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LABRÈCHE-VIGER, LOUIS, journaliste et homme politique, né à Terrebonne en 1824, fils de Louis Labrèche et de Marguerite-Julie Viger, décédé le 27 avril 1872 à Montréal.

Né de parents cultivateurs, Louis Labrèche fit ses études au collège de Montréal, probablement grâce au patronage de Denis-Benjamin Viger*, qui persuada le jeune étudiant de collaborer à l’Aurore des Canadas pendant quelques mois. Soit par reconnaissance, soit par admiration, Louis semble dès lors avoir ajouté à son nom le patronyme de son protecteur. Il passa deux ans au grand séminaire, en sortit pour étudier le droit au bureau de Côme-Séraphin Cherrier*, un autre protégé de Denis-Benjamin Viger, et fut admis au barreau à Montréal le 27 avril 1848.

C’est comme membre du groupe de jeunes de l’Institut canadien que Labrèche-Viger commença à se faire connaître. En 1848, alors que ceux-ci fondèrent l’Association pour le peuplement des Cantons de l’Est, il agit avec Joseph Doutre* comme l’un des deux secrétaires de cette association visant à enrayer le mouvement d’émigration aux États-Unis, consécutif à l’insurrection, et d’ouvrir à la colonisation les territoires peu développés des Cantons de l’Est. Puis il fut journaliste à l’Avenir jusqu’en 1851, et, pendant quelques mois en 1852, rédacteur du Pays. C’est dire qu’il était alors annexionniste et l’un des partisans les plus enthousiastes du libéralisme de l’institut. Plus tard, en 1858, quand l’institut entra en conflit avec Mgr Ignace Bourget*, Louis Labrèche-Viger s’en sépara et rédigea la déclaration des fondateurs de l’Institut canadien-français [V. Cassidy].

Entre-temps, vers 1852, il s’était fait commerçant. Employé, puis associé (en 1854) de l’épicier Ephrem Hudon, il fut également membre de la Trust and Loan Company. Puis il entra de nouveau dans l’arène politique. En 1861, il fut élu à Terrebonne par 30 voix de majorité contre le député sortant Louis-Siméon Morin. Réélu pour le même comté contre le même adversaire en 1863, il se serait rendu célèbre pour n’avoir jamais fait un seul discours en chambre. Cependant il donna constamment l’appui de son vote au parti « rouge ». Il collaborait aussi à l’Ordre, et, de concert avec les rédacteurs de ce journal, il s’opposa à la Confédération. Lors de la célèbre division du 11 mars 1865, il fut l’un des 21 députés canadiens-français à voter contre le projet.

Après 1867, Labrèche-Viger quitta la politique pour s’intéresser de plus en plus à la métallurgie et à l’exploitation des mines de fer de la rivière Moisie. Il fit reconnaître juridiquement une compagnie minière et se passionna pour la recherche du secret de la conversion du fer en acier. Après trois ans d’essais et d’épreuves, il crut l’avoir trouvé et obtint des brevets d’invention au Canada, aux États-Unis, et en Grande-Bretagne. Il voulut aussi exploiter les sables magnétiques de la rivière Moisie, et établit un laboratoire sur les bords de la rivière Saint-Charles près de Québec. Il mourut avant de connaître le résultat de ces expériences.

Louis Labrèche-Viger avait épousé en 1852 une sœur de Toussaint-Antoine-Rodolphe Laflamme*, Caroline, qui lui donna un fils. Selon ses contemporains, il était d’un extérieur agréable, d’une physionomie intelligente et d’un esprit perspicace. Il avait des manières pleines de cordialité et se tenait toujours prêt à rendre service.

Jacques Monet

APC, FM 30, D62 (Papiers Audet), 8, p. 81.— L’Avenir (Montréal), 1848–1849.— L’Opinion publique (Montréal), 16 mai 1872.— Le Pays (Montréal), 1851.— Cornell, Alignment of political groups.— L.-O. David, Les gerbes canadiennes (Montréal, 1921), 43–50.— Monet, Last cannon shot.

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Jacques Monet, « LABRÈCHE-VIGER, LOUIS », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 30 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/labreche_viger_louis_10F.html.

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Auteur de l'article:   Jacques Monet
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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1972
Année de la révision:   1972
Date de consultation:   30 septembre 2014