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RÉMY (Rémy de Saint-Rémy), PIERRE, sulpicien, premier prêtre à recevoir l’ordination à Montréal, supérieur ecclésiastique des sœurs de la congrégation de Notre-Dame, économe du séminaire de Saint-Sulpice à Montréal, curé de Notre-Dame de Montréal et de Lachine, missionnaire à Sainte-Anne, aumônier et supérieur ecclésiastique de l’Hôtel-Dieu de Montréal, instituteur, procureur du séminaire de Montréal ; né en 1636, dans la paroisse de Saint-Sauveur à Paris, fils de Michel Rémy, conseiller du roi et « payeur de la gendarmerie de France » et d’Élisabeth Le Moyne ; décédé le 24 février 1726, à Montréal.

Entré au séminaire de Saint-Sulpice à Paris le 14 juillet 1666, Rémy y poursuivit ses études jusqu’à son départ pour la Nouvelle-France en 1672 ; il était alors sous-diacre. Pendant les quatre premières années qu’il passa dans la colonie, il enseigna à l’école des garçons de Montréal et occupa la charge d’économe au séminaire. En octobre 1674, il fut condamné successivement à M et 50# d’amende pour avoir refusé de comparaître dans l’affaire Salignac* de La Mothe-Fénelon. Mgr François de Laval l’ordonna prêtre à l’Hôtel-Dieu de Montréal en mai 1676 ; il accepta par la suite la fonction de supérieur ecclésiastique des sœurs de la congrégation de Notre-Dame. En juillet 1680, il fut nommé curé de Notre-Dame de Montréal et, en novembre de la même année, on lui confiait la paroisse de Lachine, à laquelle se rattachait la mission de Sainte-Anne. La première tâche importante qui l’attendait à Lachine consistait à remettre de l’ordre dans les registres paroissiaux où régnait une confusion inouïe. Après avoir vécu dans un moulin pendant un certain temps, il proposa, en 1685, de construire un presbytère, assumant lui-même les premiers frais. Deux ans plus tard, il prenait un pensionnaire, Jean-Baptiste Pottier, qui remplit par la suite différentes fonctions pour la paroisse : chantre, instituteur, notaire et secrétaire paroissial.

En 1688, Pierre Rémy était nommé aumônier de l’Hôtel-Dieu de Montréal. Après le massacre de Lachine en août 1689, il se chargea de placer chez les religieuses de la congrégation de Notre-Dame à Montréal un grand nombre des enfants dont les parents avaient été tués par les Indiens. Cinq ans plus tard, il convainquit les religieuses de rouvrir leur couvent de Lachine. Rémy accepta le poste de supérieur ecclésiastique de l’Hôtel-Dieu de Montréal en 1691. Quand il réintégra sa cure, en octobre 1692, il avait réussi à faire réduire d’une façon appréciable le nombre des tavernes à Montréal.

Rémy accorda par la suite toute son attention à la rédaction d’un catéchisme abrégé qui servirait à préparer les enfants à leur première communion ; il recopia aussi des dictionnaires de langues algonquine et illinoise à l’intention des jeunes missionnaires. En 1703, il abandonna sa charge à la mission de Sainte-Anne et, en juin 1705, il décida de donner sa démission comme curé de Lachine et de se retirer au séminaire de Montréal. Toutefois il ne devait jouir que de quelques semaines de repos : les Sulpiciens n’étaient pas assez nombreux dans la colonie et François Vachon de Belmont, supérieur du séminaire de Montréal, le désigna de nouveau à la cure de Lachine, le 17 juillet. Dans les années qui suivirent, Rémy et beaucoup d’autres curés eurent bien du mal à se faire payer la dîme et à la fin ils firent appel à l’intendant Jacques Raudot afin qu’il publie une ordonnance à ce sujet.

Rémy occupa la charge de curé de Lachine jusqu’au 29 septembre 1706 ; il installa alors son successeur, Louis-Michel de Vilermaula*, mais demeura une autre année à Lachine, secondant le nouveau curé dans son ministère et le,.remplaçant à l’occasion quand il allait à Montréal. Toutefois l’âge avait grandement affaibli Rémy ; il pouvait à peine élever le calice durant le saint office. Il retourna finalement au séminaire de Montréal où, jusqu’à sa mort, il remplit la fonction de procureur de la Compagnie ; il mourut à l’âge de 90 ans après 51 ans de vie sacerdotale.

Pierre Rémy a mené une vie toute de dévouement et de courage. Fils d’un conseiller de Paris, il a sacrifié une existence facile pour une vie de luttes et de labeurs dans une colonie reculée, sur les bords du lac Saint-Louis. Ses supérieurs, tant à Montréal qu’à Paris, le tenaient en haute estime et ses paroissiens avaient pour lui beaucoup de vénération et de respect.

C. J. Russ

ASSM, Biographies : Pierre Rémy ; Correspondance générale, 2e partie, lettres de M. Tronson.— Jug. et délib., I : 862, 866, 867.— Henri Gauthier, La Compagnie de Saint-Sulpice au Canada (Montréal, 1912), 84, 100, 107, 112, 113, 116, 119, 121, 126 ; Sulpitiana (Montréal, 1926), 253s.— Eccles, Frontenac, 68s.

Bibliographie générale

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C. J. Russ, « RÉMY, PIERRE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 18 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/remy_pierre_2F.html.

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Auteur de l'article:   C. J. Russ
Titre de l'article:   RÉMY, PIERRE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1969
Année de la révision:   1969
Date de consultation:   18 septembre 2014