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CARREFOUR DE LA PELOUZE, PIERRE-JOSEPH (baptisé Joseph), officier et auteur d’un journal, né le 10 mars 1738 à Saumur, France, fils d’Abraham Carrefour de La Pelouze et de Gabrielle-Marie Verras ; décédé le 6 juillet 1808 à Londres.

À 18 ans, Pierre-Joseph Carrefour de La Pelouze, « sorti de la maison paternelle », entre dans le régiment de Berry à titre de lieutenant. En septembre 1756, son régiment reçoit l’ordre de s’embarquer pour l’Inde, ce qui a l’heur de plaire à La Pelouze et de satisfaire son goût pour l’exotisme. Après de longs préparatifs, un contrordre oblige tout le régiment à se rendre à Brest, puis à s’embarquer pour le Canada. Cette nouvelle disposition enchante le jeune officier qui reçoit alors une commission de capitaine.

Après une traversée plutôt difficile, l’escadre entre dans le port de Louisbourg, île Royale (île du Cap-Breton), le 22 juin 1757. La Pelouze profite de son passage dans la forteresse pour visiter la ville qu’il trouve très mal bâtie, petite, malpropre et envahie par une insupportable odeur de poisson. Après un court mouillage, le régiment de Berry passe au Canada, un pays « infiniment meilleur » au dire de La Pelouze, et atteint Québec sans encombre 26 jours plus tard. Pendant le premier hiver, La Pelouze, se disant encore trop jeune pour prendre part aux jeux et aux bals qui occupent les gens du pays, se contente de visiter la région, d’entrer en contact avec les habitants et d’observer leurs us et coutumes.

Au printemps de 1758, La Pelouze se rend avec son régiment au fort Carillon (près de Ticonderoga, New York) où il participera, le 8 juillet, à la célèbre victoire de Louis-Joseph de Montcalm* sur James Abercromby*. La Pelouze s’initie par ouï-dire et par action au style de guerre des Indiens, qu’il qualifie de cruel. En fait, tout ce qui touche l’habillement, le culte, la religion, les manières et surtout la cruauté de ces alliés l’impressionne.

Cette année-là, le régiment de La Pelouze installe ses quartiers d’hiver à Québec. En mai 1759, il retourne cependant à Carillon. La Pelouze travaille à consolider le fort dans la mesure du possible, mais cela s’avère peine perdue. Quand Jeffery Amherst* assiège le fort le 23 juillet, la majorité des troupes commandées par François-Charles de Bourlamaque* ont déjà évacué les lieux pour se retirer à l’île aux Noix, sur le Richelieu. À cet endroit, La Pelouze, qui aide aux fortifications, entend parler de la bataille qui s’est déroulée sur les plaines d’Abraham entre Montcalm, Vaudreuil [Rigaud*] et James Wolfe*. Le récit qu’il en fait dans son journal est très bref et très peu circonstancié. Rien ne se produit à l’île aux Noix en cette année 1759, et La Pelouze, avec sa troupe, va occuper ses quartiers d’hiver près de Montréal.

En avril 1760, La Pelouze quitte Montréal pour Québec avec l’armée de 7 000 hommes commandée par François de Lévis*. Blessé lors de la bataille de Sainte-Foy, il passe deux mois à l’hôpital avant de s’embarquer pour la France en août 1760.

Par la suite, La Pelouze poursuit sa carrière militaire comme capitaine dans le régiment d’Aquitaine en 1763, puis comme major du régiment de Boulonnais en mars 1774. En août de la même année, il devient lieutenant du roi à Bonifacio en Corse et, le 16 janvier 1778, il reçoit la croix de Saint-Louis. Il se retire le 4 avril 1781 avec une pension de 1 250#. Lorsqu’on retrouve sa trace en 1792, il a réintégré les rangs de l’armée, détenant un grade de major. Peu après, il émigre en Angleterre où il mourra le 6 juillet 1808.

Le journal de Pierre-Joseph Carrefour de La Pelouze est plutôt un compte rendu de son voyage au Canada. Son récit, écrit sur un ton parfois enjoué, parfois choqué, mais toujours excessif, est intéressant non par la nouveauté des faits rapportés – notamment en ce qui concerne la guerre de la Conquête – mais par la description des particularités de la vie d’un jeune officier, enthousiaste et captivé par les expériences nouvelles.

Jacqueline Roy

Le manuscrit de Pierre-Joseph Carrefour de La Pelouze intitulé « Voyage et campagne au Canada » est déposé à la Houghton Library, Harvard Univ. (Cambridge, Mass.), ms Can., b 8, 49 M–180.

AD, Maine-et-Loire (Angers), État civil, Saumur, 10 mars 1738.— Arch. du ministère des Armées (Paris), Service hist. de l’Armée, A1, 9598.— NYCD (O’Callaghan et Fernow), 10 : 1085.

Bibliographie générale

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Jacqueline Roy, « CARREFOUR DE LA PELOUZE, PIERRE-JOSEPH », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 25 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/carrefour_de_la_pelouze_pierre_joseph_5F.html.

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Auteur de l'article:   Jacqueline Roy
Titre de l'article:   CARREFOUR DE LA PELOUZE, PIERRE-JOSEPH
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
Date de consultation:   25 octobre 2014