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BELCHER, BENJAMIN, marchand, officier de milice et homme politique, né le 17 juillet 1743 à Gibraltar ; le 5 juin 1764, il épousa à Cornwallis, Nouvelle-Écosse, Sarah Post, et ils eurent cinq fils (dont des jumeaux) et une fille ; décédé le 14 mai 1802 à Cornwallis. Par son fils Benjamin, il fut le grand-père de Clement Horton Belcher*, éditeur et libraire de Halifax.

On sait peu de chose des premières années de Benjamin Belcher, si ce n’est qu’il naquit à Gibraltar, probablement de parents anglais ; il arriva vraisemblablement à Halifax vers 1760. Il n’y avait pas de lien de parenté, semble-t-il, entre Belcher et le juge en chef Jonathan Belcher*, originaire de Boston, qui était arrivé en Nouvelle-Écosse en 1754 après avoir séjourné en Angleterre et en Irlande. Encouragé par deux amis, John Burbidge et William Best, Belcher élut domicile à Cornwallis vers 1764. Homme entreprenant et compétent, il n’eut apparemment aucun mal à se faire admettre au sein de la communauté ; cependant, il dut attendre jusqu’en 1797 pour recevoir une concession de 606 acres et demie à Terry’s Creek (Port Williams), laquelle avait appartenu à Joseph Goreham*. La concession longeait la route reliant cette localité à Horton Corner (Kentville), voie qui porte aujourd’hui le nom de rue Belcher. Tout près de sa maison, Belcher tenait un magasin général qui desservait une grande partie de la campagne environnante. Il commerçait aussi avec les Antilles : ses bricks y transportaient des chevaux, des aliments et du bois, puis en ramenaient de la mélasse et du rhum.

Pendant la Révolution américaine, la population du comté de Kings fut neutre, si l’on met les choses au mieux, mais Belcher participa activement à la défense de l’ordre établi. En tant que lieutenant de la milice volontaire de Cornwallis, il réalisa un exploit courageux et téméraire contre une troupe rebelle dans la baie de Fundy. Le 21 avril 1781, lui-même et 28 volontaires, à bord du sloop armé Success, capturèrent 30 rebelles dans deux canonnières qui avaient entravé la navigation dans la baie et, par la suite, les traduisirent en justice dans le canton de Cornwallis.

Aux élections provinciales de 1785, Belcher fut élu député du canton de Cornwallis et prit possession de son siège le 8 décembre. Quoique défait par Jonathan Crane en 1793, il adressa une pétition au Parlement alléguant que son adversaire avait usé d’intimidation le jour du scrutin. Un comité spécial fit enquête et le proclama député de la circonscription de Kings le 30 mars. Il conserva son siège jusqu’en 1799, année où Crane remporta l’élection. Pendant son mandat, Belcher fut l’un des animateurs de la chambre. Il participa activement aux travaux de chaque séance, remplissant souvent la fonction de vice-président, et manifesta un intérêt particulier pour les finances et le commerce de la province, ainsi que pour la condition des pauvres. Belcher fit également partie de plusieurs comités spéciaux, dont un qui dressa les actes d’accusation contre les juges de la Cour suprême James Brenton et Isaac Deschamps, un autre qui s’occupa des Noirs marrons de la Jamaïque [V. sir John Wentworth] et celui qui recommanda l’établissement de ce qui devint plus tard le King’s College [V. Charles Inglis]. Son rôle dans les travaux de l’Assemblée dut contribuer à l’attacher davantage à la carrière politique car, en 1801, il se proposa lui-même comme candidat à l’élection partielle dans la circonscription de Queens. Sa candidature fut refusée parce que, suivant la remarque de Simeon Perkins, cela aurait été plutôt « une disgrâce pour le comté que de choisir quelqu’un du dehors ». À peine une année plus tard, il mourait à l’âge de 58 ans, laissant une grosse succession qui comprenait, entre autres, sept esclaves noirs, dont il chargea sa famille de prendre soin dans son volumineux testament.

Au dire de tous, Benjamin Belcher avait du savoir-vivre et de l’instruction qu’il alliait à un sens aigu des affaires et à une véritable considération pour les moins bien nantis. Fervent adepte de l’Église d’Angleterre, il occupa la charge de marguillier de l’église St John à Cornwallis, de 1784 jusqu’à sa mort. Son testament spécifiait d’investir £300 dans l’érection d’une nouvelle église et d’installer dans le chœur des plaques sur lesquelles seraient gravés en lettres d’or le Notre Père, les Dix Commandements et le Credo ; elles s’y trouvent encore aujourd’hui.

Shirley B. Elliott

Kings County Court of Probate (Kentville, N.-É.), Testament et inventaire des biens de Benjamin Belcher, homologués le 16 mai 1802 (mfm aux PANS).— N.-É., Dept. of Lands and Forests (Halifax), Crown land grants, old book n° 20 : 43 (mfm aux PANS).— PANS, MG 4, 18.— N.-É., House of Assembly, Journal and proc., 1785–1799.— Perkins, Diary, 1797–1803 (Fergusson).— Nova-Scotia Gazette and the Weekly Chronicle, 8 mai 1781.— A. W. H. Eaton, The history of Kings County, Nova Scotia [...] (Salem, Mass., 1910 ; réimpr., Belleville, Ontario, 1972).— J. E. M. Rand, Historical sketch of Church of StJohn, 1810–1960, and the parish of Cornwallis, Nova Scotia, 1760–1960 (s.l., [1960]).

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Shirley B. Elliott, « BELCHER, BENJAMIN », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/belcher_benjamin_5F.html.

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Auteur de l'article:   Shirley B. Elliott
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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
Date de consultation:   23 avril 2014