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DAUTH, Gaspard (baptisé Jean-Alexandre-Gaspard), professeur, prêtre, auteur, directeur et propriétaire de périodiques, administrateur scolaire et fonctionnaire, né le 10 août 1863 à Saint-Ignace-du-Coteau-du-Lac (Coteau-du-Lac, Québec), fils de Gaspard Dauth, médecin, et de Mary Elizabeth Bermingham ; décédé le 23 mars 1940 à Montréal et inhumé six jours plus tard à Saint-Ignace-du-Coteau-du-Lac.

Le père de Gaspard Dauth s’installa dans la paroisse Saint-Ignace-du-Coteau-du-Lac vers 1850. Il épousa Mary Elizabeth Bermingham en juillet 1860. Le couple eut sept filles et quatre fils. Deux des garçons suivraient la vocation paternelle, un autre deviendrait vétérinaire, et Gaspard entrerait en religion. À l’automne de 1875, ce dernier quitta la maison familiale pour le séminaire de Saint-Hyacinthe. Bon élève, récompensé par de nombreux prix dans plusieurs disciplines, il y termina ses études classiques au début de l’année 1883, puis, en septembre, y entreprit sa formation ecclésiastique. Sans soutien financier parental, il dut, pour assurer sa subsistance, enseigner les belles-lettres au séminaire de Saint-Hyacinthe tout en étudiant. L’intervention secourable de son oncle Louis-Élie Dauth, curé de Saint-Guillaume, lui permit de poursuivre ses études au grand séminaire de Montréal dès sa deuxième année. Dauth reçut l’ordination en août 1886, le jour de son vingt-troisième anniversaire. Il obtiendrait son doctorat en théologie en 1908 à l’université Laval à Montréal.

À l’invitation du supérieur Jean-Remi Ouellette, Dauth redevint professeur de belles-lettres au séminaire de Saint-Hyacinthe à l’automne de 1886, poste qu’il occupa jusqu’en 1890. Il effectua ensuite un voyage d’études qui le mena en Europe et en Terre sainte. Il fréquenta l’Institut catholique de Paris pendant quelques mois à titre d’étudiant libre. De retour à Montréal en 1892, il exerça pendant environ une année la tâche de secrétaire général de l’université Laval à Montréal. Il fut simultanément vicaire, puis desservant de la paroisse de Saint-Lin. Il fut aussi aumônier de l’académie Saint-Antoine à Montréal. En 1893, il fut nommé notaire adjoint au procès préparatoire pour la béatification de l’abbé Jean-Jacques Olier. Il fut appelé à l’archevêché de Montréal et occupa, en 1894, le poste de chapelain du chapitre. Il fut notaire adjoint du Concile provincial de Montréal en 1895 et il fut nommé chanoine titulaire de la cathédrale de Montréal et secrétaire du chapitre en 1898. Il recevrait le titre de prélat domestique en 1914.

Intéressé par les questions d’éducation, l’abbé Dauth accéda en 1897 au poste d’examinateur dans l’organisme qui prendrait le nom, l’année suivante, de Bureau central des examinateurs catholiques. Il en resterait membre durant 42 années. Il fut aussi visiteur ecclésiastique des établissements scolaires tenus par des religieux dans l’archidiocèse de Montréal en 1897. Il s’attaqua, à compter de 1898, à la rédaction du programme des écoles catholiques de la province de Québec, tâche qui s’échelonnerait jusqu’en 1920 en raison des nombreuses révisions et critiques. Il enseigna l’histoire de la philosophie à l’université Laval à Montréal en 1901. Il fut également président de la Commission des écoles catholiques de Montréal de 1905 à 1910. Au printemps de 1914, il donna des cours théoriques et pratiques de droit commercial à l’Association des femmes d’affaires de Montréal.

Élu vice-recteur de la succursale montréalaise de l’université Laval en 1904, Dauth occupa cette fonction jusqu’en 1917. Tout au long de ces années, il œuvra à l’essor de l’établissement. Il tint une comptabilité serrée du budget universitaire et organisa diverses campagnes de financement, dont celle du million de piastres de 1913. Sous son commandement, les quatre facultés de l’université (théologie, droit, médecine et arts) connurent une importante croissance, notamment en ce qui concerne le développement des édifices, des programmes et des cours. Trois écoles furent affiliées à l’établissement : l’Institut agricole d’Oka (1908), l’École d’enseignement supérieur pour les jeunes filles (1908) [V. Marie-Aveline Bengle] et l’École des hautes études commerciales de Montréal (1915). Dauth créa également l’École de chirurgie dentaire de l’université Laval à Montréal (1904) et l’École de pharmacie Laval à Montréal (1906). De nouveaux champs d’études furent aussi organisés pendant cette période : l’architecture, l’hygiène publique, les arts décoratifs et industriels, et l’enseignement. En 1915, Dauth pilota la création de l’hôpital militaire qui prit la désignation, en décembre, de 6e hôpital général canadien de l’université Laval [V. Gustave Archambault] et qui devait contribuer à la formation des jeunes médecins canadiens-français pendant la Première Guerre mondiale. De 1916 à 1919, il fut le doyen de la faculté des arts. En prévision de l’indépendance de la succursale montréalaise de l’université Laval, il aurait aussi choisi le nom de la nouvelle université, soit l’université de Montréal.

L’écriture faisait partie intégrante de la vie de Dauth. En 1893, il dirigea, à Montréal, les Annales de la propagation de la foi pour les provinces de Québec et de Montréal. En 1895, il devint propriétaire, directeur et rédacteur de la Semaine religieuse de Montréal. Il rédigea différents textes qu’il publia notamment, à Québec, dans le Bulletin du parler français au Canada (1902 à 1918), le Canada français (à partir de 1918), Corrigeons-nous ! (1930) et le Glossaire du parler français au Canada (1930). Le Diocèse de Montréal à la fin du dix-neuvième siècle [...], paru à Montréal en 1900, fut son principal ouvrage, qu’il écrivit avec l’abbé Joseph-Alexandre-Stanislas Perron. Le volume contient de l’information sur les paroisses, les édifices, les communautés religieuses, les maisons d’éducation, les œuvres de charité et les personnages importants de l’archidiocèse de Montréal.

Dans ses mémoires, Dauth confia notamment son habitude de prier « à la mode élégante et gracieuse des honnêtes gens du grand siècle », c’est-à-dire en rimant. Il avoua aussi son amour pour le vin de Bordeaux, le cidre pétillant d’Oka, le fromage Port du Salut et le chocolat. Il aimait aussi fumer des cigares Benson and Hedges. Il y présenta différentes personnes qui gravitaient autour de lui. Il entretint également une correspondance, entre autres avec son ami Mgr Paul Bruchési. On dit de sa bibliothèque personnelle, principalement axée sur l’éducation, qu’elle était remarquable.

Nommé lieutenant-colonel honoraire dans la milice en 1912, Dauth avait également été, à partir de ce moment, missionnaire agricole diocésain. En 1913, il devint membre de l’Union expérimentale des agriculteurs de Québec, ainsi que cofondateur et directeur du Comptoir coopératif de Montréal.

Une cassure importante survint en 1919, quand Mgr Dauth quitta l’archevêché de Montréal. Les archives ne l’expliquent pas et Dauth l’occulta complètement dans ses mémoires. On sait peu de chose de ses activités pendant les 21 dernières années de sa vie, mis à part qu’il éprouva des problèmes de santé et qu’il termina ses jours à la retraite Saint-Benoît, rue Notre-Dame Est.

Relativement peu connu au début du xxie siècle, Gaspard Dauth fut un homme d’Église engagé, par ses contributions majeures au monde de l’éducation, dans le devenir de sa province. Homme d’une grande rigueur intellectuelle, il trouvait une importante satisfaction dans les rapports humains, notamment au sein du milieu universitaire, qu’il admirait. Dans son village natal, un parc public honore sa mémoire.

Nathalie Villeneuve

Nous remercions Hector Besner de la Soc. d’hist. de Coteau-du-Lac pour nous avoir mise sur la piste des documents personnels de Gaspard Dauth. Nous tenons également à remercier les Petites Filles de Saint-Joseph pour leur accueil chaleureux.

Nous avons consulté les mémoires de Gaspard Dauth, dont la première partie est conservée aux Arch. de la congrégation des Petites Filles de Saint-Joseph (Montréal) et l’autre, au dép. des arch. de l’Univers culturel de Saint-Sulpice (Montréal), P1 (fonds Prêtres de Saint-Sulpice de Montréal), 11 (enseignement), 6 (univ. de Montréal), 95.

Arch. de la chancellerie de l’archevêché de Montréal, 421.534 (Gaspard Dauth, dossier personnel), 885-1 ; 912-4 ; 919.— Arch. de la congrégation des Petites Filles de Saint-Joseph, Biographies de Mary Birmingham et de Gaspard Dauth, père.— BAC, R10811-0-X.— BAnQ-CAM, CE601-S31, 10 août 1863.— Centre d’hist. de Saint-Hyacinthe, Québec, CH001, ASE010 ; ASE017.— FD, Saint-Ignace (Coteau-du-Lac, Québec), 29 mars 1940.— Univers culturel de Saint-Sulpice, Dép. des arch., P1 (fonds Prêtres de Saint-Sulpice de Montréal), 11 (enseignement), 6 (univ. de Montréal), 56 ; 96.— Univ. de Montréal, Div. des arch., D 35 ; P 5.— L’Album universel (Montréal), 1er oct. 1904 ; 13 mars, 22 sept. 1906.— Le Devoir, 23, 26 mars 1940.— Le Monde illustré (Montréal), 7 avril 1900.— René Bacon et Hélène Doth, Gaspard Dauth à Ste-Anne de la Pérade (1783–1809) : regards sur sa descendance au Québec et en Ontario (Montréal, 2005).— Isabelle Laperle-Dionne et Hélène Perron, Inventaire analytique du fonds Gaspard-Dauth (P5) : supplément (Montréal, 1978).— Monique Thériault, Inventaire analytique du fonds Gaspard-Dauth (P5) (Montréal, 1975).

Bibliographie générale

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Nathalie Villeneuve, « DAUTH, GASPARD (baptisé Jean-Alexandre-Gaspard) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 févr. 2019, http://www.biographi.ca/fr/bio/dauth_gaspard_16F.html.

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Auteur de l'article:   Nathalie Villeneuve
Titre de l'article:   DAUTH, GASPARD (baptisé Jean-Alexandre-Gaspard)
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   2019
Année de la révision:   2019
Date de consultation:   22 février 2019