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BEDDOME, HENRY SEPTIMUS, médecin et employé de la Hudson’s Bay Company, né vers le mois de juin 1830 dans la paroisse St Peter upon Cornhill, à Londres, fils de William Beddome ; le 11 juillet 1859, il épousa Frances Omand, de la colonie de la Rivière-Rouge (Manitoba), et ils eurent huit enfants ; décédé le 24 mars 1881 à Headingley, Manitoba.

En octobre 1848, Henry Septimus Beddome entreprit l’étude de la médecine au Guy’s Hospital à Londres, peu de temps après l’introduction de réformes importantes : les cours cliniques, l’enseignement pratique, la rédaction du dossier médical et l’embauchage des étudiants de dernière année dans les salles de médecine et de chirurgie, où on leur confiait des postes comportant de plus en plus de responsabilités, constituaient alors des particularités propres à cet hôpital. En juin 1851, avant de terminer sa troisième et dernière année de médecine, Beddome s’embarqua comme chirurgien sur le bateau de la Hudson’s Bay Company, le Prince of Wales, qui faisait sa traversée annuelle à destination de York Factory (Manitoba). Il reprit ses études à l’automne de 1851 et, le 3 mai de l’année suivante, il signa un contrat en vue de retourner à York Factory comme « chirurgien et commis », pendant cinq ans, au salaire de £100 par année, son voyage de retour étant garanti. Des certificats médicaux datés du 26 mai indiquent qu’il subit avec succès les examens d’admissibilité au Royal College of Surgeons of England ; une semaine plus tard, il s’embarqua sur le Prince of Wales.

À son arrivée le 11 septembre, Beddome constata qu’il avait directement sous ses soins au moins 50 personnes hivernant dans l’agglomération d’entrepôts, d’ateliers et d’habitations qu’était York Factory. Leurs conditions d’existence et de travail étaient épuisantes et remplies d’aléas. Bien qu’aucun de ses journaux médicaux n’ait été conservé, Beddome fit vraisemblablement face à toute sorte de misères, de maladies et de situations critiques, à savoir, entre autres, les troubles de la vue et les maux de tête, le rhumatisme, la dysenterie, les accidents de traîneaux et ceux d’autres genres, les accouchements, le scorbut et la grippe.

Les responsabilités de Beddome s’étendaient bien au delà des limites du poste. En 1854, on l’envoya au fort Churchill (Churchill, Manitoba) pour soigner le chef de poste William Anderson. Il agit aussi à titre de fonctionnaire responsable de la santé publique et de la quarantaine dans tout le département de Northern relevant de la Hudson’s Bay Company et sur les bateaux en partance pour l’Angleterre. Les épidémies pouvaient ravager une population estivale grossie par les équipages de bateaux provenant de l’intérieur, les autochtones en visite et les passagers des navires.

En 1857, lorsque Beddome termina sa période de service, l’évêque de Rupert’s Land, David Anderson, le convainquit, semble-t-il, de la possibilité de gagner £200 par année comme chirurgien dans la colonie de la Rivière-Rouge. Beddome fit le voyage jusqu’à Upper Fort Garry (Winnipeg) avec un détachement des Royal Canadian Rifles envoyé à la demande de la Hudson’s Bay Company pour renforcer son autorité sur les résidants de la colonie et pour bloquer les déplacements des Sioux vers le sud et contenir les troupes américaines en garnison à Pembina (Dakota du Nord). Beddome, 100 soldats, 12 femmes et un certain nombre d’enfants s’embarquèrent sur 16 York boats de la Rivière-Rouge pour un voyage de plus de 700 milles qui comporta 34 portages, en direction sud, à destination de la colonie de la Rivière-Rouge. Beddome demeura à la Rivière-Rouge pendant deux ans et, en juin 1859, il signa un autre contrat avec la Hudson’s Bay Company pour être chirurgien et commis à York Factory pendant cinq ans, d’abord à £120 par année, puis à £150. Il emmena sa jeune femme avec lui dans le Nord.

Lorsque le typhus se déclara parmi les 70 et quelques recrues de la Hudson’s Bay Company qui arrivèrent sur le Prince of Wales en 1863, Beddome permit à environ un tiers seulement de celles-ci de se rendre à l’intérieur du pays. De septembre au début de décembre, il y eut continuellement de 20 à 30 hommes malades : cette épidémie fut sans doute la plus grande épreuve de Beddome pendant ses dix années de pratique de la médecine à la baie d’Hudson.

En septembre 1864, Beddome et sa famille retournèrent à la colonie de la Rivière-Rouge où, d’après la tradition familiale, il pratiqua la médecine et s’établit à demeure sur les bords de la rivière Rouge, juste au sud de l’église St Andrew. Beddome faisait ses visites médicales à dos de cheval ou traitait ses patients dans son cabinet. On raconte qu’il y cacha Louis Riel pendant un certain temps lorsque celui-ci entra dans la clandestinité en 1870. Beddome et ses confrères John Harrison O’Donnell*, Curtis James Bird*, John Christian Schultz* et J. B. Campbell furent les fondateurs du Bureau médical de la province de Manitoba, constitué en société en 1871 et qui devint le Collège des médecins et chirurgiens de Manitoba en 1877.

Quand la variole se déclara en novembre 1876 parmi les colons islandais arrivés récemment à Gimli, Manitoba, et qu’elle se propagea chez les Indiens de la région, on organisa un bureau de santé présidé par le lieutenant-colonel William Osborne Smith. En raison peut-être de son expérience à York Factory, on choisit Beddome pour faire une tournée d’inspection de la rive est du lac Winnipeg pendant l’hiver. À la rivière Sandy, il enterra les corps d’un fonctionnaire de la Hudson’s Bay Company et de deux Indiens, et il vaccina les gens au fort Alexander (Fort Alexander), sur la rivière Winnipeg. En février 1877, Beddome prit la suite de la direction du district de Gimli, où il demeura jusqu’au printemps, au moment où les Islandais commencèrent à abandonner leurs quartiers d’hiver et à emménager dans de nouvelles habitations construites sur leurs fermes non loin du lac. Beddome mourut à Headingley le 24 mars 1881 et fut inhumé dans le cimetière de l’église St Andrew.

Thomas F. Bredin

PAM, HBCA, A.32/21 ; B.239/a/103–108 ; 180 ; MG 7, B4 ; MG 12, B1, corr., nos 1384, 1458, 1466, 1517 ; B2, corr., nos 202, 211, 221, 255, 335.— H. C. Cameron, Mr Guy’s hospital, 1726–1948 (London, Ontario, et Toronto, 1954).— R. [B.] Mitchell, Medicine in Manitoba, the story of its beginnings (Winnipeg, [1955]).— A. M. Johnson, « Life on the Hayes », Beaver, outfit 288 (hiver 1957) : 38–43.— G. F. G. Stanley, « A soldier at Fort Garry », Beaver, outfit 288 (automne 1957) : 10–15.

Bibliographie générale

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Thomas F. Bredin, « BEDDOME, HENRY SEPTIMUS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/beddome_henry_septimus_11F.html.

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Auteur de l'article:   Thomas F. Bredin
Titre de l'article:   BEDDOME, HENRY SEPTIMUS
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1982
Année de la révision:   1982
Date de consultation:   22 juillet 2014