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RICHARDSON, JAMES, officier de marine, capitaine de navire, meunier et marchand, né vers 1759 près de Horncastle, Angleterre ; avant 1789, il épousa Sarah Bryant, née Ashmore, et ils eurent au moins trois enfants, puis le 14 août 1809, à Kingston, Haut-Canada. Mary Louisa McDonnell ; décédé le 20 septembre 1832 à Presqu’ile Point, Haut-Canada.

James Richardson passa trois ans aux Antilles comme quartier-maître pendant la Révolution américaine. En 1782, son navire, le Ramillies, qui faisait voile vers l’Angleterre au sein de l’escadre du commander Thomas Graves*, fut pris dans une tempête ; lourdement endommagé, le bâtiment dut être détruit. Secouru par un navire marchand, Richardson fut ensuite capturé par une frégate américaine et emprisonné en France. Nommé lieutenant en second dans la marine provinciale en 1785, il servit sur le lac Ontario pendant quelques années. Après que les règlements interdisant la circulation des bâtiments privés sur les lacs Ontario et Érié eurent été révoqués en 1787, Richard Cartwright* engagea Richardson pour surveiller la construction du Lady Dorchester et ensuite pour le commander. Propriété commune de Cartwright, de Robert Hamilton* et de la Todd, McGill and Company de Montréal, le Lady Dorchester fut lancé en 1789 et assura dès lors le transport de fourrures et de vivres entre Kingston et Niagara (Niagara-on-the-Lake), surtout pour le compte de la North West Company. Apparemment, Richardson élut résidence à Kingston lorsque la construction du Lady Dorchester commença. Il demeura capitaine du navire jusqu’en 1793.

Cette année-là, Richardson convint avec quelques associés, dont la Crooks and Company et l’Auldjo and Maitland, de défier le monopole que ses anciens employeurs exerçaient sur le lac Ontario. Cartwright, même s’il respectait les compétences de Richardson comme marin, déclara que celui-ci « s’[était] rendu si antipathique auprès de tous qu’ [il] ne regretterai[t] pas beaucoup de se débarrasser de lui ». Pendant l’hiver de 1794, tandis que Cartwright s’efforçait d’entraver la construction du navire rival, Richardson se rendit à Montréal où il fit, selon les termes de Cartwright, des « tentatives insidieuses » pour obtenir une part des marchés de la North West Company. Il n’y parvint pas, mais cela n’empêcha pas ses associés et lui-même de lancer le Kingston Packet en 1795. Par la suite, Richardson profita de sa situation de copropriétaire du Packet et d’ex-officier de la marine provinciale pour soumettre, en vue d’obtenir des terres, une série de requêtes dont la plupart furent satisfaites. Des terres lui furent notamment concédées à Kingston, sur les rives du lac Ontario, à York (Toronto) et à Newcastle (Presqu’ile Point).

Après le naufrage du Packet, survenu probablement en 1801, la carrière de Richardson prit temporairement une nouvelle orientation. Au début des années 1800, il importait des marchandises des États-Unis et s’établit, semble-t-il, comme marchand et meunier. L’insuccès qu’il connut le poussa à se réconcilier avec Cartwright en 1808, et il prit le commandement d’un sloop appartenant à celui-ci, l’Elizabeth. Plus tard, il devint capitaine du Governor Simcoe, navire de plus grandes dimensions dont étaient propriétaires nombre des hommes originellement associés au Lady Dorchester.

Ce fut à la barre du Simcoe que Richardson servit pendant les premières phases de la guerre de 1812. Le 12 octobre de cette année-là, soit la veille de la bataille de Queenston Heights, il livra une cargaison de poudre à canon à Niagara ; plus tard, avec des prisonniers à son bord, il apporta à York la nouvelle de la mort du major général sir Isaac Brock*. À peine un mois après, le Simcoe entrait dans le port de Kingston en doublant la flotte américaine. Bien que piloté avec adresse, il avait été touché par les boulets ennemis et coula pratiquement au quai. Au printemps de 1813, on intégra le Simcoe à la flotte du commodore sir James Lucas Yeo*, et Richardson fut engagé comme capitaine du navire. Il fut libéré à l’automne.

Peu après, Richardson se rétablit comme marchand à Kingston et s’associa à son gendre James Lyons. Il allait gérer son commerce seul ou en société avec son fils Robert avant de le fermer en 1818. Pendant les années d’après-guerre, il quitta Kingston pour s’établir près de Presqu’ile Point, où il commença à mettre en valeur les terres qu’il avait accumulées 20 ans plus tôt. Dès juillet 1816, Richardson annonçait la mise en vente d’un quai et d’un grand entrepôt situés au bord de l’eau dans le canton de Cramahe. Son fils James* était receveur des douanes à Presqu’ile Point (il devint par la suite évêque méthodiste), et James Lyons fut élu député de la circonscription en 1824.

Cependant, avant de se retirer sur ses terres, Richardson commanda un autre navire. Le 9 mai 1818, moins d’un an après que le Frontenac (le premier vapeur de fabrication canadienne qui sillonna les Grands Lacs) eut été mis en service sur le lac Ontario [V. James McKenzie], le Charlotte se mit à parcourir le haut Saint-Laurent et la baie de Quinte ; : Pendant ses tout premiers voyages, ce fut Richardson qui tint le gouvernail. Toutefois, il ne termina pas la première saison, peut-être en raison d’une attaque qu’il subit à peu près à ce moment et qui l’affaiblit beaucoup.

James Richardson était un généreux bienfaiteur et un marguillier controversé de la congrégation anglicane de Kingston. Quand, en 1795, il émit l’idée assez radicale d’abolir la location des bancs d’église, le révérend John Stuart*, furieux, le décrivit comme un « petit capitaine au long cours fanfaron », « un homme turbulent et ambitieux [...] qui voul[ait] mettre son pouvoir et son influence à l’épreuve ». Turbulent et ambitieux, Richardson l’était certainement, et il avait même tendance à se montrer mesquin. Ainsi, les assises du district de Midland l’avaient jugé coupable de voies de fait à deux reprises. Et pourtant Cartwright, un an après avoir été « débarrassé de lui », disait de ses successeurs qu’ils étaient « dans une large mesure dépourvus de cette énergie, ou peut-être de cette violence de tempérament grâce à laquelle [Richardson] obtenait de ceux qui étaient sous ses ordres qu’ils fassent mieux leur travail ». À compter de l’apparition de l’entreprise privée au bord des lacs Ontario et Érié jusqu’aux premières années de la navigation à vapeur, ces qualités firent de Richardson l’un des capitaines les plus recherchés du lac Ontario, même s’il n’était sûrement pas le plus aimé.

Walter Lewis

AO, MU 500, Richard Cartwright, letter-book, 1793–1796 ; MU 2099, 1795, no 10 (annonce tirée du Quebec Times, date non disponible.— APC, RG 1, L3, 423 : R1/30, 59 ; R3/5, 32, 60 ; 424 : 84/14 ; 425 : R7/22 ; 446 : R misc., 1793–1840/37 ; RG 8, I (C sér.), 723 : 27, 144–146 ; 740 : 15 ; 741 : 5 ; RG 16, A1, 133.— Northumberland East Land Registry Office (Colborne, Ontario), Brighton Township, abstract index to deeds, broken concession, lot 1 ; concession 1, lot 1 (mfm aux AO).— QUA, Richard Cartwright papers, letter-books, 1798–1801 (transcriptions aux AO).— James Crooks, « Recollections of the War of 1812 », Women’s Canadian Hist. Soc. of Toronto, Trans. (Toronto), nº 13 (1913–1914) : 16.— « District of Mecklenburg (Kingston) : Court of Common Pleas », AO Report, 1917 : 192.— Kingston before War of 1812 (Preston).— Parish reg. of Kingston (Young).— James Richardson [jr], « Incidents in the early history of the settlements in the vicinity of Lake Ontario », Women’s Canadian Hist. Soc. of Toronto, Trans., nº 15 (1915–1916) : 13–38.— « U.C. land book C », AO Report, 1931 : 64.— Christian Guardian, 26 sept. 1832.— Kingston Gazette, 17 nov. 1812, 4 déc. 1813, 18 mars, 20 juill. 1816, 27 nov. 1817, 12 mai 1818.— La Gazette de Montréal, 12 oct. 1795.— La Gazette de Québec, 26 févr. 1795.— Upper Canada Gazette, 19 juin 1817.— Legislators and legislatures of Ontario : a reference guide, Debra Forman, compil. (3 vol., [Toronto, 1984]), 1.— K. M. Bindon, « Kingston : a social history, 1785–1830 » (thèse de {{ph.d}}., Queen’s Univ., Kingston, Ontario, 1979).— Canniff, Hist. of the settlement of U.C.Centennial of the incorporation of the village of Brighton, 1859–1959 (s.l.n.d.).— Scadding, Toronto of old (1873).— C. P. Stacey, « The defence of Upper Canada, 1812 », The defended border : Upper Canada and the War of 1812 [...], Morris Zaslow et W. B. Tumer, édit. (Toronto, 1964), 11–20.— W. M Tobey, The history of Brighton, Ontario, W. M. Sprung et Barbara Nyland, édit. ([Kingston], 1975).— Thomas Webster, Life of Rev. James Richardson, a bishop of the Methodist Episcopal Church in Canada (Toronto, 1876).— Wilson, Enterprises of Robert Hamilton.— E. A. Cruikshank, « Notes on the history of shipbuilding and navigation on Lake Ontario up to the time of the launching of the steamship Frontenac, at Ernesttown, Ontario, 7th September, 1816 », OH, 23 (1926) : 33–44.— C. P. Stacey, « The ships of the British squadron on Lake Ontario, 1812–14 », CHR, 34 (1953) : 311–323.

Bibliographie générale

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Walter Lewis, « RICHARDSON, JAMES (mort en 1832) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 24 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/richardson_james_1832_6F.html.

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Auteur de l'article:   Walter Lewis
Titre de l'article:   RICHARDSON, JAMES (mort en 1832)
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1987
Année de la révision:   1987
Date de consultation:   24 avril 2014