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SULLY, JACK (peut-être né Arthur McDonald), voleur de bétail, né vers 1850 en Virginie ; décédé le 16 mai 1904 dans la réserve amérindienne Rosebud, Dakota du Sud.

Jack Sully grandit en Virginie. Selon la tradition orale, son vrai nom était Arthur McDonald et au début des années 1870, après avoir terminé ses études dans un collège américain ou canadien, il vivait près de Hamilton, en Ontario. Vers la même époque, il s’installa dans le sud du Territoire du Dakota et prit un emploi de cow-boy. De l’avis général, il devint bientôt bon cavalier et excellent tireur. Puis, comme l’a écrit Hyatt Downing de Sioux City dans l’Iowa, il se mit « à rechercher la compagnie d’hommes dont les noms, dans les pâturages, étaient prononcés à voix basse, avec sérieux ». En 1880, il se faisait appeler Jack Sully et avait épousé une prénommée Mary, qui était en partie sioux. À ce moment-là, son existence de hors-la-loi avait déjà commencé. En 1885, il déclara à l’agent du recensement que Jack Sully était son véritable nom.

Dans la réserve amérindienne Rosebud, où il vivait avec sa femme, Sully prit la tête d’une bande de sang-mêlé qui, chaque année, volaient des centaines de bêtes aux éleveurs du Dakota. Après en avoir modifié le marquage, ils les revendaient à gros prix à des marchands. Dès le début des années 1890, la bande ne sévissait plus seulement dans le haut Missouri, mais aussi dans le Dakota du Nord, dans le Montana et même dans ce qui est aujourd’hui la Saskatchewan et l’Alberta. Son territoire s’étendait donc de part et d’autre de la frontière, et souvent, à l’insu des représentants de la loi, elle vendait du bétail canadien aux États-Unis, ou du bétail américain au Canada.

Plus les activités de la bande de Sully augmentaient, plus elle comptait de membres dans le Dakota du Sud. On ignore combien ils étaient exactement, mais divers indices permettent de croire que dans les années 1890, leur nombre dépassait la douzaine. Joe Blackbird, Lame Johnny et Big Nose George faisaient partie des membres de la première heure. À la fin du siècle, Claude Cournoyer, Night Pipe et Robert Burns s’étaient ajoutés. Vers 1900, on estimait que la bande avait volé en tout 50 000 bovins et plus de 3 000 chevaux. Ces chiffres ne peuvent pas être étayés et sont probablement exagérés, mais une chose est sûre, ces hors-la-loi menaient des opérations de grande envergure. On a affirmé qu’ils avaient assassiné au moins sept colons dans le haut Missouri, ce qui est très probablement exact.

En 1901, Sully s’enfuit au Canada pour échapper à la justice américaine. Cependant, il retourna au Dakota du Sud en 1903 et reprit le commandement de sa bande. Au début de mai 1904, elle vola 200 têtes de bétail à différents éleveurs de l’État. Johnny Petrie, qui venait d’être nommé magistrat et officier de police fédérale adjoint et qui, récemment encore, était un ami intime de Sully, tenta de l’arrêter. Comme il refusait de se rendre, Petrie l’abattit.

L’Ouest canadien et américain n’était pas débarrassé pour autant des autres membres de la bande et de leurs semblables. En décembre 1905, la Western Stock Growers’ Association, qui regroupait des éleveurs de l’Alberta et de la Saskatchewan, obtint du gouvernement du Canada qu’il résiste à l’opinion selon laquelle la Gendarmerie royale à cheval du Nord-Ouest n’était plus nécessaire. L’association faisait valoir que, « sans la protection de ce corps, l’industrie de l’élevage subirait beaucoup de pertes » et précisait : « Parmi les nombreuses personnes qui s’installent à présent dans le Nord-Ouest, se trouvent certains des pires criminels que le pays ait connus. »

Nuisibles des deux côtés de la frontière, les voleurs de bétail sentaient de plus en plus la poigne de la justice. En 1906, la bande de Sully n’existait plus. Les éleveurs du Dakota du Nord et du Sud, du Montana, de l’Alberta et de la Saskatchewan apprécièrent d’avoir enfin un peu de paix.

L’histoire de Jack Sully ne tomba pas dans l’oubli. Deux auteurs du Dakota du Sud, Kate et Virgil D. Boyles, s’en inspirèrent pour écrire un roman, Langford of the Three Bars, qui parut à Chicago en 1907 et connut un succès immédiat.

Henry C. Klassen

GA, M2452, 163.— S.Dak. Office of Hist., Hist. Resource Center (Pierre), 1885 census, Dakota Territory ; Undated, uncredited newspaper clipping concerning Jack Sully.— Deadwood Pioneer-Times (Deadwood, S.Dak.), 30 mai 1906.— Regina Standard, 13 juin 1906.— Hyatt Downing, « The marshal’s friend », True ; the man’s magazine (Greenwich, Conn.), avril 1947 : 42–15, 92–94.— J. [R.] Milton, South Dakota : a bicentennial history (New York, 1977), 153.

Bibliographie générale

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Henry C. Klassen, « SULLY, JACK », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/sully_jack_13F.html.

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Auteur de l'article:   Henry C. Klassen
Titre de l'article:   SULLY, JACK
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 13
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1994
Année de la révision:   1994
Date de consultation:   23 septembre 2014