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CLARK, ALEXANDER, pêcheur, marin, colon, propriétaire de navire et trafiquant de fourrures, né en 1818 dans la paroisse South Ronaldsay, Écosse ; décédé le 26 avril 1898 à Pointe aux Pins, Ontario.

Originaire des îles Orcades, Alexander Clark entra à la Hudson’s Bay Company, comme l’avaient fait avant lui un nombre incalculable de ses compatriotes. Pêcheur d’expérience en mer du Nord, il signa en mai 1839 un contrat de pêcheur sur le lac Supérieur. Débarqué à Moose Factory (Ontario) à la fin d’août, il remonta en canot les rivières Moose et Missinaibi pour se rendre aux postes de Michipicoten et de Pic où on l’avait affecté. Il travailla au dernier endroit comme pêcheur puis, de l’été de 1841 jusqu’en 1846, il fit partie de l’équipage du Whitefish, ravitailleur de la Hudson’s Bay Company. Ce schooner de 50 tonneaux avait pour capitaine Thomas Lamphier, dont Clark épousa la fille métisse, Betsy, peu après 1841. Une fois marié, il prit possession d’un terrain de la couronne sur la presqu’île inhabitée de Pointe aux Pins, près de la base du schooner, à Sault-Sainte-Marie (Sault Ste Marie). Il y construisit bientôt une grande maison de rondins et devint ainsi le premier colon blanc à établir sa ferme sur la pointe.

À la fin de la saison de navigation de 1846, Clark abandonna la Hudson’s Bay Company et trouva rapidement du travail comme pilote, navigateur et capitaine de goélette. Il commanda deux schooners, le Napoleon (transformé plus tard en navire à hélice) et le Florence (qui appartenait à Allan Macdonell*), et il pilota, sous les ordres du capitaine Thomas Dick*, le vapeur Rescue pour son premier voyage au lac Supérieur. En 1851, il acheta un navire, un sloop d’environ 80 tonneaux qu’il baptisa Rising Sun, et il entreprit de transporter passagers et marchandises vers les villages miniers et autres établissements de la rive nord du lac Supérieur. Selon les archives, après l’ouverture du canal de la rivière St Marys en 1855, le Rising Sun emprunta maintes fois ce passage. Toutefois, l’expansion du réseau ferroviaire et le début de la crise économique en 1857 allaient réduire considérablement le transport par les Grands Lacs et faire perdre des cargaisons rentables aux propriétaires de navires. Comme bien d’autres, Clark se vit forcé de mettre son bâtiment en rade.

Même si depuis les années 1830 on faisait de moins en moins de traite dans le district du lac Supérieur, Clark, misant sur sa grande connaissance de la pêche et du commerce des fourrures, décida de retourner à sa première occupation. En 1858, il s’installa sur une terre de la couronne inoccupée à Pays Plat, près de la baie Nipigon, et entreprit avec un associé d’y fonder un poste de traite, « alimenté en articles de traite par des relations de Dick » selon l’agent principal de la Hudson’s Bay Company, George Barnston*, et qui faisait concurrence aux postes avoisinants de Long Lake et de Nipigon flouse, propriétés de la compagnie. Pour assurer l’autonomie de son domaine isolé de Pays Plat durant les sept années qu’il y passa, Clark transforma 200 acres de forêt en champs et en pâturages et pêcha dans la baie voisine la truite, le hareng et le corégone, qu’il vendait sur les marchés de l’Est.

Le séjour de Clark à Pays Plat fut marqué par des conflits avec la Hudson’s Bay Company, plus favorisée sur le plan des capitaux, de l’organisation et de la main-d’œuvre. Comme d’autres énergiques trafiquants indépendants de son époque, Clark tentait de rivaliser avec la compagnie en ayant recours à des pratiques commerciales dynamiques qui frisaient souvent la malhonnêteté, et le trafic du whisky demeurait la principale cause de controverse. En 1864 ou 1865 cependant, l’épuisement des réserves de pelleteries (attribuable à une chasse excessive), la faible demande de castor sur les marchés étrangers et la concurrence croissante pour l’obtention des autres peaux convainquirent Clark d’abandonner son poste et dé retourner dans son domaine, à la vie de fermier.

Au cours des années 1865–1870, cet homme énergique qui approchait de la cinquantaine entreprit d’agrandir sa terre de Pointe aux Pins en défrichant 200 acres de broussailles. Il acquit aussi un lot de 1 500 pieds près de Gros Cap, dans la baie Whitefish, où il se remit à la pêche. En vertu du Free Grant and Homestead Act de l’Ontario, en 1868, il obtint quatre autres étendues de terre à Gros Cap, d’une superficie totale de 360 acres ; il en reçut le titre de propriété final en 1883. Au cours des années 1880, Clark possédait quelque 750 acres, dont la plupart se trouvaient dans ce qui est maintenant la ville de Sault Ste Marie.

Alexander Clark avait perdu son épouse vers 1879 et il se remaria avec une femme d’origine écossaise un peu après 1881. Il continua d’exploiter sa petite ferme et sa pêcherie et, à la fin de sa vie, aida à entretenir la balise lumineuse que les services fédéraux avaient installée en face de son domaine. Après avoir navigué durant 48 ans sur le « grand lac », le vieux marin rendit l’âme chez lui en avril 1898. Ses six enfants lui survivaient. On peut voir son monument funéraire au West Korah Pioneer Cemetery de Sault Ste Marie.

Clark Martin MacIntyre

AN, RG 31, C1, 1861, 1871, Algoma (mfm aux AO).— AO, MU 838, T. G. Anderson diary, 1849 (copie dactylographiée) ; MU 1385, box 2.— National Arch. and Records Administration, Federal Arch. and Records Centre, Arch. Branch (Chicago), St Mary’s Falls ship canal, cash-book and reg. of vessels, 1855–1857.— Ontario, Ministry of Natural Resources, Titles Section (Toronto), Crown land sales, Parke Township, sects. 5, 24 ; Prince Township, sects. 27, 32–33.— PAM, HBCA, A.10/23 : fo 134 ; A.32/24 : fo 3 ; B.135/a/144 : fo 16d.— « The steamer Rescue, a pioneer in Great Lakes shipping », James McCannell, édit., Thunder Bay Hist. Soc., Annual report ([Fort William (Thunder Bay), Ontario]), 1923 : 11–14.— C. M. MacIntyre, « Alexander Clark : fur trader – mariner, 1819–1898 » (miméographie, Toronto, 1987).

Bibliographie générale

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Clark Martin MacIntyre, « CLARK, ALEXANDER », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 17 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/clark_alexander_12F.html.

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Auteur de l'article:   Clark Martin MacIntyre
Titre de l'article:   CLARK, ALEXANDER
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   17 septembre 2014