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CAOUETTE, AURÉLIE, dite Catherine-Aurélie du Précieux-Sang, fondatrice et supérieure des Sœurs adoratrices du Précieux-Sang, née le 11 juillet 1833 à Saint-Hyacinthe, Bas-Canada, fille de Joseph Caouette, forgeron, et de Marguerite Olivier ; décédée le 6 juillet 1905 à Saint-Hyacinthe.

Jusqu’à l’âge de 12 ans, Aurélie Caouette fréquente l’école de son village natal. D’un bon naturel, jolie d’apparence, bien douée par surcroît, elle se rallie facilement compagnes et compagnons. Très tôt, elle fait preuve d’une grande piété et voue un culte spécial et passionné au précieux sang du Christ, dont seuls ses parents sont témoins.

En 1845, Aurélie Caouette entre au pensionnat tenu par les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame à Saint-Hyacinthe. Durant ses études, elle bénéficie de la direction spirituelle de Joseph-Sabin Raymond*. Pendant les 40 années suivantes, ce dernier sera le témoin attentif de l’action du Seigneur en l’âme privilégiée d’Aurélie et il l’assurera de son soutien à toutes les étapes plus ou moins douloureuses qui la conduiront à la fondation d’une communauté religieuse.

Aurélie Caouette quitte le pensionnat en 1850 et retourne au foyer paternel. Même si elle est visiblement appelée à la vie religieuse, elle ne parvient pas à trouver sa voie. Le premier évêque de Saint-Hyacinthe, Mgr Jean-Charles Prince*, lui suggère de se joindre à une communauté enseignante ou à une communauté hospitalière, mais Aurélie sent que là n’est pas sa vocation. Elle mène une vie quasi cloîtrée, partagée entre la prière, des souffrances physiques inexplicables et l’assistance occasionnelle aux pauvres. Sa dévotion au précieux sang se fait de plus en plus profonde et impérative. Elle s’y abandonne sans savoir où cela va la conduire. De fait, depuis son jeune âge, Aurélie éprouve une très forte propension à souffrir pour Jésus Christ, le sujet de ses méditations solitaires. Des phénomènes extérieurs accompagnent ces états d’âme, entre autres des maladies étranges, des changements subits de la couleur des vêtements qu’elle porte, des objets qui deviennent brûlants entre ses mains. Il semble également qu’elle aurait eu la vision répétée du Christ ensanglanté par la couronne d’épines.

La règle de vie d’Aurélie Caouette laisse peu de place aux mondanités. Devant l’abbé Raymond, elle fait vœu de chasteté et ajoute à son nom celui de Catherine en raison de son admiration pour la jeune martyre d’Alexandrie. Elle prononce par la suite le vœu d’obéissance tout en poursuivant sa vie dans le monde. Devant elle, l’horizon demeure mystérieux. En 1849, le pape Pie IX a institué une fête liturgique fixée au 1er juillet pour honorer le sang du Christ. À partir de ce moment, la dévotion au précieux sang s’est intensifiée. Des confréries s’organisent un peu partout. C’est ainsi que Mgr Prince, qui partage la dévotion d’Aurélie pour le précieux sang, crée une congrégation de ce genre dans son diocèse le 23 mars 1858.

En 1859, Aurélie Caouette rencontre Mgr Ignace Bourget*, alors évêque de Montréal. Celui-ci écoute attentivement la jeune mystique puis, avec un accent prophétique, lui dit : « Si j’étais évêque à Saint-Hyacinthe je vous dirais : « Allez-vous-en dans une petite chaumière bien solitaire et fondez une communauté d’adoratrices du Précieux Sang. » La route d’Aurélie Caouette est enfin éclairée. Mgr Prince appuie d’emblée cette proposition. Toutefois, son décès, le 5 mai 1860, retarde la réalisation du projet.

Le nouvel évêque de Saint-Hyacinthe, Mgr Joseph La Rocque*, hésite à donner son accord à la fondation de cette communauté. L’abbé Raymond, un ami intime, réussit à le convaincre. Finalement, la congrégation des Sœurs adoratrices du Précieux-Sang voit le jour le 14 septembre 1861. Les quatre membres de la première communauté contemplative au Canada logent d’abord dans la maison du père d’Aurélie. Le 14 septembre 1863, les religieuses s’établissent dans leur propre monastère. Le même jour, Aurélie Caouette prononce ses vœux, devient mère Catherine-Aurélie du Précieux-Sang et supérieure.

La congrégation des Sœurs adoratrices du Précieux-Sang, spécialement vouée à la méditation et à l’oraison, connaît un développement rapide. Déjà en 1866, on compte 18 professes et 9 novices et l’on entreprend la construction d’un nouveau monastère à Saint-Hyacinthe. Ensuite viennent les fondations des monastères de Toronto (1869), Montréal (1874), Ottawa (1887), Trois-Rivières (1889), Brooklyn (ville de New York) (1890), Portland, en Oregon (1892), Sherbrooke, au Québec (1895), Nicolet (1896), Manchester, au New Hampshire (1898), et La Havane, à Cuba (1902). Mère Catherine-Aurélie du Précieux-Sang préside à l’inauguration de chacun d’entre eux. Outre qu’elle est supérieure à Saint-Hyacinthe, elle est également nommée, par une faveur papale obtenue par l’intermédiaire de l’évêque de Saint-Hyacinthe, Louis-Zéphirin Moreau, supérieure générale à vie de la communauté.

Mère Catherine-Aurélie du Précieux-Sang meurt le 6 juillet 1905 au monastère de la communauté à Saint-Hyacinthe. Son décès ne passe pas inaperçu car les nombreux phénomènes mystiques dont elle a été l’objet l’ont imposée à l’attention de ses contemporains. La réputation de sainteté de la fondatrice ne cesse dès lors de s’étendre. Le 20 novembre 1984, sa cause de béatification est ouverte dans le diocèse de Saint-Hyacinthe. L’honneur des autels lui sera peut-être accordé un jour.

Marguerite Jean

ANQ-M, CE2-5, 1l juill. 1833.— Arch. du séminaire de Saint-Hyacinthe, Québec, Fg-47 (fonds Aurélie Caouette).— La Semaine religieuse de Montréal, 24 juill. 1905.— La Semaine religieuse de Québec, 15 juill. 1905.— É.-J.[-A.] Auclair, Histoire de mère Catherine-Aurélie du Précieux-Sang [...] (Saint-Hyacinthe, 1923).— Marguerite Jean, Évolution des communautés religieuses de femmes au Canada de 1639 à nos jours (Montréal, 1977).— Le Jeune, Dictionnaire.— Gérard Mercier, Aurélie Caouette, femme au charisme bouleversant (5 vol., Montréal, 1982–1985).

Bibliographie générale

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Marguerite Jean, « CAOUETTE, AURÉLIE, Catherine-Aurélie du Précieux-Sang », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/caouette_aurelie_13F.html.

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Auteur de l'article:   Marguerite Jean
Titre de l'article:   CAOUETTE, AURÉLIE, Catherine-Aurélie du Précieux-Sang
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1994
Année de la révision:   1994
Date de consultation:   21 avril 2014