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McKELLAR, JOHN, prospecteur, homme d’affaires et homme politique, né le 10 juin 1833 dans le canton de Mosa, district de London, Haut-Canada, fils aîné de Duncan McKellar et de Margaret Brodie ; décédé célibataire le 3 février 1900 à Fort William (Thunder Bay, Ontario).

John McKellar passa son enfance dans le canton de Mosa, une région presque sauvage avant la construction du Great Western Railway. Comme il n’y avait pas d’école, John reçut toute sa formation de ses parents ; ceux-ci, immigrants de l’Argyllshire, en Écosse, lui transmirent également un sens profond de la famille. En écoutant le récit des voyages de son père au lac Supérieur en 1839–1840, John s’enthousiasma pour l’exploration minière. À 20 ans, il partit pour le Nord avec son père et son frère Peter. Puis, en 1855, toute la famille alla s’établir à Ontonagon, dans la région du nord du Michigan où l’on trouvait des gisements de cuivre. La guerre de Sécession devait toutefois poser quelques problèmes à cette famille canadienne dont quatre fils étaient d’âge militaire, et la recherche de cuivre sur la rive nord du lac Supérieur prit soudain un attrait irrésistible. Une fois encore, en 1863, John, Peter et leur père partirent pour de nouvelles contrées. En moins de cinq ans, tous les autres membres de la famille les avaient rejoints. En 1866, les concessions minières des McKellar s’étendaient sur 6 000 acres. De plus, malgré l’opposition de la Hudson’s Bay Company, John réussit, avec l’appui de son cousin Archibald McKellar, député de la circonscription de Kent, à obtenir une ferme de 175 acres sur la rivière Kaministikwia. C’est là que fut construite en 1868 la maison dans laquelle John McKellar allait passer le reste de sa vie ; c’est également là que devait s’ériger, pendant cette période, ce qui allait devenir le centre-ville de Fort William.

Les frères McKellar (John, Peter et Donald) avaient formé la McKellar Brothers presque dès leur arrivée au nord du lac Supérieur, et le nombre de gisements de cuivre, d’argent, d’or et de plomb qu’ils découvrirent et exploitèrent est impressionnant. On y compte les mines Caribou et Arctic, près de la baie Black, la mine du cap Victoria dans la baie Jackfish, et la mine de cuivre de Little Pic, ouvertes respectivement en 1872, 1873 et 1875. Lorsque ces propriétés offraient un bon rendement, ils les vendaient, le plus souvent à des Américains. Tous les frères McKellar étaient sérieusement engagés dans l’exploration et la promotion minières ; c’est à John, ainsi qu’à Donald, qu’on attribue la découverte de barytine dans l’île McKellar (près de Cloud Bay), de gisements de zinc près de McKay’s Harbour (Rossport) et de minerai de fer à Atikokan.

Dans les années 1870, John McKellar était surtout connu dans la région comme explorateur minier, mais après la mort de son père, en 1875, il devint le principal représentant des intérêts de la famille et, relativement sédentaire, s’identifia de plus en plus au milieu dans lequel il vivait. Fidèle presbytérien de l’église St Andrew, il manifesta aussi un soutien loyal au parti libéral. De 1873 jusqu’à sa démission pour raison de santé à la fin de 1898, il représenta ses concitoyens à des postes électifs dans divers organismes municipaux. Il fit d’abord partie du conseil de la municipalité de Shuniah, érigée en 1873 et qui regroupait tous les cantons dont on avait fait le levé dans le voisinage de la baie Thunder, de même que le seul village, Prince Arthur’s Landing, devenu plus tard Port Arthur, avant de faire partie de Thunder Bay. Comme les habitants de la Kaministikwia n’avaient pas du tout les mêmes intérêts que ceux du village, McKellar se fit le porte-parole assidu des riverains. On disait même que Thomas Marks et lui faisaient chacun leur pèlerinage annuel à Ottawa pour s’assurer que l’autre n’obtienne pas de faveurs. En 1881, le canton de Neebing, où se trouvait ce qu’on appelait le quartier McKellar, se retira de Shuniah. Port Arthur fit de même trois ans plus tard, au moment de son érection en municipalité, et Marks en devint le premier maire.

Les relations difficiles entre les collectivités voisines ne cessèrent pas pour autant. C’est McKellar qui, à titre de chef d’une puissante famille de la région, négocia dans les années 1880 la vente d’une partie de sa ferme à la Compagnie du chemin de fer canadien du Pacifique, préparant ainsi la voie aux investissements de la compagnie dans des élévateurs, des entrepôts et des quais à charbon qui donnaient sur la rivière. Finalement, en 1891, la compagnie décida de faire de Fort William le centre d’une division et d’y construire ses ateliers. McKellar, alors président du conseil de Neebing, vit donc la valeur des propriétés locales monter rapidement. Furieux, le conseil municipal de Port Arthur mit tous ses espoirs dans un projet de tramway électrique qui assurerait la survie du centre-ville en fournissant un moyen de transport vers les nouveaux emplois créés dans le quartier McKellar. Pour combattre ce projet, ou pour le tourner à l’avantage de ses concitoyens, McKellar mena campagne pour l’érection de Fort William en municipalité. Élu premier maire de cette ville en 1892, il conserva ce poste pendant plus de six ans.

À sa mort en 1900, John McKellar léguait tous ses biens à ses deux frères survivants. Deux ans plus tard, sa sœur Mary posa la première pierre du John McKellar Memorial Hospital, construit sur un terrain donné par la famille. Pour certains des habitants de la localité pionnière, McKellar symbolisait déjà une victoire dans l’éternel conflit avec Port Arthur. Peter McKellar, cependant, voyait les réalisations de son frère d’un œil un peu différent ; capable de s’élever au-dessus des soucis financiers de sa jeunesse, il avait, disait-il, contribué au développement et à la prospérité de l’ensemble du district, puis à l’établissement de la ville de Fort William. La famille et la collectivité – et John McKellar avait tendance à confondre les deux – le voyaient comme un personnage imposant qui avait défié les éléments et, à ses débuts, le pouvoir des magnats de la fourrure. Comme le rappela Harry Sellers, un collègue du premier conseil municipal de Fort William, McKellar remplissait alors, outre ses fonctions électives, un rôle non officiel de magistrat. C’est lui qui, disait-il lui-même, réglait les différends locaux avant que « les pasteurs et les avocats [ne viennent] vivre parmi [eux] ».

Elizabeth Arthur

Les sources concernant John McKellar sont fragmentaires et se trouvent pour la plupart chez des particuliers. Des articles choisis qui sont en la possession des descendants de deux de ses sœurs, notamment divers papiers d’affaires, des entrevues avec des membres de la famille et des copies des journaux de Peter McKellar, ont été photocopiés et constituent une partie de la collection de la Thunder Bay Hist. Museum Soc. (Thunder Bay, Ontario). Les lettres de Peter McKellar, déposées aux Lakehead Univ. Library Arch. (Thunder Bay), 271, concernent surtout ses expériences à la Commission géologique du Canada, dont John ne fait pas partie. Sauf la correspondance officielle et stérile de John McKellar à titre de maire, aucune de ses lettres n’a été retrouvée. Les journaux locaux consultés (cités ci-dessous) sont extrêmement partiaux et doivent êtres utilisés avec prudence.  [e. a.]

AN, MG 28, III 20.— City of Thunder Bay Records Centre and Arch. (Thunder Bay), Towns of Port Arthur and Fort William [Thunder Bay], council minutes.— Ontario, Dept. of Crown Lands, Report (Toronto).— Thunder Bay district, 1821–1892 : a collection of documents, introd. de [M.] E. Arthur, éd. (Toronto, 1973).— Daily Sentinel (Prince Arthur’s Landing, plus tard Port Arthur [Thunder Bay]), 22 févr. 1882–29 avril 1893.— Daily Times-Journal (Fort William), 1899–1902.— Fort William Journal, 1887–1899.— Weekly Herald and Algoma Miner (Port Arthur), 1882–1899.— Weekly Sentinel (Port Arthur), 29 juill. 1875–27 déc. 1895.— E. M. Henderson, The McKellar story ; McKellar pioneers in Lake Superior’s mineral country, 1839 to 1929 (Thunder Bay, 1981).— Harry Sellers, « Some reminiscences of early days in Fort William », Thunder Bay Hist. Soc., Papers (Fort William), 1917 : 19–20.

Bibliographie générale

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Elizabeth Arthur, « McKELLAR, JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 24 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/mckellar_john_12F.html.

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Auteur de l'article:   Elizabeth Arthur
Titre de l'article:   McKELLAR, JOHN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   24 octobre 2014