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JOANNÈS DE CHACORNACLE (Chacornac, Chacornade), officier, né en 1672, en Picardie, décédé en 1707, à Plaisance (Placentia).

On sait peu de chose sur ses origines. Personne, semble-t-il, n’a retrouvé ses actes de baptême et de mariage, qui eussent pu fournir son nom entier, ceux de ses parents et le lieu précis de sa naissance. Seule, ou presque, la correspondance échangée entre la cour de France et les autorités coloniales nous renseigne sur l’officier, mais elle omet toujours son prénom. On lui a attribué celui de François-Augustin, le confondant sans doute avec le baron François-Augustin Joannès de Chacornacle (1683–1754), capitaine de la garnison de Trois-Rivières et chevalier de Saint-Louis. Ils étaient très probablement frères, quoique le second fût natif de Paris. On connaît les parents de ce dernier : Balthazar de Joannès, chevalier, baron et capitaine de dragons, et Catherine Mortier.

Chose curieuse, le 5 mai 1734, le baron de Joannès fit enregistrer au greffe de Trois-Rivières un document relatif à un Joannès de Chacornacle, qui, daté de 1692, ne pouvait avoir appartenu qu’à son aîné. D’ailleurs, ce certificat de bons et loyaux services recoupe certains détails donnés par Callière, en 1701, sur la carrière du sieur de Chacornacle antérieure à sa venue au Canada. Il avait d’abord été cadet deux ans ; son commandant l’ayant recommandé à Versailles pour sa « sagesse » et son « assiduité au service », il fut promu, en 1692, sous-lieutenant dans la compagnie de Montauban du régiment d’Agenais. Dès l’année suivante, il reçut une commission de lieutenant dans le régiment Royal-Vaisseaux.

Devenu lieutenant réformé en 1694, il passa en Nouvelle-France. Un ordre du roi, en date du 23 mai 1695, lui conserva son grade dans les troupes du Canada. Au printemps de 1700, le gouverneur de la colonie l’envoya, à la tête d’un détachement de soldats, saisir des pelleteries que Louis de La Porte de Louvigny, commandant du fort Frontenac, avait trafiquées illégalement. Il s’acquitta de sa mission avec exactitude.

À l’été de 1701, il est un des lieutenants d’Alphonse Tonty, capitaine de la troupe qui accompagne Laumet dit de Lamothe Cadillac à la fondation de Détroit. Puis, il devient capitaine d’une compagnie d’infanterie en Acadie, le 1er février 1702. Trois ans plus tard on le retrouve à Plaisance, où il meurt en 1707.

Bien noté par ses supérieurs, il était, de l’avis de Callière, un « bon officier ».

Céline Dupré

Jug. et délib., IV : 499–502.— NYCD (O’Callaghan et Fernow), IX : 714.— P.-G. Roy, Ce que le gouverneur de Callières pensait de nos officiers militaires en 1701, BRH, XXVI (1920) : 331.— Royal Fort Frontenac (Preston et Lamontagne), 202, 400, 471.— Taillemite, Inventaire analytique, série B, I.— [François Daniel], Le vicomte Cde Léry, lieutenant-général de l’empire français, ingénieur en chef de la grande armée, et sa famille (Montréal, 1867), 208.— Benjamin Sulte, Hist. des Can. fr., V : 148, 151.— Raymond Douville, Deux officiers « indésirables » des troupes de la Marine, Cahiers des Dix, XIX (1954) : 83–98.— É.-Z. Massicotte, Le sieur de Chacornacle, BRH, XXXIV (1928) : 183.— Benjamin Sulte, Les Tonty, MSRC, XI (1893), sect. i : 26.

Bibliographie générale

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Céline Dupré, « JOANNÈS DE CHACORNACLE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 16 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/joannes_de_chacornacle_2F.html.

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Auteur de l'article:   Céline Dupré
Titre de l'article:   JOANNÈS DE CHACORNACLE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1969
Année de la révision:   1969
Date de consultation:   16 avril 2014