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MARGANE DE LAVALTRIE, FRANÇOIS, seigneur, traiteur, prêtre, né à Lavaltrie, sur la rive nord du Saint-Laurent, le 9 septembre 1685, fils de Séraphin Margane de Lavaltrie et de Louise Bissot ; il épousa à Beauport le 9 mai 1712 Angélique Guyon Després ; décédé à l’Hôtel-Dieu de Québec le 6 mars 1750.

François Margane de Lavaltrie appartenait à une famille de soldats. Son père était venu en Nouvelle-France avec le régiment de Carignan et son frère, François-Marie Margane* de Batilly, mourut lors du raid contre Deerfield, Massachusetts, en février 1704 (10 mars, nouveau style). C’est très jeune que François se lança dans le commerce sur la côte du Labrador. Il est bien difficile de dire à quel moment il s’y rendit pour la première fois mais il semble qu’il participa, à partir de 1701, aux premières expéditions au Labrador organisées par Augustin Le Gardeur* de Courtemanche et son épouse, Marie-Charlotte Charest. Par la suite, Margane de Lavaltrie servit sous les ordres de Le Gardeur de Courtemanche au fort Pontchartrain construit en 1705, sur la baie de Phélypeaux (baie de Brador).

Le 13 août 1711, Margane de Lavaltrie recevait du commandant Le Gardeur l’ordre de se rendre à Québec et de transmettre au gouverneur Philippe de Rigaud* de Vaudreuil le message reçu du ministre Pontchartrain, par lequel ce dernier avertissait le gouverneur qu’une flotte anglaise se préparait à remonter le fleuve pour attaquer Québec. Sa mission accomplie, Margane de Lavaltrie quitta Québec le 18 septembre, en route pour le fort Pontchartrain, ayant reçu de Vaudreuil les instructions de revenir à Québec s’il rencontrait l’ennemi. Arrivé à l’île aux Œufs le 1er octobre, Margane de Lavaltrie découvrit les débris d’une partie de la flotte de l’amiral Hovenden Walker*, qui avait fait naufrage dans la nuit du 22 au 23 août précédent. Margane revint à Québec annoncer la nouvelle du naufrage et, le 17 octobre, devant l’Amirauté, déclara que le maître de barque Vital Caron et ses hommes avaient pillé les débris et que lui-même, renonçant aux « proffits qu’il auroit pu faire comme les autres », était revenu immédiatement à Québec pour faire sa déclaration et réclamer « les droits qui appartiennent au denonciateur ».

Margane de Lavaltrie retourna par la suite au fort Pontchartrain seconder Le Gardeur de Courtemanche. Ce dernier mourut en 1717 et fut remplacé par son beau-fils, François Martel de Brouague. Alors commença entre Margane et le nouveau commandant du Labrador, soutenu par sa mère, la veuve de Le Gardeur, un conflit d’intérêts au sujet de la traite avec les Indiens et les Esquimaux. Il semble, en se basant sur les déclarations des antagonistes, que la veuve ait voulu conserver pour elle et son fils, un certain monopole ; l’ancien commandant Le Gardeur avait toléré que Margane pratiquât la traite, même s’il n’avait aucune concession sur la côte. Par l’entremise du gouverneur Vaudreuil, le conflit prit fin lorsque Margane obtint le 26 mai 1720 la concession du poste de la rivière Saint-Augustin.

Durant les années qui suivirent, Margane exploita, seul ou en association, sa concession qui lui permettait de faire la pêche à la morue, la chasse au loup marin et la traite des fourrures avec les Indiens et les Esquimaux « sans qu’il soit tenu de payer à Sa Majesté [...] aucune finance ni indemnitté ». En 1737, il donnait à bail pour trois ans sa concession à Michel Pétrimoulx, Charles Chéron et Nicolas Caron, contre un loyer annuel de 250#. Margane de Lavaltrie avait décidé de se retirer à Beauport où il avait établi sa famille. Deux ans plus tard, le 29 décembre 1739, sa femme mourait. À partir de cette date, il se retrouva seul dans la maison familiale, son unique fils, Louis-François, étant marié depuis le 22 janvier de cette année.

Le 9 décembre 1741, Margane de Lavaltrie donnait à bail pour dix ans sa concession à Jean-Baptiste Pommereau. Peu avant ou peu après cette date, il fut admis au séminaire de Québec et fut ordonné prêtre le 22 septembre 1742. Il demeura au séminaire durant quelques années et, de janvier 1746 à septembre 1747, il fut curé de Cap-Saint-Ignace. À son retour à Québec, il fut nommé aumônier de l’Hôtel-Dieu et il y mourut le 6 mars 1750. Il fut inhumé le lendemain dans le cimetière de l’hôpital. Pour un homme de cette trempe, la fin de sa vie, plutôt paisible, contraste singulièrement avec le début de sa carrière, marqué par l’aventure.

Dans son testament, écrit le 28 février 1750, alors qu’il était très malade, François Margane de Lavaltrie laissait tous ses biens à ses petits-enfants, son fils Louis-François étant mort depuis 1743. Les héritiers n’eurent que le poste de la rivière Saint-Augustin à se partager, car Margane de Lavaltrie n’avait pas d’autres biens, ayant cédé, depuis 1735, ses droits dans la seigneurie familiale de Lavaltrie. Mais les héritiers ne purent jouir de l’héritage du grand-père car le poste de Saint-Augustin, selon l’acte de concession, devenait la propriété du roi de par la mort de Margane de Lavaltrie.

Michel Paquin

AN Col., B, 44, f.506v. ; 61/2, f.525 ; 68, f.46 ; Col., C11B, 4 ; Col., E, 262 (dossier Lavaltrie).— ANQ, Greffe de J.-R. Duparc, 8 mai 1712 ; Greffe de P.-A.-F. Lanoullier Des Granges, 28 févr., 16 juin 1750.— Inv. de pièces du Labrador (P.-G. Roy), I : 33, 45, 278–280 ; II : 3.— Juchereau, Annales (Jamet), 365.— Le Jeune, Dictionnaire.— P.-G. Roy, Inv. concessions, I : 39 ; II : 245 ; Inv. ord. int., III : 46.— Tanguay, Dictionnaire ; Répertoire.— P.-G. Roy, La famine Margane de Lavaltrie, BRH, XXIII (1917) : 33–53, 65–69.— Saint-Ignace du cap Saint-Ignace, BRH, VI (1900) : 293.

Bibliographie générale

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Michel Paquin, « MARGANE DE LAVALTRIE, FRANÇOIS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/margane_de_lavaltrie_francois_3F.html.

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Auteur de l'article:   Michel Paquin
Titre de l'article:   MARGANE DE LAVALTRIE, FRANÇOIS
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1974
Année de la révision:   1974
Date de consultation:   20 octobre 2014