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CANAC, dit Marquis, PIERRE (baptisé Pierre Canac, il signa Pierre Canac dit Marquis à son mariage puis, au cours des années 1810, sa signature devint P. C. Marquis et, vers la fin de sa vie, on le désignait sous le nom de Canac Marquis), marchand, propriétaire foncier, juge de paix, fonctionnaire, officier de milice et homme politique, né le 8 octobre 1780 à Sainte-Famille, île d’Orléans, Québec, fils de Jean Canac (Canac, dit Marquis) et d’Angélique (Judith) Pepin (Pepin, dit Lachance) ; décédé le 25 novembre 1850 à Saint-André, près de Kamouraska, Bas-Canada.

Pierre Canac, dit Marquis, amorce sa carrière de commerçant à Québec où il réside jusqu’à ce qu’il fasse la connaissance de Marie-Salomé Michaud, fille mineure du cultivateur Alexandre Michaud et d’Élisabeth Ouellet, de Saint-André. Cet événement va transformer sa vie. Le 15 janvier 1810, ils se marient à Saint-André et, dès lors, Canac, dit Marquis, élit domicile dans cette paroisse. C’est chez lui, principal marchand de l’endroit, que les habitants de la région viennent s’approvisionner en marchandises ou, dans certains cas, emprunter de l’argent. Il devient également un important propriétaire foncier qui afferme ou revend à bon prix des terres à des gens désireux de s’établir à Saint-André. En outre, en 1824, il acquiert une maison dans le faubourg Saint-Roch à Québec, propriété qu’il louera subséquemment à diverses personnes.

En novembre 1821, Canac, dit Marquis, reçoit une commission pour juger des petites causes dans les paroisses rurales. Juge de paix du district de Québec de 1821 à 1828, il est ensuite nommé juge de paix de Saint-André. Il remplit cette fonction jusqu’à son abolition au milieu des années 1840. Au moment du recensement de 1831, Canac, dit Marquis, est à la tête d’une famille qui comprend ses enfants et ses petits-enfants, au total 19 personnes, toutes catholiques, qui occupent 785 arpents de terre dont le tiers sert à la culture des céréales et à l’élevage du bétail. Certaines d’entre elles fréquentent probablement la petite école privée qu’il a établie sur sa terre. De plus, son magasin sert de débit de boissons. La même année, Canac, dit Marquis, devient commissaire chargé de recevoir les affidavits dans la seigneurie de L’Islet-du-Portage, en compagnie de son ami Hypolite Sirois, dit Duplessis. À cette époque, il s’affirme comme l’un des principaux notables de Saint-André. En 1833, on le retrouve capitaine dans le 1er bataillon de milice du comté de Kamouraska. Il gravira ensuite d’autres échelons pour accéder au grade de colonel, ainsi que le rapporte son acte de sépulture.

Pierre Canac, dit Marquis, s’intéresse également à la politique. Défait en 1830, il est élu en 1834, avec Amable Dionne*, pour représenter la circonscription de Kamouraska à la chambre d’Assemblée du Bas-Canada. Il y joue d’abord un rôle effacé, se ralliant à la majorité patriote que dirige Louis-Joseph Papineau*. Toutefois, malgré son désir de voir l’Assemblée contrôler les subsides, il s’oppose au changement constitutionnel, notamment à la réforme du Conseil législatif. À partir de 1836, il prend ses distances d’avec les radicaux et, l’année suivante, vote contre le projet d’adresse au gouverneur lord Gosford [Acheson] en réponse aux résolutions Russell. Sa fidélité aux institutions coloniales lui vaut d’être nommé commissaire habilité à faire prêter serment après la suspension de la constitution le 10 février 1838. Durant les insurrections de 1837–1838 et au début du régime de l’Union, Canac, dit Marquis, conserve l’estime de ses concitoyens et devient maire de Saint-André après la création de la municipalité de paroisse en 1845. Commerçant toujours actif, il demeure un personnage des plus influents dans sa région. En 1848, on le réélit député de Kamouraska. Durant ce second mandat, il participe davantage aux travaux parlementaires, en présidant notamment quelques comités pléniers de la chambre. En 1849, il vote en faveur du projet de loi controversé qui vise à indemniser les habitants du Bas-Canada qui ont subi des pertes en 1837–1838 [V. James Bruce*]. Il se rend à Toronto pour la session de 1850 et meurt en novembre de cette année-là à Saint-André.

François Drouin

ANQ-Q, CE1-11, 9 oct. 1780 ; CE3-11, 15 janv. 1810, 26 nov. 1850 ; CN1-104, 1832–1849 ; CN1-178, 6 oct. 1827 ; CN1-262, 4 juin 1805 ; CN3-8, 1819–1829.— APC, RG 31, C1, 1831, Saint-André, Québec (mfm aux ANQ-Q) ; RG 68, General index, 1651–1841.— B.-C., chambre d’Assemblée, Journaux, 1835–1837.— Canada, prov. du, Assemblée législative, Journaux, 1848–1850.— Debates of the Legislative Assembly of United Canada (Abbott Gibbs et al.), 7–9.— Almanach de Québec, 1821–1841.— F.-J. Audet, « les Législateurs du B.-C. ».— Desjardins, Guide parl.— Répertoire des mariages de Saint-André de Kamouraska, 1791–1968, Armand Proulx, compil. (La Pocatière, Québec, [1970]).— P.-H. Hudon, Rivière-Ouelle de la Bouteillerie ; 3 siècles de vie (Ottawa, 1972), 338–340.— Labarrère-Paulé, les Instituteurs laïques, 18, 21, 96.

Bibliographie générale

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François Drouin, « CANAC, Marquis, PIERRE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 2 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/canac_pierre_7F.html.

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Auteur de l'article:   François Drouin
Titre de l'article:   CANAC, Marquis, PIERRE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1988
Année de la révision:   1988
Date de consultation:   2 septembre 2014