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AVENEAU, CLAUDE, prêtre, jésuite, né à Laval (département de Mayence) le 25 décembre 1650, mort à Québec le 14 septembre 1711.

Claude Aveneau entre au noviciat de Paris en 1669 et, deux ans plus tard, il est nommé au collège d’Arras, où il enseigne durant sept ans. Il étudie ensuite la philosophie pendant un an au collège Louis-le-Grand de Paris et fait quatre ans de théologie à Bourges où il est ordonné prêtre en 1683. Après sa troisième année de noviciat à Rouen, il part pour le Canada en 1685.

Il est d’abord envoyé à la mission de Sillery et, l’année suivante, il est affecté à la mission outaouaise des Grands Lacs. Les Jésuites venaient justement d’y ouvrir une mission pour les Miamis réfugiés à la mission Saint-Joseph (Michigan), où, à partir de 1689, le père Aveneau donne le meilleur de sa vie. En 1702, il encourt la disgrâce de Cadillac [Laumet], commandant à Détroit. Celui-ci avait conçu et fait approuver par les autorités supérieures le projet de fonder à Détroit un poste qui serait plus important que celui de Montréal et où vivraient dans la plus parfaite harmonie les Blancs et les diverses tribus indiennes de la région. Il fallait d’abord y attirer ces dernières. Et c’est là que le beau plan de Cadillac s’avéra peu réaliste. Les Indiens, dans leur ensemble, n’éprouvaient aucun attrait pour Détroit. Les missionnaires, instruits par l’expérience, considéraient la francisation des Indiens, leur cohabitation avec les Blancs et le trafic de l’eau-de-vie comme ruineux pour leur apostolat. Cadillac les accusa d’avoir été l’obstacle à la réalisation de son plan. Les seuls documents que nous ayons sur le sujet sont de Cadillac, personnage qui n’est pas toujours digne de foi. Nous savons que les Miamis de la rivière Saint-Joseph tardant trop à venir, au gré du commandant, il en rendit Aveneau responsable, le retira de son poste et le remplaça par un récollet qui ne savait pas la langue et n’avait pas la confiance des fidèles. Il en résulta du désordre et une opposition des Miamis aux Français. En 1708, le gouverneur de Vaudreuil [Rigaud] et l’intendant Raudot dénonçaient au ministre les abus d’autorité de Cadillac. Le père Aveneau retourna chez les Miamis et tout rentra dans l’ordre.

En 1711, le père Aveneau fut très malade ; on décida de l’envoyer à Québec pour y refaire sa santé. Triste nécessité que celle d’imposer à un homme déjà épuisé un voyage de 300 milles en canot ! Il mourut à Québec le 14 septembre de cette année. Le père Joseph-Louis Germain, auteur de sa notice biographique, loue sa patience, sa force d’âme, sa charité pour tous, amis et ennemis.

Léon Pouliot, s.j.

ASJCF, 492.— Correspondance de Vaudreuil, RAPQ 1939–40 : 451.— Découvertes et établissements des Français (Margry), V : 239.— JR (Thwaites), LXIII : 302.— George Paré, The Catholic Church in Detroit, 1701–1888, 78–140.— Rochemonteix, Les Jésuites et la N.-F. au XVIIe siècle, III : 477, 512ss ; Les Jésuites et la N.-F. au XVIIIe siècle, I : 65ss.

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Léon Pouliot, s.j., « AVENEAU, CLAUDE », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 2, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/aveneau_claude_2F.html.

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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1969
Année de la révision:   1969
Date de consultation:   23 avril 2014