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ALLSOPP, GEORGE WATERS, homme d’affaires, seigneur, juge de paix, homme politique, officier de milice et fonctionnaire, baptisé le 12 octobre 1769 à Québec, fils aîné de George Allsopp* et d’Anna Marie Bondfield ; décédé le 28 septembre 1837 à Cap-Santé, Bas-Canada.

À la fin de 1784, le marchand George Allsopp emmena en Angleterre ses fils George Waters, John et Carleton, et il inscrivit les deux premiers à l’école secondaire Eaton, près de Londres. Il avait décidé d’orienter son aîné vers les affaires, mais il fut déçu par les malaises imaginaires de son fils et la lenteur de ses progrès à l’école. Même si la comptabilité commerciale faisait partie des matières scolaires de George Waters Allsopp, son père considérait que l’expérience était nécessaire et il emmenait fréquemment ses garçons dans les dîners et les réunions qu’il avait avec ses associés commerciaux.

De retour dans la province de Québec en octobre 1785, George Waters commença son apprentissage dans le commerce de son père à Québec et dans l’importante exploitation meunière que ce dernier possédait dans la seigneurie Jacques-Cartier, près de Cap-Santé. Il dirigea la reconstruction du moulin principal après qu’un incendie l’eut détruit en 1793. Deux ans plus tard, la famille se réunit autour de George père, qui éprouvait des difficultés financières, et George Waters acheta les moulins ainsi que des actions dans la seigneurie. D’autres actions passèrent aux mains de ses frères et de sa sœur Ann Maria, qui devait mourir en 1831.

Les moulins ne retrouvèrent jamais leur importance des années 1780, mais Allsopp y resta attaché même après la mort de son père survenue en 1805. S’il tenait à ses intérêts dans les seigneuries Jacques-Cartier et d’Auteuil, c’était davantage à cause de la valeur de l’investissement que pour le prestige social qui s’y rattachait. En 1808, il offrit en location des maisons et un quai à Québec, ainsi que ses moulins ; c’était la première démarche que faisait Allsopp pour se mettre à l’abri des exigences et des risques que comportait l’exploitation de moulins. Cinq ans plus tard, la guerre et une mauvaise récolte forcèrent Adam Rennie, le fermier à bail des moulins, à demander l’annulation des contrats qu’il avait passés avec le gouvernement, son unique client. Allsopp établit une petite papeterie, qui fonctionnait déjà en mars 1815 ; c’était la deuxième en Amérique du Nord britannique, et elle était dirigée par Rennie. Allsopp loua à bail un moulin à farine qu’il avait construit en 1817 ; en 1820, il loua également le moulin banal qu’il possédait sur la rivière Portneuf.

Les activités d’Allsopp dans le domaine des affaires l’amenèrent à s’engager aussi dans la vie publique. Il reçut sa première commission de juge de paix en 1794 et siégea à la chambre d’Assemblée à titre de député de Buckingham de 1796 à 1800, puis de Hampshire de 1814 à 1820. Sa présence aux sessions était irrégulière, et il appuya le parti des bureaucrates comme le parti canadien. En avril 1812, il devint lieutenant-colonel du bataillon de milice de Cap-Santé, qui regroupait un grand nombre de protestants. En 1814 et 1815, il servit également comme caissier suppléant au Bureau des billets de l’armée à Québec [V. James Green*]. Après la guerre, en 1816–1817, il participa à titre de syndic à l’érection et à la bonne marche d’une école de l’Institution royale à Cap-Santé [V. Charles Desroches* ; Joseph Langley Mills*]. Nommé commissaire de la voirie du comté de Hampshire en 1817, il servit également à titre de commissaire chargé des réclamations concernant les terres du district de Gaspé de 1819 à 1825. Les recommandations qu’il fit en 1821 et 1823 pour l’établissement d’un bureau d’enregistrement des inventions et des découvertes reflétaient bien ses préoccupations d’homme d’affaires et d’homme politique.

Allsopp manifesta beaucoup d’intérêt pour la construction d’un pont au-dessus des torrents de la Jacques-Cartier. Vers 1777, sa famille exploitait un traversier près de l’embouchure de cette rivière. De 1810 à 1822, Allsopp présenta des requêtes au gouvernement pour obtenir l’autorisation d’ériger avec ses frères un pont payant privé, même si d’autres ponts existaient déjà. Le pont à péage fut construit à la fin des années 1820, assurant une nouvelle source de revenus à la famille.

Dans les années 1830, les relations étroites qui avaient uni les frères Allsopp dès leur enfance avaient depuis longtemps fait place à la coopération dans le domaine des affaires. De 1832 à 1835, George Waters, Carleton, Robert et leur frère James s’associèrent pour fabriquer des planches et, en 1833, ils louèrent conjointement la papeterie à Angus McDonald* et d’autres. Toutefois, les relations familiales se détériorèrent au cours de la décennie lorsque George Waters contesta à ses frères la copropriété des seigneuries. Avant sa mort, en 1837, il transféra des propriétés à Adélaïde et à George Alfred, les enfants qu’il avait eus d’un mariage inconnu ou d’une liaison.

Devant les complexités de la succession de George Waters Allsopp, son frère Carleton se plaignit qu’« on n’a[vait] jamais réussi à amener GWA à terminer quoi que ce soit ». L’administration des affaires de la seigneurie fut prise en charge d’abord par la femme de Carleton, Maria Concepsion d’Alfaro, et plus tard par James. Quant aux moulins, ce fut selon toute évidence George Alfred qui s’en occupa. Les dissensions survenues au cours des dernières années de George Waters et la canadianisation graduelle des Allsopp sont des indices du changement radical survenu dans la famille et dans ses entreprises depuis l’époque de George père. S’adressant à son fils, Carleton faisait remarquer qu’au xviiie siècle la famille Allsopp avait été mêlée aux « familles les plus réputées » de Québec, mais il déplorait qu’il y avait eu « un déclin, une nouvelle génération succédant à l’ancienne, [et] ces relations n’[ayant] pas été entretenues ».

David Roberts

ANQ-Q, CE1-61, 12 oct. 1769, 30 sept. 1837 ; CN1-21, 19, 30 août 1834, 30 juill., 30 déc. 1835, 26 juin 1837, 16 janv., 8–9 mars 1838 ; CN1-28, 7 oct. 1835 ; P-240, 26 ; P-313 ; P1000-2-26.— APC, MG 23, GIII, 1, vol. 2 ; MG 24, B I, 4 : 317–318 ; MG 30, Dl, 2 : 178, 196–197, 199 ; RG 8, I (C sér.), 117 : 83–84 ; 994 : 79, 82 ; RG 9, I, A5, 4 : 23 ; RG 68, General index, 1651–1841.— AUM, P 58, U, G. W. Allsopp à François Baby, 27 juill., 28 oct. 1812.— Brome County Hist. Soc. Arch. (Knowlton, Québec), Allsopp and McCorkill family papers : 100, 105–106, 210, 214–217, 10831, 11834 (mfm aux APC).— Harvard College Library, Houghton Library, Harvard Univ. (Cambridge, Mass.), ms Can. 18 (James Monk).— McGill Univ. Arch., RG 4, c.38–c.40, Allsopp à Mills, 18 avril 1821, 23 oct. 1822, 28 sept. 1823 ; Hale à Mills, 23 oct. 1822.— B.-C., chambre d’Assemblée, Journaux, 1796–1800 ; 1805 ; 1808 ; 1810–1811 ; 1814–1820 ; Statuts, 1800, chap. 6 ; 1805, chap. 7 ; 1819, chap. 27 ; 1823, chap. 34.— Canada, prov. du, Assemblée législative, Journaux, 1844–1845.— La Gazette de Québec, 4 nov. 1790, 18 août 1791, 13 févr. 1794, 18 juill. 1799, 11, 25 janv., 8 févr. 1810, 7, 14 mars 1811, 27 avril 1812, 9 oct. 1813, 12 janv. 1815, 28 mars, 16 mai, 8 août 1816, 5, 26 juin, 28 août 1817, 13 août, 7, 17 sept., 5 oct., 16 nov. 1818, 8, 25 févr., 8 avril, 6 mai, 14 juin, 13, 16 août, 7 oct. 1819, 27 janv., 25 mai, 27 nov. 1820, 24 mai, 11 juin, 5, 12, 16 juill., 13 sept., 8 nov. 1821, 21 nov., 19 déc. 1822, 20, 24 févr., 3 avril 1823.— F.-J. Audet et Fabre Surveyer, les Députés de Saint-Maurice et de Buckinghamshire, 59–61.— Bouchette, Topographical description of L.C., 386–391.— Desjardins, Guide parl. Langelier, Liste des terrains concédés.— Officers of British forces in Canada (Irving).— [Madeleine Bourque et al.], Livre souvenir : la vie du Cap-Santé (s.l., 1979).— George Carruthers, Paper-making (Toronto, 1947), 330–332.— Félix Gatien et David Gosselin, Histoire du Cap Santé [...] (Québec, 1899), 102–103, 124, 130–131, 136–137, 148–149.— Ouellet, Lower Canada. D. J. Roberts, « George Allsopp : Quebec merchant, 1733–1805 » (thèse de m.a., Queen’s Univ., Kingston, Ontario, 1974).

Bibliographie générale

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David Roberts, « ALLSOPP, GEORGE WATERS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 nov. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/allsopp_george_waters_7F.html.

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Auteur de l'article:   David Roberts
Titre de l'article:   ALLSOPP, GEORGE WATERS
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 7
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1988
Année de la révision:   1988
Date de consultation:   21 novembre 2014