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BERESFORD, HERBERT GRAHAME, arpenteur et homme politique, né le 19 novembre 1880 à Harviestoun, Clackmannanshire, Écosse, fils de Herbert John Beresford et d’Agnes Pitt ; le 12 novembre 1913, il épousa à Winnipeg Donalda Margaret Watson, et ils eurent deux fils ; décédé le 12 juin 1938 au même endroit.

Né en Écosse, dans la paroisse de Tillicoultry, et élevé dans la localité voisine de Dollar, Herbert Grahame Beresford fit ses études primaires à la Dollar Academy. Cet établissement financé par le privé acceptait des élèves prometteurs indépendamment de leur capacité à payer les droits de scolarité, élément probablement important à prendre en compte pour le fils d’un jardinier. Il s’inscrivit plus tard à la University of St Andrews, mais n’y obtint pas de diplôme. En avril 1903, il fut le premier de sa fratrie à émigrer au Canada. Bien qu’il n’existe pas de preuve solide pour expliquer son départ, il semble plausible que, comme beaucoup d’autres jeunes hommes d’Écosse, il ait simplement décidé de profiter des possibilités accrues qu’offrait le Canada sur le plan économique à cette époque. Il partit de l’est du pays pour aller s’établir au Manitoba en 1905.

Peut-être en raison de la formation qu’il avait reçue en Écosse, Beresford choisit le métier d’arpenteur. En 1906, ce titre professionnel pouvait être obtenu seulement après avoir réussi un examen préparatoire, qu’il passa en avril, et un apprentissage payant (le candidat devait débourser 400 $) de trois ans. Sous la direction de l’arpenteur John Francis, Beresford aida à arpenter tant des fermes que des concessions forestières partout dans l’Ouest. En septembre 1909, il se qualifia comme arpenteur au Manitoba. Devenu, dit-on, arpenteur des terres du dominion peu de temps après, il prit bientôt part aux affaires de l’Association des arpenteurs provinciaux. Il fut vérificateur de cette organisation dès 1911 et en occuperait la présidence deux fois, soit en 1918 et en 1919.

Beresford vécut d’abord à Portage-la-Prairie, puis s’installa à Grandview, mais il passait en réalité la plus grande partie de son temps sur le terrain. En 1912 ou 1913, il entra au service de l’importante entreprise de Robert Charles McPhillips, dont le bureau principal était situé à Winnipeg, et adopta un mode de vie plus stable. En 1912, il s’était déjà fixé dans cette ville et, l’année suivante, il épousa Donalda Margaret Watson, originaire d’Écosse. Il acheta une maison peu après.

Beresford avait compris que l’avenir de l’arpentage au Manitoba se trouvait dans les terres incultivables de la province, en particulier dans les zones d’exploitation minière du nord et du centre, alors en prospection. Toutes les concessions minières devaient être relevées officiellement par un arpenteur de la province ou des terres du dominion et les résultats de ces travaux, soumis au ministère fédéral de l’Intérieur. En 1913, Beresford commença à travailler dans la région du lac Big Rice (Rice) et, en 1915, il avait déjà décidé de se mettre à son compte, se concentrant exclusivement sur les terres qui s’étendaient de la rivière Winnipeg jusqu’au nord et à l’est de Manigotagan. Sa connaissance de plus en plus approfondie de la région et son aptitude à effectuer du bon travail dans des conditions difficiles firent rapidement de lui l’arpenteur de choix dans le secteur de l’exploitation minière du centre du Manitoba. Il mesura les concessions délimitées à l’origine par Ephrem Albert Pelletier en 1910–1911, qui deviendraient l’élément central de la San Antonio Gold Mines Limited, et réalisa des travaux d’arpentage pour presque tous les prospecteurs et consortiums miniers d’importance des environs, dont Gilbert Adelard LaBine*.

Les carnets d’arpentage du ministère de l’Intérieur révèlent que, de 1916 à 1929, Beresford arpenta personnellement la plus grande partie de la région minière du centre du Manitoba ; d’ailleurs, il soumit à lui seul le tiers des carnets d’arpentage des concessions minières de la province entre 1904 et 1930. À titre privé, il fit également un peu de spéculation à petite échelle, acquérant en son nom, au nom de sa femme et parfois de celui de propriétaires miniers, comme Thomas Cuthbert Anderson des Central Manitoba Mines, un certain nombre de parcelles de concessions qui restaient après la mesure en bonne et due forme de concessions complètes en partie contiguës. Son rôle dans l’arpentage et la cartographie de la région fut bientôt reconnu : dès 1920, on rebaptisa le lac Bulldog en son honneur. En 1934, ses explorations et levés dans l’Ouest canadien lui vaudraient le titre de membre de la Royal Scottish Geographical Society.

Beresford possédait un chalet d’été pour lui et sa famille à Walton’s Landing, porte du nord et du centre du Manitoba, où il employait régulièrement des travailleurs de l’endroit. Selon un témoignage objectif, il se liait d’amitié facilement, et agissait avec énergie dans la promotion de la région et de son industrie naissante ; il en vint à y connaître tous les prospecteurs et les entrepreneurs miniers, de même que les membres du clergé, les directeurs de la Hudson’s Bay Company, ainsi que les leaders autochtones et sang-mêlé.

Comme beaucoup d’autres arpenteurs, Beresford partageait sa vie entre le terrain, où il travaillait généralement de mars à novembre, et son domicile, où il demeurait pendant les mois d’hiver. Lorsqu’il était à Winnipeg, il terminait ses rapports, se préparait pour les travaux de la saison suivante, s’occupait de sa famille, participait aux activités de la collectivité et de l’église anglicane St Jude, et s’engageait particulièrement dans la franc-maçonnerie. Associé à l’Order of DeMolay (organisation de la franc-maçonnerie pour les jeunes) depuis le début des années 1920, soit peu de temps après l’arrivée de cet organisme au Canada, il siégeait au conseil consultatif de la section de Winnipeg, et faisait partie du Prince Rupert Chapter No. 1, du rite écossais et du Masonic Shrine.

Aux élections provinciales de 1927, Beresford se présenta dans Rupert’s Land, vaste circonscription qui englobait la plus grande partie du nord-est du Manitoba et presque toute la région minière du centre. Il choisit de faire campagne à titre de candidat indépendant, mais il devint rapidement évident qu’il était en fait partisan du premier ministre progressiste John Bracken*, promoteur des industries primaires. Beresford remporta une victoire éloquente et entra en fonction comme porte-parole reconnu du secteur minier. Même s’il ne joua pas un rôle de premier plan dans le gouvernement Bracken, il se tailla une réputation de député respectable qui servait bien ses électeurs. Il préconisa la construction de nouvelles routes vers les localités minières, l’amélioration des routes de portage et la mise en place d’un chemin d’hiver pour atteindre le lac Island ; de plus, il prit part à la modification de la législation minière. En fait, tout en restant actif en tant qu’arpenteur dans sa circonscription et au nouveau gisement d’uranium que son ami LaBine était le premier à exploiter au Grand lac de l’Ours, dans les Territoires du Nord-Ouest, il assista à toutes les sessions et fit du bon travail au sein des comités. Selon Ingimar Ingaldson, collègue député, il était considéré comme le représentant le plus vaillant que « la circonscription n’a[vait] jamais eu ».

Toutefois, en 1932, malgré sa renommée, Beresford ne connut pas le succès aux élections provinciales suivantes, fixées au mois de juin. Il avait accepté de se porter candidat à titre de membre de la nouvelle coalition que les progressistes de Bracken avaient formée avec les libéraux. Il était si convaincu de gagner qu’il profita du beau temps pour retourner au Grand lac de l’Ours plutôt que de faire campagne, étant donné que les élections dans les deux circonscriptions les plus éloignées du Manitoba, The Pas et Rupert’s Land, étaient toujours reportées. Même si le groupe de Bracken remporta une victoire décisive le 16 juin, l’un de ses candidats-vedettes d’allégeance libérale, le trésorier de la province Ewen Alexander McPherson*, fut défait. De nombreux libéraux attendaient de Bracken qu’il trouve pour McPherson une circonscription sûre comme preuve de son engagement envers la coalition. Quelques jours plus tard, les journaux de Winnipeg rapportèrent que McPherson serait presque certainement candidat dans Rupert’s Land, mais il était évident que Bracken ne jugea pas nécessaire d’aborder la question avec Beresford. Le 28 juin, le lendemain de la présentation par son bureau des documents de mise en candidature de McPherson dans la circonscription, le premier ministre envoya un télégramme à Beresford pour lui demander s’« [il] pouv[ait] être en mesure de se retirer [de la course] et d’annoncer qu’[il] le fais[ait] pour céder sa place à l’honorable Ewen McPherson […] qui ser[ait] le candidat du gouvernement dans Rupert’s Land ».

Beresford refusa poliment la requête en disant à Bracken qu’il ne pouvait pas, « à une date aussi tardive, manquer à sa parole envers [ses] nombreux amis » de la circonscription. Sans l’appui du premier ministre, forcé d’effectuer une campagne à distance (il comptait sur les efforts de sa femme, les messages radiophoniques livrés par des amis et le travail de quelques fidèles de la région) et d’affronter McPherson, qui avait le soutien non seulement du gouvernement, mais aussi de plusieurs propriétaires et directeurs de mines, Beresford se trouvait dans une situation sans espoir. Néanmoins, le 14 juillet, ironiquement toujours candidat comme partisan du gouvernement contre un ministre du cabinet et un conservateur devenu indépendant, il arriva deuxième, avec presque le même nombre de voix qu’il avait obtenu en 1927. Comme le fit remarquer un commentateur pro-Bracken, « si Beresford avait été dans sa région durant la campagne, il aurait remporté la victoire ».

Malheureusement pour Beresford, cet épisode mit fin à sa carrière politique et sembla marquer aussi le début d’un déclin dans sa vie personnelle. Il demeura actif en qualité d’arpenteur, mais au moment de sa mort prématurée à la suite d’une crise cardiaque au Grace Hospital de Winnipeg, en 1938, il était ruiné. On ne sait pas si ses problèmes furent occasionnés par la grande dépression ou par l’échec possible de son mariage en 1935–1936. La maison familiale avait été vendue au cours de 1935, sa femme et au moins l’un de ses enfants s’étaient installés sans lui dans un appartement plus tard cette année-là, et Beresford lui-même ne semble pas avoir eu de résidence permanente à Winnipeg pendant les trois dernières années de sa vie. Sa succession consistait en 177 $ de « valeurs en banque et autres fonds », et en 50 $ d’effets personnels. C’était peu pour un homme qui avait connu du succès dans sa profession, avait été un pilier de Winnipeg et de la région minière du centre, et avait été propriétaire d’une imposante maison en ville, d’un chalet d’été et de nombreuses concessions minières prometteuses.

Bien que les difficultés assombrirent la dernière partie de sa vie, Herbert Grahame Beresford apporta une contribution importante à son pays d’adoption. Son travail dans la région minière du centre du Manitoba eut une portée considérable et la période de cinq ans qu’il passa à l’Assemblée provinciale fut productive. Néanmoins, sa carrière de député et le dénouement de celle-ci en disent également long sur la dureté du milieu politique, et ce, même dans le gouvernement de l’homme qu’on appelait « l’honnête John Bracken ».

James D. Mochoruk

AM, ATG 0025A (Winnipeg estate files), GR4864 (1941) ; MG10 (Assoc. of Manitoba Land Surveyors fonds), A17/3 (minute book) ; A17/5 (articles of indenture) ; NR 0157 (land surveyors field books), GR1601, 81-400 ; P 2545 (John Bracken constituency files).— Winnipeg Free Press, 13 juin 1938.— Annuaire, Winnipeg, 1910–1939.— H. E. Beresford, « Early surveys in Manitoba », Manitoba, Hist. and Scientific Soc., Papers (Winnipeg), 3e sér., no 9 (1954) : 6–15.— CPG, 1928–1933.— J. [E.] Kendle, John Bracken : a political biography (Toronto, 1979).— J. [D.] Mochoruk, Formidable heritage : Manitoba’s north and the cost of development, 1870 to 1930 (Winnipeg, 2004).— Noms géographiques du Manitoba ([Winnipeg, 2002 ?]).

Bibliographie générale

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James D. Mochoruk, « BERESFORD, HERBERT GRAHAME », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 26 juin 2017, http://www.biographi.ca/fr/bio/beresford_herbert_grahame_16F.html.

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Auteur de l'article:   James D. Mochoruk
Titre de l'article:   BERESFORD, HERBERT GRAHAME
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   2016
Année de la révision:   2016
Date de consultation:   26 juin 2017