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BERTHELET, ANTOINE-OLIVIER, homme d’affaires, député, philanthrope, né à Montréal, le 25 mai 1798, fils de Pierre Berthelet*, médecin qui s’était enrichi dans le négoce, et de Marguerite Viger, décédé dans la même ville le 25 septembre 1872.

Antoine-Olivier Berthelet fit ses études au collège de Montréal, où il eut comme condisciples Côme-Séraphin Cherrier*, John Donegani* et Édouard-Raymond Fabre*. À la mort de son père, survenue en 1830, il se lança dans les affaires. Il avait prévu que la ville de Montréal se développerait rapidement dans la direction de l’est et il y acquit d’immenses terrains qu’il revendit avec profit ou qu’il céda en pur don aux institutions de charité. Député de Montréal-Est de 1832 à 1834, Antoine-Olivier Berthelet se rendit compte que la politique n’était pas le domaine où il pouvait être le plus utile à ses compatriotes. Il prêtait cependant son nom et son prestige aux organisations patriotiques. C’est ainsi qu’on le retrouve parmi les membres de l’Association des Fils de la liberté en 1837 ; il ne semble pas, cependant, avoir favorisé le recours aux armes. Berthelet s’inscrivit également à l’Institut canadien de Montréal, mais il démissionna après l’intervention de Mgr Ignace Bourget* qui, en 1858, condamna l’institut et le libéralisme dont il était l’organe. Il appartenait à une génération dont l’opinion de beaucoup la plus commune considérait le catholicisme comme un des éléments nécessaires au patriotisme canadien-français.

Son arrière-petit-fils, l’ingénieur Alfred Larocque, nous apprend que pendant les 25 dernières années de sa vie, Antoine-Olivier Berthelet se retira des affaires pour se donner tout entier aux œuvres de charité. D’après les statistiques dressées par Larocque, il donna aux maisons de charité et d’éducation plus de $400 000, somme fabuleuse pour l’époque. À quoi il faut ajouter d’autres générosités dont on ignore le montant. À Montréal, il n’est pratiquement aucune communauté qui ne profitât de ses générosités : Sœurs de la Providence, Compagnie de Jésus, Oblats de Marie- Immaculée, Sœurs de la Miséricorde, du Bon-Pasteur, de Sainte-Anne, du Sacré-Cœur, Frères de la Charité, etc. Autant de groupes religieux qui existent encore aujourd’hui, et dont plusieurs doivent leur survie aux opportunes largesses d’Antoine-Olivier Berthelet. En 1868, lors du recrutement des zouaves chargés de défendre les états pontificaux, il paya de sa personne comme président du comité, et de ses deniers en prenant à sa charge les frais de voyage et d’entretien de 20 soldats du pape.

On admire avec raison la floraison d’œuvres qui marqua l’épiscopat de Mgr Bourget, mais il est juste de dire que le succès n’aurait pas été aussi spectaculaire ni aussi durable si l’évêque n’avait pas eu la pleine collaboration de celui qu’on pourrait appeler son ministre des finances ; ministre des finances d’une espèce rare qui n’allait pas chercher l’argent dans le gousset des autres, mais qui se taxait lui-même. Dans les derniers temps, en effet, Antoine-Olivier Berthelet diminua son train de vie afin de pouvoir donner davantage.

En 1844, le cardinal Joseph Fransoni, préfet de la Propagande, lui adressait une lettre de remerciement pour les services qu’il rendait à l’Église et lui envoyait une médaille frappée à l’effigie de Grégoire XVI ; en 1864, le père Pierre Beck, général de la Compagnie de Jésus, lui accordait le titre de bienfaiteur insigne ; et, en 1869, il était créé commandeur de l’ordre très illustre de Pie IX, en reconnaissance de la part éminente qu’il avait prise dans le recrutement et l’organisation des zouaves.

Antoine-Olivier Berthelet mourut le 25 septembre 1872 ; ses funérailles eurent lieu à Notre-Dame et attirèrent une foule impressionnante. C’était l’adieu collectif de tout Montréal à un homme qui n’avait que des amis et qui avait fait tant d’heureux. Son corps fut déposé dans l’église Saint-Joseph qu’il avait fait construire rue Cathédrale et qu’il avait ensuite cédée aux sœurs grises. Lors de la démolition de cette église, en 1930, ses restes furent transportés au cimetière de la maison mère des sœurs grises.

Le 30 octobre 1822, Berthelet avait épousé Marie-Angélique Chaboillez dont il eut une fille, Amélia, qui s’unit à François-Alfred-Chartier Larocque. De son second mariage avec Charlotte, fille de Louis Guy, il n’eut pas d’enfant.

Léon Pouliot

A l’occasion de la mort de Berthelet, les journaux ont publié plusieurs notices biographiques. La plus importante est celle qui parut dans Le Nouveau Monde (Montréal), du 27 sept. au 8 oct. 1872.  [l. p.]

ASJCF, 2 286, 5 ; 3 098 ; 3 175, 15.— Audet, Les députés de Montréal, 107–112.— Borthwick, Montreal, 49.— L’Institut de la Providence ; histoire des Filles de la Charité Servantes des Pauvres dites sœurs de la Providence (6 vol., Montréal, 1925–1940), VI : 265–313.— É.-Z. Massicotte, Un philanthrope canadien-français, M. A.-O. Berthelet, BRH, XXII (1916) : 183–185.— Léon Trépanier, Un philanthrope d’autrefois : Antoine-Olivier Berthelet, RSCHÉC, XXVIII (1961) : 19–25.

Bibliographie générale

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Léon Pouliot, « BERTHELET, ANTOINE-OLIVIER », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/berthelet_antoine_olivier_10F.html.

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Auteur de l'article:   Léon Pouliot
Titre de l'article:   BERTHELET, ANTOINE-OLIVIER
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1972
Année de la révision:   1972
Date de consultation:   21 septembre 2014