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COULON DE VILLIERS DE JUMONVILLE, JOSEPH, enseigne dans les troupes de la Marine, né le 8 septembre 1718 dans la seigneurie de Verchères, fils de Nicolas-Antoine Coulon* de Villiers et d’Angélique Jarret de Verchères, décédé le 28 mai 1754 près de l’actuelle Jumonville, en Pennsylvanie.

Joseph Coulon de Villiers de Jumonville et ses cinq frères étaient tous officiers dans les troupes de la Marine. La carrière militaire de Joseph fut à peu près sans histoire jusqu’ au 28 mai 1754 lorsqu’il fut tué par ce qu’Horace Walpole a décrit comme « une volée tirée par un jeune Virginien dans les forêts lointaines de l’Amérique [et qui] brasa le monde ». Ce coup de feu allait marquer le début de la guerre de Sept Ans.

Jumonville, jeune cadet de 15 ans, était à Baie-des-Puants (Green Bay, Wisc.) en 1733, lorsque son père et un de ses frères furent tués lors d’une attaque contre les Renards. Les dix années qui suivirent furent exemptes de luttes importantes laissant derriere elles leur inévitable contingent de victimes, de sorte que l’avancement fut lent au sein des troupes de la Marine ; ce n’est donc qu’en 1743, après avoir servi en Louisiane en 1739 lors de la campagne de Le Moyne de Bienville contre les Chicachas, que Jumonville reçut une expectative d’enseigne. Deux ans plus tard, toutefois, avec le début de la guerre de la Succession d’Autriche, il reçut le grade d’enseigne en second. Sa carrière maintenant assurée, il épousa, à Montréal, le 11 octobre 1745, Marie-Anne-Marguerite Soumande. Pendant l’hiver qui suivit, il fut en service à la frontière de l’Acadie et prit alors part aux raids contre les postes avancés de la colonie de New York.

La guerre était à peine terminée en Europe, en 1748, qu’un conflit éclata en Amérique du Nord au sujet de la vallée de l’Ohio. Les trafiquants de fourrures des colonies anglaises s’étaient infiltrés dans la région et les Virginiens qui spéculaient sur les terres revendiquaient ce territoire. La France contesta ces prétentions, chassa les commerçants américains et, en 1753, entreprit la construction d’une série de forts qu’elle échelonna depuis le sud du lac Érié jusqu’à la rivière Ohio. Tanaghrisson et d’autres chefs indiens de la région élevèrent des protestations et le gouverneur de la Virginie délégua un officier de la milice coloniale, George Washington, pour aller intimer aux Français l’ordre d’évacuer le territoire. On lui opposa une fin de non recevoir polie mais ferme. Les Français construisirent ensuite le fort Duquesne à l’endroit où se trouve maintenant Pittsburgh ; ce fort leur assurait la suprématie militaire sur la région. Au printemps de 1754, Washington fut envoyé de nouveau dans l’Ohio avec des troupes de la milice coloniale afin d’affirmer la souveraineté britannique par la force, si nécessaire, nonobstant le fait que la paix régnait entre la France et l’Angleterre.

Le commandant du fort Duquesne, Claude-Pierre Pécaudy* de Contrecœur, avait reçu l’ordre strict d’éviter la guerre avec les Américains mais de défendre ses positions en cas d’attaque. Mis au courant de l’approche d’un détachement américain qu’on disait considérable, il envoya Jumonville, le 23 mai 1754, avec quelque 30 hommes, reconnaître si Washington avait réellement envahi le territoire que la France réclamait pour sien. Si tel était le cas, il devait en avertir le fort, puis sommer formellement Washington de se retirer. Son petit détachement était en fait une ambassade, semblable à celle de Washington envoyée au-devant de Jacques Legardeur de Saint-Pierre, l’année précédente, et il négligea de poster des sentinelles autour de son campement.

Au lever du jour, le 28, Washington et 40 hommes fondirent sur le camp français établi près de l’endroit où s’élève maintenant Jumonville, en Pennsylvanie. Certains des hommes dormaient encore, d’autres préparaient le déjeuner. Sans avertissement préalable, Washington donna l’ordre de tirer. Les Canadiens qui réussirent à échapper à la rafale, se jetèrent sur leurs armes mais ils furent rapidement réduits à l’impuissance. Les Français soutinrent par la suite que Jumonville fut abattu pendant qu’il signifiait sa mise en demeure officielle. Dix Canadiens furent tués, un fut blessé et les autres, à l’exception d’un, faits prisonniers. Washington et ses hommes se retirèrent abandonnant aux loups les cadavres de leurs victimes. Un détachement de 500 Canadiens des troupes régulières et de la milice furent envoyés pour venger l’attaque et chasser les Américains : Louis Coulon de Villiers, frère de Jumonville, en avait le commandement.

W. J. Eccles

ASQ, Polygraphie, VII : 26.— Papiers Contrecœur (Grenier).— Parkman, Montcalm and Wolfe.— Stanley, New France.— Marc de Villiers Du Terrage, Les dernières années de la Louisiane française [...] (Paris, 1905).— Amédée Gosselin, Notes sur la famine Coulon de Villiers, BRH, XII (1906) : 207218, 289s.

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W. J. Eccles, « COULON DE VILLIERS DE JUMONVILLE, JOSEPH », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 3 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/coulon_de_villiers_de_jumonville_joseph_3F.html.

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Auteur de l'article:   W. J. Eccles
Titre de l'article:   COULON DE VILLIERS DE JUMONVILLE, JOSEPH
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1974
Année de la révision:   1974
Date de consultation:   3 septembre 2014