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ALEXANDER, RICHARD HENRY, homme d’affaires, né le 26 mars 1844 à Édimbourg, fils de James Alexander et d’Elizabeth Scott ; le 1er février 1867, il épousa à Victoria Emma Helen Tammadge, et ils eurent trois fils et une fille ; décédé le 29 janvier 1915 à Seattle, Washington.

En 1855, le père de Richard Henry Alexander, marchand de vins, s’installa avec sa famille à Toronto, où il continua d’exercer le même métier. En Écosse, le jeune Richard Henry était allé à l’Edinburgh Academy ; au Canada, il fréquenta l’Upper Canada College et la Model Grammar School, dont il obtint un diplôme en 1860. Après la mort de sa mère et le retour de son père en Écosse, il quitta la University of Toronto pour trouver du travail au Haut-Canada. En 1862, captivé par les histoires sur les chercheurs d’or de la région de Cariboo, il se joignit à un groupe d’Overlanders en vue de se rendre en Colombie-Britannique par voie de terre. Après un dur voyage de sept mois au cours duquel un membre du groupe se noya dans le Fraser, Alexander et ses trois derniers compagnons arrivèrent à New Westminster.

Alexander fit de petits travaux à New Westminster et dans la région de Cariboo jusqu’à son départ pour Victoria en août 1863 ; là, il trouva un emploi de débardeur, puis de commis. En 1870, la Hastings Mill Company, installée sur le futur emplacement de Vancouver, l’engagea comme magasinier. Promu comptable, il accéda en 1882 au poste de directeur, qu’il occupa jusqu’en 1914. Dans les premières années, raconta-t-il par la suite, la main-d’œuvre qu’il supervisait « se composait en très grande partie de marins fugitifs et d’Indiens » et utilisait surtout le jargon chinook.

Au moment de l’arrivée d’Alexander, la scierie appartenait à la Heatley and Company de Londres. Son emplacement prit beaucoup de valeur en 1887, avec la venue du chemin de fer canadien du Pacifique à Vancouver, car il était adjacent à la voie ferrée. La Heatley and Company vendit le terrain et la scierie à un consortium de Victoria qui mit sur pied la Hastings Saw Mill Company Limited. En 1889, le consortium revendit l’entreprise à une société appartenant à John Hendry, la Royal City Planing Mills Company Limited, établie à New Westminster et à Vancouver. La fusion des deux entreprises donna la British Columbia Mills Timber and Trading Company, qui serait bientôt la plus grosse entreprise de bois de la province. Alexander en devint secrétaire et Hendry, président. En 1891, Alexander, le « directeur local », habitait près de la scierie, au 300 de la rue Alexander.

Sous sa direction, l’usine Hastings devint la principale scierie et l’une des plus importantes entreprises de la ville, alors en pleine expansion. Dès 1891, elle pouvait produire 160 000 pieds-planches par quart de dix heures. Environ 150 hommes travaillaient à la scierie même ; un nombre équivalent était employé dans les camps de bûcherons qui l’approvisionnaient. Après l’arrivée du chemin de fer canadien du Pacifique, l’entreprise se mit à expédier du bois dans les Prairies, sans cesser de privilégier l’exportation. Alexander faisait de longs voyages d’affaires en Europe et en Amérique du Sud pour maintenir les activités sur ces marchés. Après un incendie survenu en 1898, on reconstruisit la scierie en en augmentant la capacité de coupe. En 1911, elle représentait encore près des deux tiers de l’actif total de la British Columbia Mills Timber and Trading Company. Bien qu’il ait pris sa retraite en 1914, Alexander s’intéressa à la scierie jusqu’à sa mort. À part cela, il n’eut pas d’autre activité dans les affaires, sauf dans le secteur des assurances. Il avait été, dans des « années antérieures », représentant de la Lloyd’s de Londres dans la partie continentale de la Colombie-Britannique et avait appartenu en 1890 au conseil d’administration de la Pacific Coast Fire Insurance Company.

Alexander fut l’un des pionniers de Vancouver. Il y établit le premier bureau de poste, fit partie du conseil d’administration de la première école, et fut président du premier bureau de santé, juge de paix et président de la Vancouver Pilotage Authority. Il appuya la constitution de Vancouver en municipalité et se présenta à la mairie aux premières élections municipales en 1886. On considéra sa défaite par Malcolm Alexander MacLean* comme une victoire de la nouvelle société « canadienne » de Vancouver sur la vieille culture « britannique » que lui-même représentait. Élu au conseil municipal l’année suivante, il y resta jusqu’en 1889, puis dirigea la campagne de réélection de David Oppenheimer* à la mairie.

En 1887, Alexander avait contribué à la fondation du Bureau de commerce de Vancouver ; par la suite, il en fut président durant deux ans. Après 1895, il fut un temps consul du Pérou à Vancouver ; il fut aussi le premier, en 1914, à occuper la présidence de la Vancouver Merchants’ Exchange. Il appartint à plusieurs organismes de l’industrie forestière, dont la Pacific Coast Lumber Manufacturers’ Association et la British Columbia Lumber and Shingle Manufacturers Association Limited. Vers 1910, il fut actif à l’Association des manufacturiers canadiens.

Franc-maçon et membre de l’Ancient Order United Workmen, Alexander fut aussi l’un des organisateurs et des membres fondateurs du prestigieux Vancouver Club. Passionné de voile, il fut commodore du Royal Vancouver Yacht Club en 1906 et en 1907. Conservateur et « fervent impérialiste », il collabora à l’Imperial Federation League. Il mourut à Seattle en 1915 au cours d’une visite chez son fils.

Dans le courant de sa carrière, Richard Henry Alexander participa à bon nombre des grands moments de l’essor de la Colombie-Britannique et de Vancouver. Déjà, de son vivant, on reconnut qu’il incarnait la transition entre le passé héroïque de la ruée vers l’or et du front pionnier, et le monde moderne de l’industrie et des centres urbains.

Jamie Morton

Le compte rendu de R. H. Alexander sur son voyage de 1862 en Colombie-Britannique a été publié sous le titre The diary and narrative of Richard Henry Alexander in a journey across the Rocky Mountains, Neil Brearley, édit. (Richmond, C.-B., 1973) ; le journal et les récits manuscrits sont conservés aux BCARS, E/B/AL3.1 et .3 respectivement. Les publications d’Alexander comprennent aussi une allocution présentée en 1906 à un congrès de foresterie à Vancouver et parue sous le titre « Early days of lumbering veiled in obscurity », dans le Western Lumberman (Vancouver), 16 (1919), no 10 : 63s., et « Reminiscences of the early days of British Columbia », dans Canadian Club of Vancouver, Addresses and Proc., 1910–1911 : 9–18.

BCARS, E/B/AL3.2A.— City of Vancouver Arch., Add. mss 27 (Hastings Saw Mill Company, letter-book, 1870–1874) ; Add. mss 46 (William McNeill papers) ; Add. mss 538 (Hastings Saw Mill Company papers, 1899–1905).— Univ. of B.C. Library, Special Coll. and Univ. Arch. Div. (Vancouver), M290 (Hastings Saw Mill records).— J. B. Kerr, Biographical dictionary of well-known British Columbians, with a historical sketch (Vancouver, 1890).— R. A. J. McDonald, « Business leaders in early Vancouver, 1886–1914 » (thèse de ph.d., Univ. of B.C., 1977) ; « Vancouver’s « four hundred » : the quest for wealth and status in Canada’s urban west, 1886–1914 », REC, 25 (1990–1991), no 3 : 55–73.— Alan Morley, Vancouver ; from milltown to metropolis ([2e éd.], Vancouver, [1969]).— E. O. S. Scholefield et F. W. Howay, British Columbia from the earliest times to the present (4 vol., Vancouver, 1914).— G. W. Taylor, Timber : history of the forest industry in B.C. (Vancouver, 1975).

Bibliographie générale

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Jamie Morton, « ALEXANDER, RICHARD HENRY », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 3 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/alexander_richard_henry_14F.html.

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Auteur de l'article:   Jamie Morton
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   1998
Date de consultation:   3 septembre 2014