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DUFFY, JAMES, porteur et coureur de fond, né le 1er mai 1890 à Sligo (république d’Irlande), fils de James Duffy et d’une prénommée Mary ; décédé célibataire le 23 avril 1915 près d’Ypres (Ieper, Belgique).

Enfant, James Duffy émigra avec ses parents à Édimbourg, où il apprit le métier de tailleur de pierre et se fit une belle réputation de coureur de fond au sein des Edinburgh Harriers. Il remporta le championnat junior de cross-country écossais en 1909, établit le record national d’Écosse au cinq milles (25 minutes 52 secondes) en 1910 et représenta trois fois l’Écosse au championnat international de cross-country. En 1911, il immigra au Canada, comme bon nombre de jeunes célibataires écossais et irlando-écossais. Peut-être était-il attiré par le regain de faveur que la course de fond professionnelle connaissait en Amérique du Nord depuis le spectaculaire marathon des Jeux olympiques de Londres en 1908. L’Italien Dorando Pietri, qui menait cette course, s’était effondré à quelques verges de la ligne d’arrivée. Une des vedettes du circuit avait été le coureur onontagué Tom Longboat*, de Toronto. Duffy s’installa dans cette ville, trouva un emploi de porteur à la T. Eaton Company et s’inscrivit à la Central Young Men’s Christian Association.

Duffy se fit vite un nom dans le milieu sportif en se classant deuxième en 1911 au Ward Marathon. Le parcours, dont le point de départ et d’arrivée était le terrain d’exposition, suivait le chemin Lake Shore et mesurait une vingtaine de milles. (Les courses de marathon n’étaient pas encore normalisées.) Au printemps suivant, arborant les couleurs de l’Eaton’s Athletic Association, Duffy se classa deuxième, derrière le New-Yorkais Harry Jenson, au Hamilton Spectator Marathon. Cette course, qui se déroulait sur le fameux parcours de la baie de Burlington, long de 19 milles 186 verges, était, au Canada, l’épreuve préparatoire aux Jeux olympiques suivants. Malgré son accent et sa brève période de résidence, Duffy fut accepté d’emblée comme le meilleur candidat canadien et affecté à l’équipe qui se rendrait à Stockholm.

Au cours du Ward Marathon et du Hamilton Spectator Marathon, Duffy avait pris de l’avance au début puis, fatigué, s’était laissé dépasser dans les étapes ultérieures. Il fut beaucoup plus prudent en 1912 à Stockholm ; le parcours était de 24 milles 1 725 verges et il faisait une chaleur suffocante. Parti lentement – au milieu de la course, il était si loin derrière que sa position ne fut pas enregistrée –, il prit progressivement de l’avance dans les dix derniers milles. Même s’il ne se rapprocha jamais du gagnant, le Sud-Africain Kenneth McArthur, il finit cinquième, environ 5  1/2 minutes après lui, en un temps de 2 heures 42 minutes 18 secondes. Ce résultat reste la meilleure performance enregistrée par un Canadien dans un marathon olympique.

Apparemment, après cette course, Duffy savait bien mesurer son rythme. À son retour à Toronto, il remporta une série de courses importantes. À l’automne de 1912, il fut vainqueur au Ward Marathon et battit au Hamilton Herald Marathon, sur le parcours de la baie de Burlington, un record (1 heure 46 minutes 15 secondes) qui tiendrait 46 ans. Puis il resta à Hamilton pour s’entraîner avec Tommy Thompson du Ramblers Bicycle Club et profiter de l’atmosphère d’entraînement plus détendue des clubs de cette ville. (Selon une notice nécrologique parue à Toronto, Duffy aurait été « très irrégulier à l’entraînement ».) En 1913, il remporta le Yonkers Marathon à New York et le Herald Marathon encore une fois. L’année suivante, il triompha au prestigieux marathon de Boston après un intense duel tactique avec le Montréalais Édouard Fabre*. Les deux hommes se dépassèrent tour à tour sur le parcours de 25 milles, puis Duffy prit la tête dans le dernier mille et l’emporta par 15 secondes en 2 heures, 25 minutes, 1 seconde. Le Boston Post déclara que c’était « la plus sensationnelle de toutes les courses » et proclama Duffy « roi des marathoniens ».

Après Boston, James Duffy devint professionnel, mais les engagements étaient peu nombreux. Les foules qui s’étaient pressées quelques années auparavant pour voir Longboat affronter Pietri, Alfred Shrubb et d’autres ne s’intéressaient plus à la course de fond. Duffy ne parvenait à faire que quelques courses de démonstration dans des foires rurales. Au début de la Première Guerre, il s’enrôla, comme bien des sportifs d’Europe ; il mesurait alors cinq pieds huit pouces et demi et pesait 160 livres. Il trouva la mort au cours d’une attaque de nuit contre les positions allemandes dans la forêt de Kitchener, au nord-est d’Ypres, avec 277 autres membres (sur 305) du 16th Infantry Battalion (le Canadian Scottish). Il fut inhumé au cimetière militaire de Vlamertinge.

Bruce Kidd

AN, RG 150, Acc. 1992–93/166, dossier 29437.— Boston Post, 21 avril 1914.— Evening Telegram (Toronto), 30 avril 1915 : 18.— Annuaire, Toronto, 1913.— DHB, 2.— The fifth olympiad ; the official report of the Olympic games of Stockholm, 1912, Erik Bergvall, édit., Edward Adams-Roy, trad. (Stockholm, [1913]).— H. M[acl.] Urquhart, The history of the 16th Battalion (the Canadian Scottish), Canadian Expeditionary Force, in the Great War, 1914–1919 (Toronto, 1932).

Bibliographie générale

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Bruce Kidd, « DUFFY, JAMES », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/duffy_james_14F.html.

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Auteur de l'article:   Bruce Kidd
Titre de l'article:   DUFFY, JAMES
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   1998
Date de consultation:   20 avril 2014