DCB/DBC Mobile beta
+

COCHRANE, EDWARD, fermier et homme politique, né le 1er janvier 1834 dans le canton de Cramahe, Haut-Canada, fils de James Cochrane et de Mary Davis ; le 5 août 1856, il épousa Mary Hicks, puis le 29 avril 1876, Ellen Louisa Bule, née Thorne, et finalement, le 30 mars 1899 à Ottawa, Lillian Elucia Odell ; il eut trois filles et quatre fils ; décédé le 8 mars 1907 à Ottawa.

Une fois bien établi comme fermier dans le canton de Cramahe, Edward Cochrane se lança en politique municipale. Il fut commissaire d’écoles, conseiller de canton, vice-président du conseil municipal, président du conseil municipal et, en 1880, préfet des comtés unis de Northumberland et Durham. Élu pour la première fois à la Chambre des communes en 1882 dans Northumberland East, Cochrane, qui était d’obédience conservatrice, fut défait en 1887 mais regagna son siège à une élection partielle l’année suivante. Il fut réélu en 1891, 1896, 1900 et 1904.

Cochrane appuyait vigoureusement le gouvernement de sir John Alexander Macdonald*. Par exemple, en 1886, il fit valoir aux Communes les avantages de la Politique nationale pour le milieu agricole mais, par loyauté, il en tut les faiblesses. Il n’était pas pour autant servile : ainsi, en 1885, à l’encontre de Macdonald et de la plupart des conservateurs, il appuya la motion dans laquelle John Fisher Wood* proposait d’interrompre la publication du hansard. Réduire les dépenses publiques était son souci premier, que partageaient beaucoup d’autres fermiers canadiens.

Néanmoins, Cochrane n’appuyait pas l’appel de groupes tels les Patrons of Industry [V. George Weston Wrigley] à défendre les intérêts ruraux en menant une action politique indépendante. Tout au long de sa carrière, le député de Northumberland East prôna la vision agrarienne des tories. Il eut beaucoup plus souvent l’occasion de le faire à compter de l’élection de Wilfrid Laurier* et des libéraux, en 1896. Cochrane, qui était par tempérament un homme d’opposition, fut désormais libre de critiquer ceux qui étaient au pouvoir, et il fustigea le cabinet libéral parce qu’il abusait du favoritisme pour récompenser les travailleurs du parti et acheter des voix, surtout dans les Maritimes et au Québec. Bien que, pour lui, l’intérêt du pays et l’intérêt de l’Ontario n’aient fait qu’un, il soutenait que les projets fédéraux devaient être importants d’un point de vue national plutôt que local. Le Parlement ne devait pas devenir un forum pour la « politique de clocher ».

En outre, Cochrane dénonçait les privilèges dont bénéficiaient quelques compagnies du fait d’être étroitement associées aux libéraux. Lorsque les promoteurs du Grand Tronc et du Canadian Northern Railway proposèrent de nouveaux projets de transcontinental, il affirma, en 1903, que la façon dont le gouvernement distribuait des subventions aux compagnies de chemin de fer montrait qu’il avait « perdu la tête ». En tant que représentant d’une circonscription rurale, il était résolu à diminuer l’effectif de la fonction publique, à confier un rôle plus grand à l’entreprise privée et à recourir aux appels d’offres afin d’en arriver à une administration plus économique. Il en avait autant contre l’« hypocrisie » des libéraux que contre leurs largesses. Trop souvent, ceux-ci écartaient les critiques en disant que leurs prédécesseurs tories avaient toléré telle mesure ou telle pratique. D’après Cochrane, tout gouvernement devait être jugé d’après son propre programme. De même, il estimait que le gouvernement devait fournir aux Communes une information plus abondante et plus claire. Il se faisait aussi le porte-parole des fermiers en réclamant que les lois, les publications gouvernementales et le processus électoral soient simplifiés dans l’intérêt de l’électeur moyen.

À l’occasion, Cochrane parlait sur un ton amèrement partisan, et quelquefois fruste. Au cours d’un débat en 1899, il menaça même de casser le nez à un adversaire grit. Dans l’ensemble cependant, il était aimé et respecté des deux côtés de la Chambre, où l’on en vint à le surnommer affectueusement « oncle Ned ». Vers le milieu de 1905, il avait renoncé à exploiter sa ferme et vivait à Brighton, mais il était toujours député. Il mourut en 1907, après avoir longuement souffert d’un cancer de la gorge. Son décès affligea autant ses adversaires que ses amis politiques. Sans jamais être une vedette de la scène politique nationale, Edward Cochrane joua un important second rôle, d’abord à titre de député conservateur d’arrière-ban puis en tant que censeur important du régime Laurier.

Peter Dembski

AO, RG 22, Ser. 191, no 5887 ; RG 80-5, nos 1876-007157, 1899-003954.— Brighton Ensign (Brighton, Ontario), 8, 15 mars 1907.— Globe, 10 mars 1907.— Sentinel (Toronto), 14 mars 1907.— World (Toronto), 9 mars 1907.— Canada, Chambre des communes, Débats, 1882–1907.— Canadian directory of parl. (Johnson).— CPG, 1887–1907.

Bibliographie générale

Comment écrire la référence bibliographique de cette biographie

Peter Dembski, « COCHRANE, EDWARD », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 1 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/cochrane_edward_13F.html.

Information à utiliser pour d'autres types de référence bibliographique

Permalien: http://www.biographi.ca/fr/bio/cochrane_edward_13F.html
Auteur de l'article:   Peter Dembski
Titre de l'article:   COCHRANE, EDWARD
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1994
Année de la révision:   1994
Date de consultation:   1 septembre 2014