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SOTAI-NA (Sotenah, appelé Chef de la Pluie), guerrier et chef important des Gens-du-Sang, tribu de la nation des Pieds-Noirs, né vers 1809, vraisemblablement dans le sud de l’Alberta actuelle, membre de la bande des Mamyowis (Fish Eaters), mort en 1878 dans la même région.

Durant sa jeunesse Sotai-na était connu sous le nom de Makoyi-ksiksinum (White Wolf), nom dont il hérita après avoir tué dans un combat un homonyme de la tribu des Corbeaux. À cette occasion, Chef de la Pluie s’était exposé délibérément au danger en tenant tête, avec un autre chef appelé Peenaquim (Seen from Afar), à un détachement ennemi jusqu’à ce que les siens réussissent à s’enfuir. Par la suite, Sotai-na devint le chef d’un petit groupe de familles de Gens-du-Sang qui, plus tard, fut reconnu comme une bande autonome. On appelait les membres de cette bande, les Isiso-kaas (traduit généralement par Hair Shirts, mais quelques fois par Robe Shirts ou Robes with Hair on Outside) parce qu’un des membres portait une chemise taillée dans la peau encore recouverte de fourrure d’un jeune bison.

Sotai-na fut aussi appelé Sowatsi-tapitowpi (Sitting on an Eagle Tail) et c’est ainsi que le nomme James Doty qui le rencontra en 1855. Doty était à la recherche des Indiens Pieds-Noirs, qui d’habitude chassaient ou faisaient la traite des fourrures en territoire américain. Il voulait leur faire signer un contrat avec le gouvernement américain. Doty dit du chef indien qu’il « était un bon ami des Blancs » mais que « lui et son peuple étaient bien pauvres ». Le chef faisait généralement le troc aux comptoirs de la Hudson’s Bay Company de telle sorte qu’il ne put prendre part au traité avec les États-Unis. À cette époque, la bande de Chef de la Pluie comptait seulement 18 huttes ; en 1870, elle en comptait 29 et 348 personnes y logeaient. La bande de Sotai-na fut toujours pauvre, peut-être parce que son chef était en bons termes avec tout le monde et n’encourageait pas ses gens à voler les chevaux des tribus ennemies, ce qui aurait pu constituer une bonne source de revenus.

Chef de la Pluie, c’était notoire, était sorcier. Cependant il fut l’un des rares chefs de la nation des Pieds-Noirs à faire bon accueil au christianisme durant la période de vie nomade des Indiens. La plupart des chefs se montraient hostiles aux missionnaires mais Chef de la Pluie se lia d’amitié avec l’oblat Albert Lacombe* (ils s’étaient rencontrés pour la première fois vers 1865) et cru qu’il avait reçu du père certains pouvoirs surnaturels. Sotai-na permit aux oblats de baptiser trois de ses petits-enfants en 1873–1874 et accorda au père Constantin Scollen* le droit d’œuvrer dans son camp au cours de l’hiver 1876–1877. Scollen nota que le chef était un « vieillard qui [...] ne [le] quitta pas pendant un mois de pérégrinations ; sa foi et sa simplicité étaient vraiment touchantes ! » À une époque où les tribus des Pieds-Noirs n’inspiraient que crainte et méfiance aux missionnaires et aux traiteurs, Chef de la Pluie conserva ses liens d’amitié avec les Blancs.

Quand les bandes se réunirent pour signer le Traité no 7 avec le gouvernement canadien en 1877, Chef de la Pluie, qui d’habitude établissait maintenant son camp d’hiver près de la rivière Red Deer, fut reconnu par les délégués officiels comme le chef de toutes les bandes qui campaient dans la partie nord des territoires de chasse des Gens-du-Sang. Deux grands chefs seulement furent choisis dans cette tribu : le jeune et énergique Mekaisto (Corbeau Rouge) représentant le sud, et le vieux patriarche, Chef de la Pluie, représentant le nord. Ce dernier fut désigné non seulement à cause de son attitude amicale envers les Blancs mais aussi à cause de la solidité de sa position au sein de la tribu. En signant le Traité no 7, les Gens-du-Sang abandonnaient leurs droits de chasse dans presque tout le territoire qui est aujourd’hui le sud de l’Alberta. Chef de la Pluie fut l’un des premiers à signer mais il mourut avant que sa bande soit établie dans les réserves prévues par le traité.

Sotai-na fut vraisemblablement enseveli au sommet d’une colline ou peut-être son corps fut-il placé sur une plate-forme dans un arbre, comme c’était la coutume chez les Pieds-Noirs. Il eut quatre enfants ; le plus jeune de ses fils, Apawakaasi (White Antelope) devint un chef mineur dans la bande, mais ne fut jamais aussi important que son père.

Hugh A. Dempsey

H. A. Dempsey, Blood Indian bands ; their identification and history, 1955, et Interviews with Charlie Pantherbone, 19541955 (manuscrits dactylographiés en possession de l’auteur).

National Archives (Washington), Census of the Blackfeet Indians, Alfred Sully à E. S. Parker, 16 juill. 1870.— H. A. Dempsey, A visit to the Blackfoot camps by James Doty, Alberta Historical Review, XIV (1966), no 3 : 24s.— Morris, Treaties of Canada with the Indians, 245275, 368375.— Rapport de Constantin Scollen à Mgr Vital Grandin, 15 sept. 1874, Missions des O.M.I., XIV : 35 (ce rapport a été traduit et édité par H. A. Dempsey dans : Early Alberta teacher here before Mounties, Calgary Herald, 1er sept. 1955).

Bibliographie générale

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Hugh A. Dempsey, « SOTAI-NA », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/sotai_na_10F.html.

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Auteur de l'article:   Hugh A. Dempsey
Titre de l'article:   SOTAI-NA
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1972
Année de la révision:   1972
Date de consultation:   22 septembre 2014