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BIRD, JAMES (parfois appelé James Curtis), trafiquant de fourrures, juge de paix, fonctionnaire et homme politique, né vers 1773, probablement à Acton (Londres) ; décédé le 18 octobre 1856 dans la colonie de la Rivière-Rouge (Manitoba).

James Bird entra au service de la Hudson’s Bay Company à titre de commis aux écritures, selon les termes d’un contrat signé à Londres le 23 avril 1788, et partit pour York Factory (Manitoba). En 1792, après quatre années d’apprentissage, probablement à cet endroit, il accompagna William Tomison*, fonctionnaire chargé des postes de l’intérieur, à Cumberland House (Saskatchewan), à Manchester House (près de Standard Hill) et à Buckingham House (près de Lindbergh, Alberta). L’année suivante, on lui donna la direction de South Branch House (près de Batoche, Saskatchewan), où il succéda à William Walker* ; en 1794, il fonda un poste à Nepawi (Nipawin) pour faire concurrence à un poste voisin de la North West Company. De 1795 à 1799, il dirigea le poste récemment construit de Carlton House (près de Fort-à-la-Corne), avant d’être envoyé à Edmonton House (près de Fort Saskatchewan, Alberta) en 1799. Là, il orienta le déplacement de la Hudson’s Bay Company plus loin vers l’amont de la rivière Saskatchewan-du-Nord pour construire Acton House près de ses rivaux de la North West Company, à Rocky Mountain House. Il organisa aussi l’expédition de 1799 dirigée par Peter Fidler*, qui se rendit vers le nord à la rivière Beaver et au lac la Biche, où Greenwich House fut fondé. Considérant que les efforts de Bird pour étendre le commerce de la Hudson’s Bay Company étaient « très avantageux », le comité de Londres lui confia en 1803 la direction des postes de l’intérieur dans la région de la Saskatchewan, de Cumberland House jusqu’aux Rocheuses, où il succéda à Tomison. À cette époque, on se livrait à une concurrence acharnée dans la traite des fourrures, et, en 1810–1811, Joseph Howse conduisit, sous la direction de Bird, la première expédition de la Hudson’s Bay Company sur le territoire de traite de la North West Company, à l’ouest des Rocheuses. Bird resta à Edmonton House jusqu’en 1816, puis passa la saison de traite de 1816–1817 à Carlton House.

Après la mort, survenue en juin 1816, de Robert Semple*, gouverneur de Rupert’s Land pour la compagnie, Bird le remplaça jusqu’à l’arrivée du nouveau gouverneur, William Williams*, en 1818. Bird continua de surveiller la traite de fourrures dans le district de la Saskatchewan jusqu’en 1821. Cette année-là, après la fusion de la Hudson’s Bay Company et de la North West Company [V. Simon McGillivray*], il fut nommé agent principal du district du bas de la rivière Rouge et, durant l’été, il accompagna Nicholas Garry, membre du comité de Londres venu visiter les postes de la compagnie, du fort William (Thunder Bay, Ontario) à Norway House (Manitoba). Après un congé en 1822, puis une année d’affectation comme agent principal du district du haut de la rivière Rouge, Bird quitta la compagnie en juin 1824 et décida de s’installer dans la colonie de la Rivière-Rouge. Avec deux autres fonctionnaires retraités de la Hudson’s Bay Company, Thomas Thomas* et Robert Logan*, Bird occupa une situation influente dans l’élite sociale de la petite colonie. Considéré comme un « colon principal » par le gouverneur de la Hudson’s Bay Company, George Simpson, Bird reçut de la compagnie une concession de 1 245 acres sur la rive est de la rivière Rouge.

Durant la campagne de la Hudson’s Bay Company contre la North West Company, qui conduisit à la fusion, Bird avait été nommé en 1815 juge de paix des territoires indiens. Plus tard, à la Rivière-Rouge, il occupa, de 1835 à 1845, les postes de receveur des droits d’importation et d’exportation et de juge de paix. Membre du conseil du gouverneur Semple en 1815 et du conseil du département du Nord de la Hudson’s Bay Company à partir de 1822, il fut nommé conseiller d’Assiniboia en 1839 et ne quitta ce poste que peu de temps avant sa mort en 1856.

Comme trafiquant de fourrures, Bird avait joué un rôle clé dans la réussite de la Hudson’s Bay Company dans le district de la Saskatchewan. En 1819, Colin Robertson* remarqua en effet que Bird avait « une plus grande connaissance de l’organisation des affaires de ce pays que tous les fonctionnaires réunis ». Néanmoins, la haute opinion qu’il avait de sa propre importance et son sens aigu de l’intérêt personnel, alliés à une prudence excessive et à un caractère vindicatif, gâtèrent sa carrière et sa retraite. Incident loin d’être isolé, le comité de Londres critiqua Bird en 1820 et remarqua que « des sentiments de jalousie et des humiliations et blessures imaginaires » avaient obscurci son bon sens. À la Rivière-Rouge, en dépit de son importance sociale, on ne le tenait pas en haute estime. On savait qu’il avait infligé une correction à un serviteur assez âgé, qu’il avait rudement congédié et poursuivi pour rupture de contrat une servante indiscrète, et qu’il n’avait montré aucune charité quand on l’avait prié de participer à la souscription pour venir en aide au révérend David Thomas Jones*, ministre retraité qui avait desservi la colonie de la Rivière-Rouge de 1823 à 1838.

James Bird s’était marié à la façon du pays avec plus d’une Indienne, peut-être en union polygamique, avant d’épouser le 30 mars 1821, à la Rivière-Rouge, une Indienne prénommée Elizabeth. De ses femmes indiennes, il avait eu un grand nombre d’enfants dont beaucoup, notamment James*, sont mentionnés dans les registres paroissiaux de la colonie de la Rivière-Rouge. Elizabeth mourut à l’automne de 1834 et fut inhumée le 1er novembre. Comme beaucoup de trafiquants de fourrures à la retraite, Bird cherchait à épouser une Anglaise. Le 22 janvier 1835, avec ce qui parut être une hâte indécente pour certains, il épousa une veuve, Mary Lowman, directrice du Female Seminary de la Rivière-Rouge. Avant le mariage, Mme Lowman reçut de Bird une somme de £2 500 en fidéicommis, pour des raisons qui restent obscures. À sa mort, Bird laissait une succession qui, à l’exception des propriétés foncières, fut estimée à moins de £4 000. Sa fille Eliza Margaret et son fils Curtis James*, nés de son dernier mariage, héritèrent de la majeure partie de celle-ci. Le village de Birds Hill, situé sur la propriété de Bird ou à proximité de celle-ci, au nord-est de Winnipeg, tire son nom de celui de James Bird.

John E. Foster

APC, MG 19, A21, sér. 1, 5 : fos 956–958 ; 6 : fo 1294 ; E1, sér. 1, 24 : 87 (copies) ; MG 25, 62.— PAM, HBCA, A.6/10 : fo 23 ; A.6/16 : fo 26d ; A.6/18 : fos 40, 105d ; A.6/23 : fos 121d–122, 171–171d ; A.31/1 ; A.32/3 : fo 202 ; A.36/16 : fo 43 ; A.44/3 A.44/3 : fo 110 ; B.27/a/1–3 ; 6 ; B.49/a/34 ; B.60/a/5–16 ; B.148/a/1 ; B.197/a/1 ; B.205/a/8 ; D.4/8 : fos 3–17d ; D.5/5 : fos 306–307 ; D.5/7 fos 183–184 ; D.5/12 : fo 57d ; E.6/2 : fo 39 ; MG 2, B4–1, 1844–1851 : fos 66–68 ; MG 7, B7–1, Reg. of baptisms, 1er févr. 1838 ; Reg. of marriages, 30 mars 1821, 22 janv. 1835 ; Reg. of burials, 1er nov. 1834, 24 oct. 1856 ; MG 9, A78–3 321–322.— Canadian North-West (Oliver).— [Robert Clouston], « A Red River gossip », E. A. Mitchell, édit., Beaver, outfit 291 (printemps 1961) : 4–11.— Nicholas Garry, « Diary of Nicholas Garry, deputy-governor of the Hudson’s Bay Company from 1822–1835 ; a detailed narrative of his travels in the northwest territories of British North America in 1821 [...] », F. N. Garry, édit., SRC Mémoires, 2e sér., 6 (1900), sect. ii : 73–204.— HBRS, 1 (Rich) ; 2 (Rich et Fleming) ; 3 (Fleming) ; 26 (Johnson).— Journals of Samuel Hearne and Philip Turnor, J. B. Tyrrell, édit. (Toronto, 1934 ; réimpr., New York, 1968).— Mactavish, Letters of Letitia Hargrave (MacLeod).— David Thompson, David Thompson’s narrative, 1784–1812, R.[G.] Glover, édit. (nouv. éd., Toronto, 1962).— Van Kirk, « Many tender ties ».

Bibliographie générale

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John E. Foster, « BIRD, JAMES (mort en 1856) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 2 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/bird_james_1856_8F.html.

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Auteur de l'article:   John E. Foster
Titre de l'article:   BIRD, JAMES (mort en 1856)
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1985
Année de la révision:   1985
Date de consultation:   2 septembre 2014