises sèches en provenance de la Grande-Bretagne, des États-Unis et de la France et, au début des années 1850, elle se lança aussi dans la vente au détail. Un commentateur fera plus tard remarquer que, grâce à elle, « nombre de jeunes hommes » avaient fait leurs premières armes dans le monde des affaires.

En plus d’exploiter son entreprise, Daniel souhaitait vivement promouvoir la colonisation et l’investissement au Nouveau-Brunswick. En 1859 et 1862, il proposa donc à Samuel Leonard Tilley, avec qui il semble avoir entretenu des relations cordiales, que la province envoie « une sélection de bois, [...] de minéraux et de céréales » dans des musées de Grande-Bretagne – geste qui, selon lui, constituerait « la meilleure publicité qui soit pour l’immigration ». Son désir de développer Saint-Jean et la province s’intensifia après la Confédération. En 1869, Daniel se joignit à un groupe d’hommes d’affaires qui tentaient de faire construire un bassin de radoub à Saint-Jean. Comme d’autres, ils étaient parfaitement conscients des transformations que subissait l’industrie de la construction navale à la fin des années 1860 et ils croyaient qu’un bassin de ce genre favoriserait de nouvelles activités portuaires. Malheureusement, les divergences de vues au sein du conseil municipal, qui louait à bail les terrains sur la rive, empêchèrent le projet de se concrétiser.

Daniel put néanmoins manifester le grand intérêt qu’il portait à sa ville et à sa province d’adoption en faisant prospérer sa maison de commerce. En 1873, elle employait quelque 27 personnes dans son service de vente en gros et 22 dans celui de vente au détail ; l’année suivante, « la R. G. Dun and Company pouvait dire d’elle qu’elle était « de loin la [société commerciale] la plus importante [...] des Maritimes ». Elle avait également mis sur pied un florissant atelier de vêtements de confection – le plus grand du genre dans les Maritimes – où travaillaient environ 120 hommes et femmes. Par cette poussée dans le domaine de la fabrication, Daniel démontrait, comme d’autres hommes d’affaires de l’endroit, sa volonté de créer un secteur manufacturier qui fasse partie intégrante de l’économie locale et qui permette de réduire la dépendance à l’égard des importations.

L’incendie de Saint-Jean en 1877 détruisit London House et, même si on la rebâtit, les « vicissitudes » éprouvées par la plupart des maisons d’affaires de Saint-Jean à la fin des années 1880 peuvent avoir nui à l’expansion de l’atelier de confection de la Daniel and Boyd et réduit les importations. Une comparaison du chiffre d’affaires de la firme, qui passait de 1 702 000 $ en 1875 à 750 000 $ en 1887, illustre bien à quel point les perspectives étaient peu réjouissantes.

Daniel déploya son activité dans un certain nombre d’autres entreprises de Saint-Jean. Depuis 1856, il était l’un des administrateurs de la Bank of New Brunswick et, au cours des années 1870, il fut mêlé à la Victoria Coal Mining Company, la People’s Street Railway Company et la Saint John Rural Cemetery Company ; on le retrouve aussi, à un certain moment, président de la Joggins Coal Mines Association. Son désir de promouvoir Saint-Jean à l’intérieur du Canada l’amena également à occuper durant 15 ans divers postes de direction au bureau de commerce de la ville, entre 1867 et 1887.

Respecté par le milieu des affaires, Daniel semble avoir été tenu en aussi haute estime par le clergé. De religion anglicane, il fréquentait l’église St John (Stone) où il fut marguillier pendant plusieurs années. L’un des administrateurs de la Diocesan Church Society et vice-président de la section néo-brunswickoise de la British and Foreign Bible Society, il était, au moment de sa mort, président de l’Auxiliary Bible Society du Nouveau-Brunswick et vice-président de l’Evangelical Alliance. Son intérêt pour les œuvres de bienfaisance ne se limitait pas à répondre à un besoin social par un immeuble approprié. Ainsi, après avoir contribué au financement du Home for Aged Females, il s’occupa, avec son épouse, « de son aménagement ». Il fut aussi parmi les fondateurs du Protestant Orphans’ Asylum en 1855 et au nombre des administrateurs du Wiggins Orphan Asylum, de l’école de Madras et de l’Industrial School. Durant nombre d’années, il fit partie de la Young Men’s Christian Association.

À sa mort, Thomas Wilder Daniel laissait sa femme, deux filles et trois fils. Deux d’entre eux devinrent ministres anglicans, et le troisième prit plus tard la direction de l’entreprise de son père, qu’il réorganisa sous la raison sociale de F. W. Daniel and Company – nom qu’elle allait conserver jusqu’en 1950.

Elizabeth W. McGahan

APNB, RG 18, RS427, 17 sept., 20 oct. 1869.— Baker Library, R. G. Dun & Co. credit ledger, Canada, 9 (mfm aux AN).— Musée du N.-B., Tilley family papers, T. W. Daniel à S. L. Tilley, 3 mars 1859, 26 déc. 1862.— Our dominion ; mercantile and manufacturing interests of St. John and environs [...] (Toronto, 1887), 42 (copie au Musée du N.-B.).— St. John and its business : a history of St. John [...] (Saint-Jean, N.-B., 1875), 60–61.— St. John Daily Sun, 4–5 janv. 1892.— St. John Daily Telegraph and Morning Journal, 21 oct. 1869.— Canadian biog. dict., 2 : 610–611.— N.B. directory, 1889–1896.— N.B. vital statistics, 1845–47 (Johnson), 138.— Harold McCullagh, A century of caring : the story of the New Brunswick Protestant Orphans’ Home (St Stephen[-Milltown], N.-B., 1986), 145–146.— E. W. McGahan, « The port in the city : Saint John, N.B. (1867–1911) and the process of integration » (thèse de ph.d., Univ. of N.B., Fredericton, 1979), 279 ; The port of Saint John [...] (1 vol. paru, Saint-Jean, 1982–  ).— Evening Times-Globe (Saint-Jean), 9 févr. 1950.

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Elizabeth W. McGahan, « DANIEL, THOMAS WILDER », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/daniel_thomas_wilder_12F.html.

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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
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