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BATES, WALTER, fonctionnaire et auteur, né le 14 mars 1760 dans la partie de Stamford, Connecticut, qui s’appelle aujourd’hui Darien, quatrième fils de John Bates et de Sarah Bostwick ; le 7 octobre 1784, il épousa à Kingston, Nouveau-Brunswick, Abigail Lyon, et ils eurent quatre enfants dont trois moururent en bas âge, puis le 12 septembre 1826 à Hampton, Nouveau-Brunswick, Mme Lucy Smith ; décédé le 11 février 1842 à Kingston.

Élevé dans l’est du Connecticut par des parents qui le destinaient à devenir fermier, Walter Bates n’aurait probablement pas abandonné son métier ni sa région si la conjoncture ne l’y avait forcé. Animé d’une piété authentique, Bates était un homme stable qui n’avait aucun goût pour l’aventure. Cependant, la guerre d’Indépendance américaine faisait rage, et ses trois frères aînés s’étaient engagés du côté des tories. À l’âge de 15 ans, Bates fut capturé par des sympathisants rebelles, interrogé par un comité, soumis à des affronts et menacé de mort s’il ne révélait pas où se trouvaient un de ses frères et d’autres tories importants, soupçonnés de se cacher dans le voisinage. Il finit par être libéré mais ne rentra pas dans son village avant deux ans. Moins de trois jours après son retour, en dépit du fait que son père se mourait de la petite vérole, il dut se réfugier auprès de la garnison britannique à New York, où il jura fidélité à George III.

En 1783, Bates figurait parmi les fermiers tories de l’île Long (où il enseignait depuis quelque temps) qui acceptèrent l’offre du roi, à savoir 200 acres de terre en Nouvelle-Écosse, le transport gratuit jusque là-bas et des provisions pour deux ans. Il fit le voyage à bord de l’Union, premier navire de la flotte à arriver au printemps de 1783 à l’emplacement qui allait devenir Parrtown (Saint-Jean, Nouveau-Brunswick). Il fut du premier groupe de colons qui s’installèrent à Kingston, au bord du ruisseau Belleisle (ruisseau Kingston), où il demeura jusqu’à sa mort. Devenu membre du conseil municipal dès l’âge de 26 ans, il allait être shérif en chef du comté de Kings pendant nombre d’années.

Le récit que Bates fit de ses expériences, Kingston and the loyaliste of the « spring feet » of AD1783 [...], fut publié à titre posthume en 1889. Il révèle un partisan tory d’une extrême modestie personnelle, très soucieux de bien rapporter les faits et qui, tant dans ses décisions conscientes que dans la conduite de sa vie, se préoccupait beaucoup de la situation de l’Église d’Angleterre en général et de la congrégation Trinity de Kingston en particulier. L’un des principaux fondateurs de cette congrégation, Bates s’en occupa tout au long de sa vie. On le choisit bientôt comme successeur de Frederick Dibblee* qui était officiant laïque quand il n’y avait pas de ministre.

L’intérêt que Walter Bates portait à Henry More Smith, voleur et escroc notoire, provenait sans doute, bien que Smith ait eu un côté religieux très prononcé, de ce que les contraires s’attirent. Quoi qu’il en soit, c’est avant tout comme auteur de The mysterious stranger ; or, memoirs of Henry More Smith [...], paru d’abord en 1817, que Bates mérite de passer à la postérité. Ce livre, qui a connu de nombreuses rééditions aussi bien en Amérique du Nord qu’en Angleterre et s’est vendu à des milliers d’exemplaires, a très bien résisté au temps. Son intérêt repose sur deux facteurs. D’abord, la personnalité remarquable du protagoniste : voici un bandit doux, ingénieux et déroutant à la fois qui, s’il avait opté pour une existence honnête, aurait pu assez aisément se distinguer dans l’Église ou la politique. Ensuite, le talent littéraire de l’auteur : par son choix de détails factuels, son souci de la vérité et son style dénué de prétention, Bates a en effet produit là un ouvrage qui, mélange de suspense et de vraisemblance, se compare aux meilleures œuvres de Daniel Defoe.

Fred Cogswell

Walter Bates est l’auteur de : Kingston and the loyalists of the « spring fleet » of A.D1783, with reminiscenses of early days in Connecticut : a narrative [...], W. O. Raymond, édit. (Saint-Jean, N.-B., 1889 ; réimpr., Fredericton, 1980) ; The mysterious stranger ; or, memoirs of Henry More Smith ; alias Henry Frederick Moon ; alias William Newman : who is now confined in Simbury mines, in Connecticut, for the crime of burglary ; containing an account of his [...] confinement in the gaol of King’s County, province of New-Brunswick [...] with a statement of his succeeding conduct [...] (New Haven, Conn., 1817), lequel fut publié à Londres la même année sous le titre de Companion for Caraboo : a narrative of the conduct and adventures of Henry Frederic Moon, alias Henry Frederic More Smith, alias William Newman – now under sentence of imprisonment, in Connecticut, in North America, containing an account of his unparalleled artifices, impostures, mechanical ingenuity, &c. &c. displayed during and subsequently to his confinement in une of his majesty’s gaols in the province of New Brunswick, with an introductory description of New Brunswick, and a postscript containing some account of Caraboo, the late female impostor, of Bristol; et A serious conference by letters on the subject of religious worship, and of the church of God, from a member of the established episcopal Church of England, in [...] New-Brunswick, to a member of the established congregational Presbyterian Church, in the state of Connecticut [...] (Saint-Jean, 1826).

APNB, RG 4, RS24, S24-P29, S24-P35.— Saint John Regional Library (Saint-Jean), « Biographical data relating to New Brunswick families, especially of loyalist descent », D. R. Jack, compil. (4 vol., copie dactylographiée ; copie au Musée du N.-B.).— New-Brunswick Courier, 19 févr. 1842.— Royal Gazette (Fredericton), 19 sept. 1826.— DAB. W. G. MacFarlane, New Brunswick bibliography : the books and writers of the province (Saint-Jean, 1895).— G. P. Beyea, « The Canadian novel prior to confederation » (thèse de m.a., Univ. of N.B., Fredericton, 1950).— E. B. Huntington, History of Stamford, Connecticut [...] (Stamford, 1868 ; réimpr. avec corrections, Harrison, N.Y., 1979).

Bibliographie générale

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Fred Cogswell, « BATES, WALTER », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/bates_walter_7F.html.

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Auteur de l'article:   Fred Cogswell
Titre de l'article:   BATES, WALTER
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1988
Année de la révision:   1988
Date de consultation:   23 avril 2014