Le traitement des « sujets de pays ennemis » durant la Première Guerre mondiale

Durant la guerre, la crainte que les Allemands, les Polonais, les Ukrainiens et autres « sujets de pays ennemis » ne représentent une menace interne était ancrée dans la mentalité canadienne. Des milliers de personnes furent emprisonnées et subirent le même sort que William Perchaluk :

William Perchaluk faisait partie des 170 000 Ukrainiens et plus, surtout originaires de l’Empire austrohongrois, qui vinrent au Canada avant la Première Guerre mondiale pour s’établir dans des fermes ou travailler en usine. Il compta par la suite parmi les 5 954 immigrants d’Autriche-Hongrie qui furent confinés dans des postes d’accueil et des camps d’internement canadiens pendant les hostilités. Ces gens construisirent des routes, bâtirent et réparèrent des édifices, défrichèrent et drainèrent des terres. En principe, les camps devaient recevoir les ressortissants de nationalité ennemie n’ayant pas obtenu la citoyenneté canadienne qui avaient contrevenu aux règlements ou qui représentaient un danger pour la sécurité, mais en pratique, c’était les nécessiteux et les chômeurs qui y étaient détenus. Certaines personnes, naturalisées sujets britanniques, aboutirent même dans ces camps à cause des pressions et des préjugés de Canadiens de naissance. Comme la majorité des internés ne menaçaient nullement la sécurité du pays, la plupart furent libérés sur parole au plus tard en 1916 et purent retourner sur le marché du travail.

Pour en apprendre davantage sur la question, nous vous invitons à consulter L’ethnicité et la race, ainsi que les biographies suivantes.