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MacKenzie, Eliza (Elizabeth) Margaret, institutrice, médecin et infirmière, née le 10 juillet 1879 à Flat River, Île-du-Prince-Édouard, fille de Donald MacKenzie, fermier et forgeron, et de Christina (Christy) McRae ; décédée célibataire le 17 février 1937 au même endroit.

Eliza Margaret MacKenzie vit le jour et grandit dans la région de Belfast, à l’Île-du-Prince-Édouard, où naîtraient plusieurs femmes qui deviendraient médecins à une époque où il y en avait peu. Elle fréquenta d’abord la South Pinette School, puis le Prince of Wales College à Charlottetown, où elle obtint son diplôme de fin d’études en 1895. Elle devint ensuite institutrice, d’abord à Surrey en 1896, puis à North Pinette pendant deux ans, et finalement à South Pinette, dans son école d’origine. Beaucoup de femmes travaillaient comme enseignantes avant de se marier ; Mlle MacKenzie avait cependant d’autres aspirations et économisait peut-être de l’argent afin de les réaliser. En 1900, elle s’inscrivit à l’école de médecine de la Dalhousie University à Halifax.

L’école avait été fondée en 1868, mais n’accepta sa première étudiante qu’en 1888. Les pionnières dans le domaine de la médecine étaient souvent confrontées à une forte opposition quand elles entreprenaient leurs études. Toutefois, on ne peut que présumer que Mlle MacKenzie vécut une telle situation, car elle ne laissa aucun compte rendu de ses expériences. Quelles qu’aient été les difficultés surmontées ou non, elle devint, au printemps de 1904, la première femme de l’Île-du-Prince-Édouard diplômée de l’école de médecine de la Dalhousie University. Elle fut l’une des quatre femmes à recevoir un doctorat en médecine cette année-là. Elle rentra chez elle après l’obtention de son grade.

Dans la province, le Medical Council of Prince Edward Island était l’organisme responsable, à l’époque, de la délivrance des permis aux médecins. Il semble que des examens furent organisés en juillet et en octobre 1904, mais aucun document ne mentionne que Mlle MacKenzie fut présente ou reçue à l’une ou l’autre de ces épreuves, et elle ne fut pas inscrite auprès du conseil avant 1906. Le Guardian de Charlottetown du 29 novembre 1904 annonça toutefois : « Charlottetown sera bientôt fière d’[avoir] une femme médecin. Dr Eliza MacKenzie de Flat River […] a l’intention d’ouvrir dans quelques jours un cabinet dans cette ville. » Mlle MacKenzie devint ainsi la première femme à pratiquer la médecine à Charlottetown, plus de 20 ans après que la première femme médecin en Nouvelle-Écosse, Maria Louisa Angwin*, eut obtenu le droit d’exercer à Halifax. À l’aide de « cartes professionnelles » publiées dans divers journaux locaux au cours des quelques mois suivants, Mlle MacKenzie fit de la publicité pour sa spécialisation dans les maladies touchant les femmes et les enfants. Les femmes médecins de l’époque choisissaient fréquemment ce domaine. Il n’était pas étonnant non plus que Mlle MacKenzie ait commencé à traiter des patients avant d’avoir obtenu une licence, comme l’avaient fait d’autres femmes médecins canadiennes, notamment Emily Howard Stowe [Jennings*], Charlotte Ross [Whitehead*], Amelia Yeomans [Le Sueur*] et Elizabeth Beckett Matheson [Scott*]. En portant son attention sur les femmes et les enfants, Mlle MacKenzie avait plus de chances d’être acceptée en tant que médecin dans l’île, où une société conservatrice aurait désapprouvé le fait qu’une jeune femme célibataire réponde aux besoins médicaux de la population masculine. On ne sait pas au juste combien de temps elle exerça à Charlottetown, ni pourquoi elle arrêta. Gladys Enid Johnson MacLeod, auteure et médecin, suggérerait que Mlle MacKenzie, « intelligente, mais peut-être trop belle, trouva apparemment difficile de faire face et de s’adapter à la compétition et à l’attitude des gens de l’époque à l’égard des femmes médecins à Charlottetown ».

Il semble que Mlle MacKenzie avait déjà quitté son cabinet en juin 1911. Au moment du recensement canadien effectué dans l’île ce mois-là, elle vivait avec ses parents dans la région de Flat River. Elle ne tarda pas à réorienter ses objectifs et commença des études à la St Luke’s Hospital Training School for Nurses à New York, où elle obtint un diplôme en 1913. Ensuite, elle travailla peut-être comme infirmière au St Luke’s Hospital, bien que, selon des documents ultérieurs, elle donna des soins infirmiers privés pendant quelque temps. Elle demeura sur la « liste des membres actifs » de l’Alumnae Association of the St Luke’s Hospital Training School for Nurses jusqu’à sa mort. Mlle MacKenzie ne laissa aucune explication quant aux raisons qui l’amenèrent à se tourner vers la profession infirmière, quand tant d’autres femmes médecins canadiennes partaient s’installer aux États-Unis où elles ouvraient, dans des conditions plus agréables, des cabinets qui prospéraient. On peut seulement présumer qu’elle avait perdu son désir de continuer dans la profession à cause de ses expériences à Charlottetown.

Mlle MacKenzie résida apparemment à New York jusqu’au moment où, comme beaucoup de femmes ayant une formation médicale, elle s’engagea dans les forces armées durant la Première Guerre mondiale et travailla comme infirmière militaire outre-mer. Elle s’enrôla d’abord dans la Queen Alexandra’s Imperial Military Nursing Service Reserve, unité britannique, en février 1917, et fut ensuite postée en Angleterre, puis en France. Elle se joignit au Corps de santé de l’armée canadienne le 25 février 1918 et servit en Angleterre toute l’année suivante. En mauvaise santé, elle fut renvoyée par bateau à Halifax au printemps de 1919. Atteinte de tuberculose pulmonaire, elle fut réformée en août, puis envoyée au Nova Scotia Sanatorium à Kentville pour un séjour de six mois.

Après une courte période de convalescence passée auprès de sa famille, Eliza Margaret MacKenzie retourna à New York, où elle reprit ses fonctions d’infirmière. Selon des articles de journaux parus à sa mort, elle fit partie du personnel du St Luke’s Hospital pendant de nombreuses années, mais on ne sait pas exactement quel poste elle occupa. Elle arrêta d’exercer sa profession quand, au début de 1937, elle tomba malade et fut hospitalisée à St Luke’s pendant plusieurs semaines. Malgré le manque de détails sur cette dernière maladie, on peut supposer qu’elle était liée à la tuberculose diagnostiquée auparavant. Sa sœur, Jane Bell MacKenzie, se rendit à New York pour prendre soin d’elle et la ramena finalement à la maison, à Flat River, où elle s’éteignit le 17 février 1937. Dans une province où elle avait lutté pour se faire accepter en tant que médecin, Mlle MacKenzie, appelée « docteur MacKenzie » à sa mort, trouva enfin le respect. Un panégyriste déclara : « Docteur MacKenzie était grandement aimée. C’était un personnage merveilleux, doté d’une intelligence, d’un charme et d’une personnalité hors du commun. On pouvait vraiment dire [qu’elle était] l’un des dons de Dieu au monde. »

Jill MacMicken-Wilson

BAC, Déclarations de recensement du Canada de 1911, Queens, Î.-P.-É., subdist. 43 : 1 ; RG 150, Acc. 1992–93/166, boîte 6968-20.— Foundation of N.Y. State Nurses, Bellevue Alumnae Center for Nursing Hist., MC 32 (St Luke’s Hospital School of Nursing Alumnae Assoc. records, 1890–2009), ser. 4, box 18.— Dalhousie Gazette (Halifax), 14 nov. 1904.— Carlotta Hacker, The indomitable lady doctors (Toronto, 1974).— R. G. Lea, Island medicine : a historical review (Charlottetown, 1984).— [G.] E. J. MacLeod, Petticoat doctors : the first forty years of women in medicine at Dalhousie University (Porter’s Lake, N.-É., 1990).— « Medical women of Prince Edward Island », Saskatoon Women’s Calendar Collective, Herstory : a Canadian women’s calendar (Sidney, C.-B.), 1981 : 12.— R. B. Nichols, « Early women doctors of Nova Scotia », Nova Scotia Medical Bull. (Halifax), 29 (1950) : 14–21.— V. [J.] Strong-Boag, « Canada’s women doctors : feminism constrained », dans A not unreasonable claim : women and reform in Canada, 1880s–1920s, Linda Kealey, édit. (Toronto, 1979), 109–129.— Zonta Club, A century of women (Charlottetown, 1967).

Bibliographie générale

Comment écrire la référence bibliographique de cette biographie

Jill MacMicken-Wilson, « MACKENZIE, ELIZA (ELIZABETH) MARGARET », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 févr. 2017, http://www.biographi.ca/fr/bio/mackenzie_eliza_margaret_16F.html.

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Auteur de l'article:   Jill MacMicken-Wilson
Titre de l'article:   MACKENZIE, ELIZA (ELIZABETH) MARGARET
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   2016
Année de la révision:   2016
Date de consultation:   22 février 2017