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MORENZ, Howard William (à sa naissance, il reçut les prénoms de William F. ; aussi connu sous le prénom de Howie), opérateur, joueur de hockey et représentant commercial, né le 21 septembre 1902 à Mitchell (West Perth, Ontario), fils de William Frederick Morenz, commis, et de Rose Pauli ; le 21 juin 1926, il épousa à Montréal Mary McKay, et ils eurent une fille et deux fils ; décédé le 8 mars 1937 à Montréal.

Benjamin d’une famille de six enfants, Howard William Morenz fréquenta l’école publique primaire située près de sa maison, dans sa ville natale. Il commença à jouer au hockey pendant son enfance et, dès l’âge de dix ans, il battait son frère aîné à des courses de patin. Il développait alors la puissance et la vitesse de ses coups de patin, style qui ferait sa renommée. Quelques années plus tard, le père de Howard, désormais employé de l’atelier de réparations du Grand Tronc, installa sa famille dans une ville voisine, Stratford. Pour aider les siens, Howard délaissa ses études et travailla dans l’atelier, comme apprenti opérateur. De 1919 à 1922, il joua pour les Midgets de Stratford, dans l’Ontario Hockey Association Junior A, où sa performance fut remarquable : pendant la saison 1921–1922, il totalisa 23 points en quatre rencontres. Cette année-là, Howie fit aussi simultanément partie des Indians de Stratford, dans l’Ontario Hockey Association Senior A, et de l’équipe locale de l’atelier du Grand Tronc. Surnommé « le météore de Mitchell » et « l’éclair de Stratford », il mena les trois clubs aux championnats.

En 1923, au cours d’un match entre deux équipes de la Canadian National Railway Company (autrefois le Grand Tronc), celle de Montréal et celle de Stratford, Morenz fut remarqué par Léo Dandurand, copropriétaire et entraîneur du club de hockey Canadien de la Ligue nationale de hockey. Ce dernier l’engagea en soutenant que le Canadien avait la priorité sur les joueurs canadiens-français et que, puisque ses grands-parents étaient d’origine suisse (c’était un mythe : ils étaient en fait d’origine allemande), Howie devait être considéré comme canadien-français. Howie passa ainsi sous le nez de l’équipe locale, les St Patricks de Toronto. Dandurand lui offrit un contrat annuel de 2 500 $, accompagné d’un montant de 850 $ pour lui permettre de payer ses dettes. Excessif dans la vie comme sur la patinoire, Morenz était en effet dépensier. Pour cette raison, il accepta l’offre du Canadien ; son père signa le contrat le 7 juillet 1923. Mais Morenz fut soudainement la proie des remords : il s’inquiétait de son image s’il jouait pour une équipe professionnelle et il hésitait à quitter sa famille. Inflexible, Dandurand l’obligea à respecter son contrat. Morenz, joueur de centre, compta son premier but dans la Ligue nationale de hockey le 26 décembre 1923.

Tout comme la majorité des joueurs professionnels de son époque, Morenz devait travailler durant l’été pour recevoir un salaire d’appoint. Il trouva un emploi au King’s Park Racetrack, puis il représenta la compagnie de tabac Benson and Hedges dans des campagnes publicitaires (personnellement, il n’aimait pas la cigarette, mais fumait la pipe). Tout au long de sa carrière, à titre de membre de la franc-maçonnerie, il s’occupa aussi d’œuvres de charité ; il aida de plus sa famille et sa belle-famille à Stratford.

À l’hiver de 1924, le Canadien remporta la coupe Stanley. Morenz, qui en était à sa première année avec l’équipe, contribua à cette victoire en marquant sept buts en six parties durant les éliminatoires. Cette saison-là, Aurèle Joliat et lui furent les vedettes et devinrent de grands amis. Il fallut attendre jusqu’en 1930 pour revoir le Canadien participer à la série finale, ce qui n’empêcha pas Morenz de figurer parmi les meilleurs marqueurs. Il atteignit le premier rang en 1927–1928 (33 buts, 51 points) et en 1930–1931 (28 buts, 51 points). En 1928, il fut le premier de la ligue à accumuler 50 points en une seule saison. Il fut aussi le premier à obtenir trois fois le trophée Hart, remis au joueur le plus utile à son équipe en saison régulière : en 1928, 1931 et 1932. En gagnant la finale qu’il disputa aux Bruins de Boston, le Canadien renoua avec le succès en 1930. Il conserva son titre l’année suivante, où Morenz marqua le but vainqueur contre les Blackhawks (orthographié à tort en deux mots, Black Hawks, jusqu’en 1986) de Chicago.

Par son style de jeu, Morenz attirait les foules. Il déstabilisait les joueurs de l’équipe adverse en changeant de direction au dernier instant. Les mises en échec ne l’arrêtaient pas ; les collisions simultanées avec deux défenseurs ne ralentissaient pas non plus sa montée vers le filet. Il maîtrisait l’art de la feinte, anticipait le jeu et était sans contredit le hockeyeur le plus rapide. Il suscitait tant d’intérêt qu’il contribua à l’expansion de la Ligue nationale de hockey. En effet, ses prouesses avaient convaincu George Lewis (Tex) Rickard, un associé et ami de Dandurand, d’ajouter une patinoire au nouvel édifice du Madison Square Garden à New York et d’acheter les Tigers de Hamilton, qui devinrent les Americans de New York. Rickard insista pour que le Canadien, et surtout Morenz, participent au match d’ouverture le 15 décembre 1925. Parce qu’il était l’un des joueurs dominants de la ligue, il fut alors surnommé « le Babe Ruth du hockey ».

Après la coupe de 1931, la puissance du tricolore commença à décliner, tout comme celle de Morenz, que les blessures affaiblissaient et dont les performances décevaient au point où, parfois, la foule le huait. De plus, Edward Cyril (Newsy) Lalonde*, nouvel entraîneur de l’équipe, ne s’entendait pas avec lui. Le 3 octobre 1934, Morenz passa aux Blackhawks, où il n’obtint pas plus de succès. Ces derniers le cédèrent aux Rangers de New York le 26 janvier 1936. Il y compta seulement deux buts en 19 parties, puis revint avec le club de hockey Canadien le 1er septembre 1936. Ce retour lui fit le plus grand bien : il renoua avec la foule et accumula 20 points en 30 parties.

Le 28 janvier 1937, dans un match contre les Blackhawks au Forum de Montréal, Morenz se rendit dans un coin de la patinoire pour prendre la rondelle et son patin se coinça dans la bande. Le défenseur de Chicago, Earl Seibert, qui était déjà emporté par son élan, lui infligea une mise en échec et tomba sur lui. Morenz eut alors la jambe gauche fracturée en plusieurs endroits. Il subit une opération chirurgicale et fut gardé à l’hôpital Saint-Luc, où sa chambre devint un lieu incroyable de va-et-vient. Sa saison était terminée et, fort probablement, sa carrière aussi.

Morenz était cependant encore obsédé par le hockey et la victoire. À la suite d’une partie, il passait parfois des nuits entières à revoir ses jeux, à s’infliger le blâme pour la défaite et à se demander ce qu’il pouvait améliorer. À l’hôpital, où il pensait avec angoisse à son retour, il fit une dépression nerveuse. Le 8 mars 1937, des médecins qui avaient découvert des caillots de sang dans sa jambe décidèrent qu’ils l’opéreraient le lendemain matin. Mais Morenz mourut d’une crise cardiaque à onze heures trente du soir, des caillots de sang s’étant rendus jusqu’à son cœur. Il fut exposé au Forum, où près de 200 000 personnes circulèrent devant son cercueil ; environ 15 000 personnes assistèrent à ses funérailles, célébrées au même endroit.

Au début de la saison suivante, des hommes d’affaires et des personnalités du milieu du hockey organisèrent une soirée-bénéfice afin de venir en aide à la famille Morenz. Le 2 novembre eut lieu une partie de hockey qui opposait les meilleurs joueurs des équipes montréalaises du Canadien et des Maroons à ceux des autres organisations de la ligue. À la suite du match, le chandail de Howie fut vendu aux enchères pour 500 $. Joseph Cattarinich, ancien gardien et ex-propriétaire du Canadien qui en fit alors l’acquisition, le remit à Howard Raymond, un des fils du hockeyeur disparu. Le numéro 7, qu’avait porté Morenz pendant 12 saisons, fut retiré à jamais ce soir-là, une première dans la Ligue nationale de hockey. Au total, plus de 20 000 $ furent placés dans une fiducie, dont les intérêts contribueraient à assurer l’avenir de la famille Morenz.

En 1945, à la création du Temple de la renommée du hockey, Howard William Morenz figurait parmi les 12 premiers joueurs à y être intronisés. Malgré le fait qu’il ne parlait pas français, il fut reconnu comme l’une des grandes vedettes du club de hockey Canadien et maintint la popularité du surnom « flying frenchmen », qui collait à l’équipe depuis deux décennies. Succédant aux Jean-Baptiste (Jack) Laviolette, Didier Pitre, Georges Vézina* et Lalonde, Morenz et son ami Joliat furent les dernières vedettes avant l’arrivée de Maurice Richard*, dit le Rocket. Au terme de sa carrière, Morenz avait marqué 270 buts en 550 parties. Il se trouva dix fois parmi les dix meilleurs compteurs de la Ligue nationale de hockey. Son fils Howard Raymond joua dans la ligue de hockey senior au Québec et fut professionnel aux États-Unis. Sa fille Marlene Mary épousa Bernard (Boum Boum) Geoffrion*. Leur fils Daniel (Danny) joua pour le tricolore en 1979–1980 et leur petit-fils Blake fit de même pendant la saison 2011–2012, devenant ainsi le représentant d’une quatrième génération de sa famille à jouer pour le club de hockey Canadien.

Michel Vigneault

Nous remercions Howard Raymond Morenz et Howard G. Morenz pour leur précieuse collaboration.

AO, RG 80-2-0-558, n34010.— BAnQ-Q, E8, S8, 1926–112855.— Le Devoir, 3, 27 nov. 1937.— Gazette (Montréal), 9 mars, 3 nov. 1937.— La Presse, 9 mars 1937.— Pierre Bruneau et Léandre Normand, la Glorieuse Histoire des Canadiens (Montréal, 2003).— Stan Fischler, Hockey’s 100 : a personal ranking of the best players in hockey history (New York, 1984).— Charles Mayer, l’Épopée des Canadiens de Georges Vézina à Maurice Richard : 46 ans d’histoire, 1909–1955 (Montréal, 1956).— Michael McKinley, Hockey : la fierté d’un peuple, Richard Dubois, trad. (Saint-Laurent [Montréal], 2006).— Claude Mouton, les Canadiens de Montréal : une dynastie du hockey (Toronto, 1981) ; Toute l’histoire illustre et merveilleuse du Canadien de Montréal (Montréal, 1986).— Ontario, Ministry of Culture and Recreation, Heritage administration branch, Historical sketches of Ontario ([Toronto], 1975), 32–34.— Maurice Richard et Stan Fischler, les Canadiens sont là ! : la plus grande dynastie du hockey, Louis Rémillard, trad. (Scarborough [Toronto], 1971).— Dean Robinson, Howie Morenz : hockey’s first superstar (Erin, Ontario, 1982).— Total hockey : the official encyclopedia of the National Hockey League, Dan Diamond et al., édit. (New York, 1998).

Bibliographie générale

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Michel Vigneault, « MORENZ, HOWARD WILLIAM (William F., Howie) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 oct. 2017, http://www.biographi.ca/fr/bio/morenz_howard_william_16F.html.

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Auteur de l'article:   Michel Vigneault
Titre de l'article:   MORENZ, HOWARD WILLIAM (William F., Howie)
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   2015
Année de la révision:   2015
Date de consultation:   20 octobre 2017