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Titre original :  Title: Toronto East Hospital, Mark Bredin laying cornerstone
Archival citation: Fonds 1266, Item 11952
Date(s) of creation of record(s): October 22, 1927
Physical description of record(s): 1 photonegative : b&w, glass ; 9 x 11 cm
Form of material: Photographs
Forms part of Fonds 1266; Globe and Mail fonds. 
https://gencat.eloquent-systems.com/city-of-toronto-archives-m-permalink.html?key=288363

Provenance : Lien

BREDIN, MARK, boulanger, homme d’affaires et homme politique, né le 2 juillet 1863, probablement à Dublin, fils de John Bredin et de Mary Graham ; le 11 août 1885, il épousa à Toronto Eliza Jane Wilcox (1867–1966), née en Ontario, et ils eurent neuf filles, dont deux moururent en bas âge, et au moins cinq fils ; décédé le 19 octobre 1935 dans cette ville et inhumé au cimetière Mount Pleasant.

Mark Bredin avait 20 ans quand, en octobre 1883, il immigra au Canada avec des membres de sa famille. En Irlande, il avait été apprenti dans une boulangerie ; à Toronto, il trouva un emploi de conducteur de voiture de livraison de pain à cheval et gravit les échelons jusqu’à devenir boulanger. Le 1er avril 1887, déjà marié et père d’une fillette, il ouvrit sa propre boulangerie.

Bredin adopta rapidement de nouvelles technologies de panification. D’après un observateur, en 1891, il figurait parmi les rares boulangers de Toronto à posséder un pétrin mécanique, et, sept ans plus tard, il fut l’un des premiers sur le continent à avoir une façonneuse à pâte. Durant sa carrière, Bredin créerait et commercialiserait plusieurs types de pain. En 1934, dans un discours prononcé devant des collègues boulangers, il ferait valoir qu’offrir « des produits et un service de qualité à un prix équitable », plutôt que d’essayer d’attirer les consommateurs avec de bas prix, s’avérait essentiel au succès dans l’industrie boulangère : « Nous savons qu’il faut parfois du courage pour demander le juste prix pour un bon pain, mais celui qui est assez prévoyant et intelligent pour gagner la confiance du public finira par récolter les fruits de son courage en affaires. »

En 1896, Bredin et Joseph Tait, homme d’affaires local, lancèrent la Tait-Bredin Company, entreprise de fabrication de pain, de gâteaux et de biscuits. Tait en était le président et Bredin le secrétaire-trésorier et l’administrateur. En 1900–1901, le bruit courut que l’important boulanger torontois George Weston* acquerrait la Tait-Bredin Company, dans le cadre de ce que le Globe qualifia de tentative d’établissement d’un monopole dans la ville par la création d’un « trust du pain ». Face aux accusations, dans la presse, de pratiques anticoncurrentielles, Tait, moins impliqué dans l’entreprise depuis son entrée dans la fonction publique de l’Ontario en 1897, soutint que les pourparlers de fusion avaient eu lieu à son insu ; Weston nia formellement l’existence de ces pourparlers. Quant à Bredin, il ne se prononça vraisemblablement pas publiquement sur la question. Tait et Bredin mirent apparemment fin à leur association puisque, en décembre 1901, on renomma l’entreprise Bredin Bread Company. William James Bredin, frère de Mark, figure à titre de président dans le répertoire de la ville de 1902 ; Mark, secrétaire-trésorier, tenait néanmoins le rôle principal dans l’entreprise, dont la marque devint populaire dans la région. Le « pain crémeux », produit vedette fortement publicisé, résultait, selon la société, de méthodes de production techniquement avancées ; les annonces publicitaires vantaient sa valeur nutritive, la qualité de ses ingrédients et son prix abordable.

L’idée d’une fusion continua probablement d’attirer Bredin, ainsi que d’autres boulangers du dominion. En 1911, Bredin, Weston, le Torontois Henry Charles Tomlin, le Winnipegois William James Boyd et le Montréalais Enoch James Stuart combinèrent leurs infrastructures et leurs actifs pour former la Canada Bread Company Limited. Le financier de Toronto Cawthra Mulock* administra l’entreprise consolidée et s’en porta garant. Bredin, nommé vice-président et directeur général, recevait un salaire annuel de 12 000 $. Selon ses propres estimations, la nouvelle entreprise pouvait produire 600 000 miches de pain par semaine à l’échelle nationale. Au lieu de la qualifier de trust qui limitait la concurrence, la presse en fit l’éloge. Ce changement d’attitude découlait peut-être d’une ouverture de plus en plus large aux idées de gestion scientifique de l’ingénieur américain Frederick Winslow Taylor. On considérait que la nouvelle organisation avait la capacité d’utiliser les plus récentes techniques de production et d’atteindre les normes sanitaires les plus élevées possibles. Selon le Globe, la fusion visait finalement l’établissement de boulangeries modernes dans toutes les grandes villes du pays, permettant ainsi à la Canada Bread Company Limited d’« offrir aux consommateurs un pain de qualité supérieure uniforme au coût minimal ». En 1918, après la mort prématurée de Mulock, on nomma Bredin à la présidence. Sous sa direction, la boulangerie devint l’une des plus importantes au Canada, grâce à l’élément clé d’intégration verticale. Au 1er juillet 1922, par exemple, elle avait engendré des profits de 478 657 $, chiffre qui, en l’espace d’un an, grimpa à 711 696 $. Bredin abandonna ses fonctions de directeur général en 1925 au profit de son fils William Thomas, qui démissionna en 1928. Mark reprit alors provisoirement la direction, puis, la même année, quitta lui aussi la compagnie et commença à exploiter une boulangerie indépendante avec ses fils. À cette époque-là, la Maple Leaf Milling Company Limited, ancêtre des Aliments Maple Leaf, avait acquis le contrôle de la Canada Bread Company Limited, dont la marque et les produits connaîtraient encore beaucoup de popularité auprès des consommateurs canadiens au début du xxie siècle.

Bredin, administrateur de la United Empire Bank of Canada et président du conseil d’administration de la Canadian Canners Limited, s’impliquait, comme nombre d’hommes d’affaires prospères de son temps, dans plusieurs entreprises. Il se lança aussi en politique et remporta l’élection au conseil de ville de Toronto en 1908. Il représenta le quartier no 3 aux côtés du futur maire Samuel McBride et du caricaturiste John Wilson Bengough*. Durant ses deux mandats d’un an à titre de conseiller municipal, Bredin ne soutint apparemment aucune initiative importante et ne se trouva mêlé à aucune controverse notable. À l’échelle fédérale, il appuya le Parti libéral de sir Wilfrid Laurier* et assista occasionnellement à des rassemblements de campagnes électorales. Au cours de la Première Guerre mondiale, cependant, Bredin, dont le fils William Thomas était officier dans le Corps expéditionnaire canadien, soutint publiquement le gouvernement d’union de sir Robert Laird Borden.

Bredin, qui occupait un rang élevé dans la société torontoise, s’associa à de nombreuses organisations professionnelles et œuvres charitables. Il fut gouverneur à vie de l’American Bakers Association, directeur de la Canada Bread and Cake Bakers’ Association, président fondateur du conseil d’administration et gouverneur du Toronto East General Hospital, et président de la Toronto Open-Air Parade Association. Il appartint également à des clubs prestigieux, dont l’Empire Club of Canada et le Royal Canadian Yacht Club. Sa participation au conseil de l’Irish Protestant Benevolent Society et à divers efforts de secours humanitaire durant la grande dépression compte parmi ses activités de bienfaisance.

Charles Davies, auteur d’une histoire de l’entreprise familiale Weston, décrivit Mark Bredin au milieu de sa vie comme un « Irlandais un peu chauve et à l’air aimable, avec une moustache poivre et sel ressemblant à un balai de balayeur de rues ». Bredin mourut le 19 octobre 1935 à Toronto, à l’âge de 72 ans, d’une pyélonéphrite aiguë due à une inflammation de la prostate. Selon son testament homologué, il légua à sa famille une fortune considérable, évaluée à 364 744,43 $. À plusieurs égards, il correspondait à l’image que beaucoup de Canadiens de son temps se faisaient d’un homme d’affaires progressiste. Il s’adapta promptement à la technologie de production de masse et combina finalement ses ressources avec celles d’autres entrepreneurs de son domaine d’activité, afin de maximiser leur part de marché et de limiter, sinon d’éliminer, la concurrence. Bredin contribua ainsi à l’avènement d’une nouvelle phase du capitalisme industriel et, par conséquent, de la société de consommation.

Kerry Badgley

Mark Bredin est l’auteur de « Bakers always come back to need of organization », Baker and Confectioner (Londres), octobre 1934 : 23, 35. On trouve des photographies de Bredin aux City of Toronto Arch., Fonds 1266, images 11952, 30590, 33885, et dans le Toronto Daily Star, 24 août 1904.

AO, RG 22-305, n78472 ; RG 80-5-2-139, n014128 ; RG 80-8-0-1560, no 006482.— BAC, R233-36-4, Ontario, dist. Toronto (119), sous-dist. St John’s Ward (E), 64–65.— Globe, 5 déc. 1900 ; 5 janv. 1901 ; 9, 14 août 1911 ; 16 avril 1912 ; 27 sept. 1923 ; 29 juin 1925 ; 31 août, 30 nov. 1928 ; 21 oct. 1935.— Toronto Daily Star, 28 juill. 1898 ; 4 déc. 1900 ; 7 janv. 1901 ; 24 janv. ; 17, 25 oct. 1906 ; 2 janv., 15 mai 1908 ; 9 août 1911 ; 15 déc. 1917 ; 6 déc. 1918 ; 6, 21 mai 1931 ; 17 oct. 1932 ; 25 janv. 1933 ; 10 janv. 1934 ; 19 oct. 1935.— Canada, Dép. du Travail, Combines Investigation Act : investigation into an alleged combine in the bread-baking industry in Canada […] (Ottawa, 1931).— Cent ans de service en tant que boulangerie et chef de file au Canada (s.l., [2011 ?]).— Charles Davies, Bread men : how the Westons built an international empire (Toronto, 1987).— J. E. Middleton, Municipality of Toronto : a history (3 vol., Toronto et New York, 1923).

Bibliographie générale

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Kerry Badgley, « BREDIN, MARK », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 5 oct. 2022, http://www.biographi.ca/fr/bio/bredin_mark_16F.html.

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Permalien: http://www.biographi.ca/fr/bio/bredin_mark_16F.html
Auteur de l'article:    Kerry Badgley
Titre de l'article:    BREDIN, MARK
Titre de la publication:    Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16
Éditeur:    Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:    2022
Année de la révision:    2022
Date de consultation:    5 octobre 2022