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PRINGLE, THOMAS, constructeur de moulins et ingénieur-conseil, né le 3 février 1830 à Huntingdon, Bas-Canada, fils de David Pringle, fermier, et de Janet Murray ; le 13 juin 1862, il épousa à Montréal Catherine Ross, et ils eurent deux fils ; décédé dans cette ville le 7 mai 1911.

Le père de Thomas Pringle arriva d’Écosse en 1827 et s’installa dans le comté de Huntingdon, près de la frontière de la province de Québec et de l’État de New York. Cette région vallonneuse, arrosée de multiples petits cours d’eau, a produit beaucoup de moulins à eau et un certain nombre d’importants constructeurs de moulins. On ne sait rien de la jeunesse de Pringle, sinon qu’il s’établit à Montréal à 20 ans. La ville s’industrialisait rapidement, en partie à cause de l’énergie hydraulique produite depuis l’élargissement du canal de Lachine dans les années 1840. La plus grande partie de cette énergie commença d’être générée entre 1851 et 1856 à trois emplacements. Pendant cette période, Pringle participa à la construction d’importantes installations hydrauliques le long du canal.

Pringle conçut et construisit aussi des moulins ailleurs. Une carte d’affaires bilingue datant de 1865 énumère ses principales réalisations : en plus des ouvrages du canal de Lachine, on y trouve sept installations hydrauliques situées à divers endroits, de Trois-Rivières à Hawkesbury, dans le Haut-Canada. Sur cette carte, Pringle donnait comme adresse la Caledonia Iron Works, sur le canal de Lachine. Le propriétaire de cette usine, John McDougall*, reconnaissait que, s’il avait si bien réussi en tant que fondeur de machinerie, c’était beaucoup grâce à Pringle. Ce dernier avait peut-être un petit atelier à la Caledonia Iron Works, où il construisait et assemblait des transmissions et d’autres pièces d’équipement.

Dès les années 1880, le canal de Lachine, pourtant l’un des principaux centres industriels du Canada, représentait un sérieux problème pour son propriétaire, le département fédéral des Chemins de fer et Canaux. Les manufactures établies sur ses bords utilisaient beaucoup plus d’énergie hydraulique qu’elles n’étaient autorisées à le faire et les compagnies payaient encore le même loyer annuel que dans les années 1850. Une commission royale sur le louage des pouvoirs d’eau au canal Lachine fut formée en 1886 ; son mandat consistait à examiner la situation et à formuler des recommandations. À cause de ses connaissances et de son intégrité, Pringle y fut nommé. Son témoignage devant la commission révèle qu’il avait installé les deux tiers des 76 turbines situées le long du canal. Parmi les principaux clients se trouvaient la Peck, Benny and Company (laminoirs), l’A. W. Ogilvie and Company (minoteries), la Caledonia Iron Works et bon nombre d’entreprises plus modestes. Bien que la commission ait recommandé de signer de nouveaux baux au cours du marché, la situation changea peu.

Les entreprises textiles qui surgirent dans la province de Québec dans les années 1880 – la Montmorency Cotton Manufacturing Company, la Magog Textile and Print Company, la Compagnie de filature de coton d’Hochelaga, la Compagnie de filature Sainte-Anne – recoururent aussi aux services de Pringle. Il les conseillait sur l’utilisation de l’eau et de la vapeur ainsi que sur l’agencement de leur machinerie. En outre, il était représentant des turbines Hercules et en fit installer dans de nombreuses usines, textiles surtout, de Cornwall en Ontario à Salaberry-de-Valleyfield et Coaticook au Québec.

Dans les années 1890, on en vint à comprendre la valeur de l’hydroélectricité comme source d’énergie. Pringle produisit un rapport sur les rapides de Lachine en 1891 et un autre sur la rivière Richelieu à Chambly l’année suivante pour la Compagnie royale d’électricité de Montréal. Lorsque fut prise la décision de produire de l’électricité à Chambly, Pringle et son collègue ingénieur William McLea Walbank résolurent de procéder à d’autres études sur les rapides de Lachine. En 1895, avec l’aide de quelques hommes d’affaires montréalais, ils formèrent la Lachine Rapids Hydraulic and Land Company, ce qui montre qu’ils croyaient au potentiel des rapides. L’entreprise prit vite de l’expansion et devint une importante productrice d’électricité, mais Pringle la quitta bientôt. En 1897, Walbank en devint le seul directeur et ingénieur.

En 1892, Pringle s’associa à son fils David Alexander et forma la T. Pringle and Son, noyau de la plus ancienne firme d’ingénieurs-conseils au Canada. À titre de conseillers en génie hydraulique et mécanique, ils travaillèrent énormément à la mise en valeur du potentiel hydroélectrique des chutes de Shawinigan, des chutes de la Chaudière près de Québec et de celles situées à Mille Roches (Long-Sault, Ontario).

Thomas Pringle prit sa retraite en 1898 pour des raisons de santé, mais on continua de le consulter sur des questions relatives à l’énergie hydraulique et sur des affaires nécessitant un arbitrage. Il s’éteignit à Montréal en mai 1911. Pringle fut un cas rare : un constructeur de moulins devenu ingénieur de profession. À compter de 1887, il figura parmi les membres fondateurs de la Société canadienne des ingénieurs civils, affiliation qui attestait son statut professionnel. Il fut l’un des artisans de la transition entre l’utilisation de l’eau comme source d’énergie mécanique et source d’énergie électrique.

Larry S. McNally

AN, MG 28, I 277, 12 ; RG 12, 2808, dossier 4610-51-5.— ANQ-M, CE1-30, 23 juin 1830 ; CE1-115, 13 juin 1862.— Arch. de la Tecsult Inc. (Montréal), Papiers de la T. Pringle and Son.— Montreal Daily Star, 13 févr., 25 mai 1889, 8 mai 1911.— Annuaire, Montréal, 18631900.— W. H. Atherton, Montreal, 1534–1914 (3 vol., Montréal, 1914).— Canada, Commission royale sur le louage des pouvoirs d’eau au canal Lachine, Rapport (Ottawa, 1887).— Guide to the manufactures of Ontario and Quebec (Montréal, 1870).— Montreal illustrated, 1894 [...] (Montréal, [1894]).— Soc. canadienne des ingénieurs civils, Trans. (Montréal), 26 (1912) : 33.

Bibliographie générale

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Larry S. McNally, « PRINGLE, THOMAS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/pringle_thomas_14F.html.

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Auteur de l'article:   Larry S. McNally
Titre de l'article:   PRINGLE, THOMAS
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   1998
Date de consultation:   23 septembre 2014