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KOUTAOILIBOE (Katalouibois, Koutaouileone, Outaouliboy), chef important de la tribu des Outaouais, et qui appartenait au clan kiskakon de Michilliniakinac ; circa 1700–1712.

Aux pourparlers de paix que tinrent Callière et les Iroquois en septembre 1700, Koutaoiliboe représentait les quatre clans de la tribu des Outaouais. Le chef promit fidélité aux Français et demanda avec insistance l’arrêt des hostilités entre les Iroquois et les Indiens de ]’Ouest. Un peu plus tard, le père Joseph-Jacques Marest écrivait de Michillimakinac que Koutaoiliboe était, parmi ses messagers, l’un de ceux en qui il avait le plus confiance. À partir de cette époque jusqu’en 1712, il fut chargé par les Français de porter des messages entre Michillimakinac, Détroit et Montréal.

Après l’affaire Le Pesant, à Détroit, il subsistait beaucoup de rancœur entre les Outaouais et les Miamis. À la fin de l’été de 1706, quelques Outaouais de Détroit, qui projetaient d’aller détruire le camp des Miamis sur la rivière Saint-Joseph, passèrent par Michillimakinac. Ils incitèrent leurs cousins de Michillimakinac, commandés par Onaské et Koutaoiliboe, à se joindre à eux dans la lutte mais le père Marest parvint à convaincre Koutaoiliboe que ce ne serait pas sage d’attaquer le poste Saint-Joseph, car il s’y trouvait des missionnaires. Les Outaouais montrèrent peu d’enthousiasme à l’idée d’avoir une autre querelle au sujet de la mort d’un prêtre, car une affaire semblable leur avait causé bien des ennuis récemment à Détroit [V. Constantin Delhalle]. Ils repartirent nantis de cadeaux que leur fit le père Marest. Ce dernier expliqua à Rigaud de Vaudreuil : « qu’il [Koutaoiliboe] a assé desprit de credit et d’affection pour nous, pour meriter destre menagé ».

Koutaoiliboe se rendit à Détroit en août 1707, pour assister à la réunion des conseils au sujet de Le Pesant. Après que Cadillac [Laumet] et Jean-Paul Legardeur de Saint-Pierre l’eurent accusé par erreur d’avoir trempé dans cette affaire, il fut envoyé, ainsi que d’autres chefs, à Michillimakinac, avec Saint-Pierre et Pierre d’Ailleboust d’Argenteuil, pour s’assurer de la personne de Le Pesant. Au dire de Koutaoiliboe, confirmé par d’Argenteuil et Saint-Pierre, ce fut en partie grâce à lui que Le Pesant consentit à se livrer et à se rendre à Détroit. Au cours d’un conseil tenu à Montréal en octobre 1707, Vaudreuil dit à Koutaoiliboe : « Je scay que de tous temps Kataouliboûé a eû lesprit bien fait, Et le cœur francois, C’est pourquoy jay pour luy une veritable estime ». À cette époque, Vaudreuil donna à Koutaoiliboe et aux autres Outaouais de Michillimakinac la permission de voyager en toute liberté entre Michillimakinac, Détroit et Montréal, autorisation qu’il confirma en juillet 1708. En juillet 1710, Koutaoiliboe rendit visite à Vaudreuil et, lui rappelant que le clan des Kiskakons était resté fidèle, lui demanda de faire rétablir le fort de Michillimakinac, abandonné depuis 1698.

En juin 1712, le père Marest écrivit à Vaudreuil que le conflit en cours entre les Renards et les Français, à Détroit [V. Pemoussa], était une raison de plus de faire rétablir le fort de Michillimakinac. La lettre fut portée par Koutaoiliboe qui, selon Marest, approuvait le projet. Le missionnaire expliquait que le chef outaouais, Saguima*, resterait à Michillimakinac car Saguima avait plus d’ascendant sur la tribu que Koutaoiliboe et était beaucoup plus redouté de l’ennemi.

Plus tard, dans une autre lettre, Marest expliqua à Vaudreuil que Koutaoiliboe était inquiet, car Détroit recevait toutes les troupes et tous les approvisionnements, alors que les Outaouais de Michillimakinac avaient donné plus souvent des preuves de leur fidélité. Marest affirmait que Koutaoiliboe était le seul Outaouais qui restait toujours fidèle à Vaudreuil. Marest avait sans doute raison de juger ainsi Koutaoiliboe, mais il faut se rappeler qu’il était jaloux de voir les Français diriger maintenant leurs ressources en hommes et en matériel sur Détroit plutôt que sur Michillimakinac. En juillet 1712, Vaudreuil rencontra Koutaoiliboe et Ouenemek, à Montréal, pour étudier la question des Renards. Koutaoiliboe avait élaboré un plan grandiose pour anéantir les Renards, mais Vaudreuil se rangea à l’opinion de Ouenemek qui conseillait d’agir plus prudemment.

On ne sait pas à quelle date mourut Koutaoiliboe ; toutefois, en 1706, il faisait déjà partie des « anciens ».

Donald Chaput

AN, Col., C11A, 24, f.259 ; 26, ff.75, 125, 138 ; 31, ff.114–120 ; 33, f.77.— La Potherie, Histoire (1722), IV : 61 s.— Michigan Pioneer Coll., XXXIII : 114s., 346–350, 354–361, 366s., 553–557.— NYCD (O’Callaghan et Fernow), IX : 624, 718s.— Sheldon, Early history of Michigan, 261s., 271–275.

Bibliographie générale

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Donald Chaput, « KOUTAOILIBOE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/koutaoiliboe_2F.html.

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Auteur de l'article:   Donald Chaput
Titre de l'article:   KOUTAOILIBOE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1969
Année de la révision:   1969
Date de consultation:   23 septembre 2014