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GAWÈHE (Degawehe, Gawickie, Goweaaey, Goweah, Koé, Kouée, Koweahe, baptisé Pierre), conseiller en chef du clan des Loups de la tribu des Onneiouts. Il est possible que son titre officiel au sein du conseil fédéral iroquois ait été Deyo’ha’gwen de’, qui signifie « à travers l’ouverture » ou « voix ouverte », décédé vers le 1er juin 1766 au fort Stanwix (près de Rome, N.Y.).

Gawèhe participa activement à la guerre de Sept Ans. On entend parler de lui pour la première fois en 1756, alors qu’il servit comme agent de renseignements pour le compte de sir William Johnson*, surintendant des affaires des Indiens du nord. Pendant la campagne contre le fort français de Niagara (près de Youngstown, N.Y.), tentative qui échoua, il fut promu lieutenant par le major général William Shirley.

Dans les premières phases de la guerre, la majorité des Iroquois redoutaient une victoire des Anglais, et les Onneiouts craignaient une attaque des Français. Quoique Gawèhe ne cessât de proclamer sa fidélité à l’Angleterre, il prit la précaution d’entretenir des relations avec le Canada. Encouragé par Johnson à faire circuler un collier (wampum) de guerre à travers la Confédération, le chef onneiout accepta plutôt une invitation française et assista à une conférence à Montréal avec le gouverneur, Pierre de Rigaud* de Vaudreuil, où il se déclara fidèle aux Français. En 1757, il fit de nombreux voyages à la mission de François Picquet*, à La Présentation (Oswegatchie, aujourd’hui Ogdensburg, N.Y.) et à Montréal ; à une occasion il remit à Vaudreuil une offre d’alliance provenant d’immigrés dissidents d’origine allemande et établis dans la colonie de New York. Il est possible que Gawèhe ait agi secrètement dans l’intérêt des Anglais, car Johnson continuait de le payer pour services rendus ; plus probablement, il supputait pour le compte des Iroquois la force militaire des deux puissances européennes.

En 1760, alors que l’Angleterre complétait sa conquête du Canada, Gawèhe se joignit au major général Jeffery Amherst* en route vers Montréal. Durant l’insurrection suscitée par Pondiac, en 1763 et 1764, il continua de travailler pour les Anglais en fournissant à Johnson des renseignements sur les Indiens de l’Ouest. Quand mourut, en 1766, vraisemblablement d’un coup de baïonnette reçu au cours d’une querelle d’ivrognes, Johnson se porta responsable de la famille et leur fournit des présents pour les condoléances rituelles.

Arthur Einhorn

Inv. des papiers de Léry (P.-G. Roy), III : 8, 10.— Johnson papers (Sullivan et al.).— NYCD (O’Callaghan et Fernow), VII : 151s., 232 ; VIII : 240 ; X : 461–465, 499–518.— W.N. Fenton, The roll call of the Iroquois chiefs ; a study of a mnemonic cane from the Six Nations reserve (Washington, 1950), 60.

Bibliographie générale

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Arthur Einhorn, « GAWÈHE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 26 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/gawehe_3F.html.

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Auteur de l'article:   Arthur Einhorn
Titre de l'article:   GAWÈHE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1974
Année de la révision:   1974
Date de consultation:   26 octobre 2014