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AUMOND (Aumon), JOSEPH-IGNACE, marchand de bois, né le 21 mars 1810 à L’Assomption dans le Bas-Canada, fils d’Ignace Aumon et d’Euphrosine Robichaud ; le 21 avril 1833, il épousa Jane Cumming qui lui donna cinq fils et trois filles ; mort le 9 novembre 1879 à Ottawa, Ont.

Après avoir fréquenté les écoles locales, Joseph Aumond vint à Montréal et fut commis dans le magasin de J. D. Bernard. Il alla ensuite s’établir à Bytown (Ottawa) comme gérant d’un magasin ouvert par Bernard. Quelques années plus tard, il s’installa à son compte à Bytown.

Aumond se lança dans le commerce du bois dans la vallée de l’Outaouais vers 1830. En peu de temps, il devint une personnalité importante de ce commerce, et, en 1844, il envoyait environ 40 trains de bois par année à Québec, soit à peu près 2 000 000 de pieds. Il employait au moins 1 000 hommes et son chiffre d’affaires s’élevait à plus de £100 000 par an. Les régions qu’il exploitait en grande partie à son compte, mais aussi en association avec John Egan*, s’étendaient le long de l’Outaouais supérieur et de ses affluents. Il était autorisé à couper du bois le long des rivières Madawaska, Petawawa et Gatineau, et, en 1849, son exploitation allait jusqu’au lac Témiscamingue.

Bien que la suppression des tarifs préférentiels impériaux, vers la fin des années 1840, eût nui aux affaires d’Aumond, il resta l’un des plus importants producteurs de la vallée de l’Outaouais et, à cette époque, il construisit l’une des plus grandes scieries à vapeur du Canada. Cependant, vers le milieu des années 50, il eut de sérieuses difficultés financières et prétendit avoir perdu £40 000 et être « presque ruiné ». Cependant, il continua d’exploiter son commerce du bois sur une plus petite échelle jusqu’à sa mort et il vit son fils Charles s’établir dans ce même commerce à Ottawa.

Aumond joua un rôle prépondérant dans la promotion des intérêts du commerce du bois dans la vallée de l’Outaouais et dans son centre, Bytown. Il fut membre de l’Ottawa Valley Lumber Association lors de sa formation en 1836 et, deux ans plus tard, il encouragea la construction d’un pont suspendu en fer sur l’Outaouais. En 1846, Aumond et Egan achetèrent deux bateaux à vapeur pour £10 000 à John Molson* de Montréal, l’un pour desservir le lac Deschênes à l’est des chutes du Chat, et l’autre le lac des Chats, à l’ouest des chutes, sur l’Outaouais. Les deux itinéraires étaient reliés par un chemin de fer à traction hippique construit par Aumond, Egan et Ruggles Wright*.

Aumond fut le premier président de la Bytown and Montreal Telegraph Company en 1849, et fut administrateur sous la présidence d’Egan de la Bytown and Aylmer Union Turnpike Company qui acheva la route entre ces deux villes en 1850. Il contribua à la création de la Bytown and Prescott Railway Company (plus tard la St Lawrence and Ottawa) en 1851 et fit partie de son premier conseil d’administration. Il fut aussi administrateur de la Consumers Gas Company formée en 1854 et membre du premier conseil d’administration du City Passenger Horse Railway en 1866.

Étant l’un des principaux industriels de la communauté, Aumond participa activement à la vie civique d’Ottawa. Il fut l’un des organisateurs du premier corps des sapeurs-pompiers de Bytown en 1838, l’un des membres de la première commission scolaire en 1842, et fut nommé au premier Bureau de santé en 1847. Il joua aussi un rôle important au sein du Mechanics’ Institute et du Board of Trade, ainsi que dans l’Ottawa Association of Lumber Manufacturers. En 1874, on le persuada de se présenter aux élections avec Joseph Merrill Currier* dans la circonscription de la ville d’Ottawa, qui avait droit à deux représentants, en tant que conservateur appuyant sir John A. Macdonald*, mais il fut battu. Il avait été nommé commandant du 4e bataillon de la milice de Carleton en 1847, mais il fut cassé en 1850, son nom étant apparu sur le Manifeste annexionniste sans qu’il le sache. Il fut réintégré dans ses fonctions de major en 1856, promu lieutenant-colonel au cours de la même année, et colonel en 1869.

Aumond dut faire face à certains « revers de fortune » au cours d’une longue carrière qui est typique de celle des premiers exploitants forestiers de la vallée de l’Outaouais. Son importance dans ce domaine fit de lui l’un des « rois du bois » et sa contribution au développement d’Ottawa permet de le considérer comme l’un des grands fondateurs de cette région.

Henri Pilon

APC, FM 24, D8 (Papiers Wright), 12 155, 12 412, 12 465, 17 340–17 341, 17 351 ; FM 24, 19 (Collection Hill), 8 572–8 573, 8 707 ; FM 30, D62 (Papiers Audet), 2, pp. 768–829.— Journals of the Legislative Assembly of the Province of Canada, 1844–1845, app. O.O., Report of the select committee to which were referred the petition of John P. Waterston and others [...] and various other petitions, for amendments to the lumber act [...] ; 1849, app. P.P.P.P., First report of the select committee on the lumber trade ; 1850, app. P.P., Return to an address of the Legislative Assembly [...] regarding the setting apart of a tract of land in the valley of the river Gatineau for the use of certain Indians.— Ottawa Citizen, janv. 1874, 10 nov. 1879.— Ottawa Free Press, 25 oct. 1878.— Packet (Bytown), 1846–1851.— [W. S. Hunter], Hunter’s Ottawa scenery, in the vicinity of Ottawa city, Canada West (Ottawa, 1855), 12–17.— Dom. ann. reg., 1879, 383.— A. H. D. Ross, Ottawa, past and present (Toronto, 1927), 49, 82, 99, 139, 155s.

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Henri Pilon, « AUMOND, JOSEPH-IGNACE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 2 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/aumond_joseph_ignace_10F.html.

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Auteur de l'article:   Henri Pilon
Titre de l'article:   AUMOND, JOSEPH-IGNACE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1972
Année de la révision:   1972
Date de consultation:   2 septembre 2014