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FROOD, THOMAS, enseignant, prospecteur, né le 23 avril 1837 dans le canton de McNab, Haut-Canada, fils de Thomas Frood, fermier, et de Barbara Forrest ; le 18 août 1865, il épousa à Hamilton, Haut-Canada, Mary Matilda Biggar (décédée en 1886), et ils eurent deux filles, puis le 14 août 1889, à Tiverton, Ontario, Christina McKay ; décédé le 5 mai 1916 à Wallace Mine, Ontario, et inhumé à Kincardine.

Fils d’immigrants écossais, Thomas Frood mena une existence nomade durant les 25 premières années de sa vie d’adulte. Il enseigna dans des localités de toute la province, notamment dans les cantons de Hamilton, d’Aldborough et de Trafalgar, à Burnstown, à Gillen’s Springs et à Kincardine. Au cours de son séjour dans Hamilton, il fut décoré pour le travail qu’il avait accompli au service de santé du 13th Battalion pendant les raids féniens. En cours de route, il trouva le temps de devenir chimiste et de tenir une pharmacie à Southampton.

En 1883, Frood quitta son poste d’enseignant à Kincardine pour les étendues sauvages du Nord ontarien. Il travailla comme contrôleur des présences dans une équipe de construction du chemin de fer canadien du Pacifique, puis, vers 1885, comme garde forestier pour le département des Terres de la couronne. Attiré par la prospection, il n’avait, dans ce domaine, pas plus de compétence particulière que la plupart de ceux qui devinrent des figures légendaires de l’exploitation minière de la région sudburoise. Cependant, identifier un chapeau ferrugineux (tache de rouille révélatrice sur les affleurements) n’était pas difficile et, dès novembre 1883, Frood avait noté des indices de la présence d’un dépôt minéral dans une tranchée de chemin de fer à l’ouest de Sudbury. D’autres obtiendraient en octobre 1884 une concession sur cet emplacement, appelé par la suite mine Murray, mais Frood affirmait avoir été le premier à essayer le minerai et à prouver qu’il contenait du cuivre.

Frood découvrit la propriété qui porterait son nom, la fameuse mine Frood, en mai 1884, en prospectant avec A. James Cockburn, sur la foi des indications d’un trappeur, les lots 6 et 7 du rang 6, dans le canton de McKim. Puis les deux hommes se brouillèrent. Frood obtint une concession pour la moitié sud du lot 7 et Cockburn pour le lot 6, qu’il transféra à deux spéculateurs de Pembroke, John H. Metcalf et William Balmer McAllister. Comme la plupart des prospecteurs, Frood manquait de capital pour mettre des propriétés en valeur et devait normalement se contenter des droits accordés au découvreur. En 1888, devant la commission royale d’enquête de la province sur les ressources minières, il se plaindrait d’avoir été forcé de « renoncer ‘a 95 % d’un lot minier pour avoir l’autre 5 % ».

Frood vendit un quart et un tiers du lot 7 aux prospecteurs Peter Campbell et Robert J. Tough. Pour plusieurs de ses autres découvertes – par exemple Lady Macdonald (1884) et Copper Cliff (1885), dont les concessions allèrent à Metcalf et McAllister –, il reçut seulement quelques centaines de dollars dans chaque cas. Très amer, il espérait que, « avec les futurs changements dans les relations entre le capital et la main-d’œuvre, il y [...] aur[ait] plus d’encouragement de l’effort individuel et moins de cœrcition de la part des capitalistes ».

Quelques prospecteurs, dont Tough et Rinaldo McConnell, se révélèrent aptes à faire fortune avec leurs découvertes. Frood ne s’en tira pas trop mal avec la part qui lui restait du lot 7 et qu’il refusa de vendre à Metcalf et McAllister. En 1886, Frood, Campbell et Tough négocièrent avec le président de la Canadian Copper Company, Samuel J. Ritchie*, qui tenait à acheter ce qui promettait d’être – et était effectivement – l’un des plus riches dépôts du district. À la suite de pourparlers serrés, les trois hommes reçurent 30 000 $, dont 12 500 $ allèrent à Frood. Par comparaison, Ritchie avait versé seulement 13 000 $ à Metcalf et McAllister pour cinq propriétés moins d’un an plus tôt.

Thomas Frood continua de prospecter, de Thessalon à Mattawa, mais il ne fit plus de découverte importante. Au plus tard en 1889, il s’installa dans la localité de Wallace Mine, à l’embouchure de la rivière Whitefish, sur la rive nord du lac Huron. Il y passa le reste de ses jours à travailler comme fermier et manœuvre, à investir dans des propriétés minières et des concessions forestières, à faire un peu d’exploitation minière et à écrire de temps à autre des articles de journal pour promouvoir le Nord ontarien.

R. Matthew Bray

AN, RG 31, C1, 1901, Mouth Whitefish River, Nipissing Dist., Ontario : 2 (mfm aux AO).— AO, RG 80-5-0-166, n1699 ; RG 80-8-0-596, n21208 ; RG 80-27-2, 82 : 142.— INCO Arch. (Sudbury, Ontario), Box 932-23 (Canadian Copper Company, minute-book n1), 16 oct. 1886 ; Box 940-02, Frood à S. J. Ritchie, 21 mai 1886.— Sudbury Star, 13 mai 1916.— Canadian Mining & Mechanical Rev. (Ottawa), 11 (1892) : 42s.— Charles Dorian, The first 75 years ; a headline history of Sudbury, Canada (Ilfracombe, Angleterre, [1959]).— D. M. LeBourdais, Metals and men : the story of Canadian mining (Toronto, 1957).— Ontario, Royal commission on the mineral resources of Ontario and measures for their development, Report (Toronto, 1890) ; Royal Ontario nickel commission, Report, with appendix (Toronto, 1917).

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R. Matthew Bray, « FROOD, THOMAS », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/frood_thomas_14F.html.

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Titre de l'article:   FROOD, THOMAS
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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   1998
Date de consultation:   23 avril 2014