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VALOIS, LÉONISE (baptisée Marie-Attala-Amanda-Léonise), dite Atala (elle signa Attala jusqu’en 1910), poète, journaliste et fonctionnaire, née le 11 octobre 1868 à Vaudreuil (Vaudreuil-Dorion, Québec), cinquième des 15 enfants de Louis-Joseph-Avila Valois, médecin, et de Marie-Louise Bourque ; décédée célibataire le 20 mai 1936 à Montréal et inhumée au cimetière de sa ville natale.

Léonise Valois naît dans un milieu relativement privilégié et très politisé. Son grand-père Joseph-Eustache Valois a soutenu les patriotes durant les années 1830. Son père est un fervent militant libéral, ce qui permettra à la famille de nouer des liens avec des notables du monde politique, tel Rodolphe Lemieux, amour de jeunesse de Léonise. Les Valois sont également proches de l’élite catholique. Paul Bruchési, futur archevêque de Montréal, deviendra ainsi un ami de la famille. Louis-Joseph-Avila Valois n’est pas particulièrement riche, mais certains membres de la parenté disposent d’une importante fortune.

C’est d’ailleurs grâce au soutien financier d’une de leurs cousines que les filles Valois ont accès à une instruction assez poussée. Après des études primaires chez les Sœurs de Sainte-Anne à Vaudreuil de 1872 à 1879, Léonise est pensionnaire au couvent de Beauharnois des Sœurs des Saints-Noms de Jésus et de Marie de 1880 à 1883. Ses études terminées, elle aide son père à tenir les comptes et l’assiste auprès des malades, pendant que ses sœurs plus âgées partagent avec leur mère les tâches ménagères d’une famille nombreuse. Désireux de rebâtir une clientèle en déclin et de trouver un bon parti pour ses filles aînées, le docteur Valois songe à déménager. En 1886, la famille s’installe donc à Sainte-Cunégonde (Montréal). Vers 1888, Léonise effectue un bref séjour chez les Religieuses du Sacré-Cœur, au couvent de Sault-au-Récollet (Montréal). Elle n’a pas supporté la discipline imposée et a quitté la communauté.

La famille de Léonise n’est pas étrangère aux lettres ; son père compose des vers à l’occasion. La jeune fille se serait ouverte à la poésie et à la pratique de l’écriture durant ses études, son premier poème retrouvé datant de 1882. En 1889, elle entre sur la scène littéraire en faisant paraître des poèmes, sous le pseudonyme d’Attala, dans trois numéros du Recueil littéraire, revue publiée à Sainte-Cunégonde dont Édouard-Zotique Massicotte* est secrétaire de rédaction. Ce périodique se distingue par son avant-gardisme littéraire, ainsi que par son ouverture aux jeunes et aux femmes. Bien que cette première expérience de publication n’ait pas de suites immédiates, Attala entame néanmoins la réalisation d’un rêve littéraire ni répandu ni reconnu à l’époque.

Au cours des années 1890, la famille Valois connaît des difficultés financières. La population de Sainte-Cunégonde est plutôt pauvre, si bien que le docteur Valois peine à gagner un salaire lui permettant d’assumer ses lourdes charges familiales. Accablé, il tombe malade et meurt en 1898. Léonise, ainsi que sa sœur Philomène, devient dès lors soutien de famille et doit se trouver un emploi ; ainsi, elle travaillera quelques années au bureau d’enregistrement de la ville de Montréal. Cette responsabilité fait en sorte qu’elle ne pourra se livrer à l’écriture que de manière intermittente.

À la même époque, Léonise Valois entreprend une carrière de journaliste, peu lucrative. Comme plusieurs de ses consœurs d’écriture dans la province, elle est responsable des pages féminines dans un périodique montréalais ou y collabore. Elle est titulaire de la rubrique « Au coin du feu », publiée dans le Monde illustré d’octobre 1900 à sa suppression en décembre 1901 ; Massicotte est le directeur de la publication. Attala collabore ensuite au quotidien la Presse en 1902, au Journal de Françoise, de Robertine Barry*, en 1903–1904, au Canada en 1904, ainsi que, de 1903 à 1905, à la rubrique « le Royaume des femmes », que tient Anne-Marie Gleason* dans le quotidien la Patrie. De plus, elle fait paraître quelques textes dans l’Écho de Vaudreuil : purement local, publié à Rigaud, en 1907. À la recherche d’un revenu plus stable, Léonise Valois décroche un emploi dans un bureau de poste de Montréal la même année. Elle travaillera pour le ministère des Postes jusqu’à sa retraite, en 1929.

Malgré un emploi du temps chargé, Léonise Valois reste fidèle au milieu littéraire. Elle fait paraître en 1910, à Montréal, Fleurs sauvages : poésies, le premier recueil entièrement consacré à la poésie par une Canadienne française. La page couverture a été conçue et dessinée par Albert Ferland*, ami poète et collègue de travail aux Postes. Cette poésie, d’inspiration romantique, à la fois lyrique et patriotique, est, dans l’ensemble, bien reçue. Avant même la publication de Fleurs sauvages, Léonise Valois est reconnue comme poète par ses pairs écrivains et journalistes. Elle publie peu au cours des années suivantes, à l’exception de quelques articles dans les périodiques montréalais l’Autorité nouvelle et la Revue moderne. Elle renoue cependant avec le journalisme en 1929, peu après sa retraite des Postes, lorsque son cousin Aldéric Lalonde, président général de l’Union catholique des cultivateurs, lui offre la direction des pages féminines du bulletin officiel de l’association, la Terre de chez nous, publié à Montréal. Elle saisit l’occasion. En 1931, un grave accident, dont elle ne se remettra jamais complètement, met abruptement un terme à cette collaboration.

Très affaiblie, Léonise Valois publie néanmoins coup sur coup, à Montréal en 1934, un second recueil de poésie, Feuilles tombées (préfacé par Lionel Groulx*), ainsi qu’une réédition de Fleurs sauvages. Le nouveau recueil s’inscrit dans la continuité du premier avec des accents plus sombres marqués par les thèmes du deuil, de la mort et de l’absence. Plusieurs critiques en soulignent la parution. Forcée à la réclusion par la maladie en 1935, elle meurt le 20 mai 1936, quelques jours après avoir remporté le prix du concours annuel de poésie de la Société des poètes canadiens-français. Ce devait être l’unique récompense littéraire de sa carrière.

Léonise Valois fait partie des pionnières du journalisme féminin à la fin du xixe et au début du xxe siècle, dans la foulée des Joséphine Marchand*, Robertine Barry et Anne-Marie Gleason. Au fil de ses quelque 200 chroniques, consacrées à des thèmes comme le célibat, le féminisme, la nécessité de l’instruction pour les femmes, leur autonomie financière, l’égalité à l’intérieur du mariage, la condition des enseignantes, Atala a contribué à faire avancer la réflexion et à soutenir la prise de parole des femmes. Son apport le plus important à l’histoire littéraire et à l’histoire des femmes demeure cependant d’avoir, la première au Canada français, rassemblé ses poèmes en recueil. Ainsi, malgré les empêchements familiaux et sociaux, à l’encontre du modèle traditionnel qui veut limiter les femmes au loisir littéraire, elle a poursuivi son rêve et mérité, en tant que poète, ce titre de femme de lettres auquel elle tenait tant.

Louise Warren

Nous conservons dans nos archives personnelles (Saint-Alphonse-Rodriguez, Québec) de nombreux documents produits par Léonise Valois au cours de sa vie. On peut consulter un dossier de recherche à son sujet au Centre d’histoire la Presqu’île (Vaudreuil-Dorion, Québec). En plus de ses chroniques, Léonise Valois a laissé une soixantaine de poèmes publiés et des textes jamais parus, dont plusieurs pages peuvent être lues dans notre ouvrage intitulé Léonise Valois, femme de lettres (1868–1936) : un portrait incluant de nombreux inédits : poèmes, lettres et journaux intimes (Montréal, 1993), qui retrace le parcours de cette femme célibataire, indépendante et engagée.

BAnQ-CAM, CE601-S50, 12 oct. 1868.— Le Devoir, 22 mai 1936.— La Patrie, 22 mai 1936.— Le Soleil, 6 mai 1936.— BCF, 1922 : 135.— Georges Bellerive, Brèves Apologies de nos auteurs féminins (Québec, 1920).— DOLQ, 2 : 505.— Rollande Giroux, « Bibliographie de Léonise Valois (Atala) » (école de bibliothécaires, univ. de Montréal, 1947).— Madeleine [A.-M.] Gleason-Huguenin, Portraits de femmes ([Montréal], 1938), 262.— Line Gosselin, les Journalistes québécoises, 1880–1930 ([Montréal], 1995). — M.-A. Guérin et Réginald Hamel, Dictionnaire Guérin des poètes d’ici : de 1606 à nos jours (Montréal, 2005).— Sœur M. Eleanor [Loretto Breen], « les Écrivains féminins du Canada français de 1900 à 1940 » (mémoire de m.a., univ. Laval, 1947).— Antonio Pelletier, Cœurs et Homme de cœur : conférences, silhouettes, nouvelles, poésies (Montréal, 1903).— Robert Prévost, Québécoises d’hier et d’aujourd’hui : profils de 275 femmes hors du commun ([Montréal], 1985).— La Vie littéraire au Québec, sous la dir. de Maurice Lemire et al. (5 vol. parus, Sainte-Foy [Québec], 1991–    ), 5.— Louise Warren, « Léonise Valois (1868–1936) : Atala, poète et journaliste », dans Ces femmes qui ont bâti Montréal, sous la dir. de Maryse Darsigny et al. (Montréal, [1994]), 165–166.

Bibliographie générale

Comment écrire la référence bibliographique de cette biographie

Louise Warren, « VALOIS, LÉONISE (baptisée Marie-Attala-Amanda-Léonise), dite Atala (Attala)  », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 août 2017, http://www.biographi.ca/fr/bio/valois_leonise_16F.html.

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Auteur de l'article:   Louise Warren
Titre de l'article:   VALOIS, LÉONISE (baptisée Marie-Attala-Amanda-Léonise), dite Atala (Attala)
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   2016
Année de la révision:   2016
Date de consultation:   22 août 2017