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LA MAISONFORT DU BOISDECOURT, ALEXANDRE DE, marquis de LA MAISONFORT, officier de marine ; il épousa Catherine Chicoyneau, fille du premier médecin du roi, laquelle lui donna un fils ; circa 1699–1752.

Alexandre de La Maisonfort Du Boisdecourt entra comme page au service du comte de Toulouse, amiral de France. Il fut reçu garde-marine à Brest, en France, le 8 mars 1699 et se joignit aussitôt à une expédition contre les corsaires de Salé (Maroc). Après avoir fait des campagnes aux Indes et aux Antilles, il fut promu enseigne de vaisseau et servit en Méditerranée et de nouveau aux Indes. Il participa en 1706 au siège de Barcelone (Espagne). L’année suivante, il reçut la mission importante d’escorter des galions espagnols entre Veracruz (Mexique) et Cadix (Espagne). Cette mission, qui dura trois ans, fut brillamment accomplie. Promu lieutenant de vaisseau le 25 novembre 1712, La Maisonfort s’embarqua la même année pour une nouvelle campagne aux Indes.

Revenu en Europe en 1716, La Maisonfort connut une longue période d’inaction provoquée par le petit nombre des armements. Chevalier de Saint-Louis depuis le 28 juin 1718, il servit à terre à Brest jusqu’en 1727, alors qu’il fit voile à bord du Brillant. Le 1er octobre 1731, il fut promu capitaine de vaisseau. Second sur le Fleuron en 1732, il effectua une campagne sur les bancs de Terre-Neuve et à Louisbourg, île Royale (île du Cap-Breton), puis revint croiser au large des côtes d’Espagne à la poursuite des corsaires de Salé. De 1734 à 1744 il servit comme second ou comme commandant sur plusieurs vaisseaux, la plupart faisant partie de l’escadre de Brest.

En 1745, La Maisonfort qui commandait alors le Vigilant, reçut mission de transporter des munitions et des approvisionnements à Louisbourg. Au mois de mai, en arrivant en vue du port, déjà assiégé par les troupes des colonies anglaises sous le commandement de William Pepperrell, il se laissa prendre au piège que lui tendit un corsaire anglais venu le provoquer ; le Vigilant se lança à la poursuite de ce corsaire et se retrouva finalement devant l’escadre anglaise de Peter Warren. Après un long combat La Maisonfort dut amener son pavillon. Il prétendit dans un rapport ne s’être rendu « qu’à la dernière extrémité après avoir perdu beaucoup de monde et hors d’état de se déffendre ». D’autres relations lui sont moins favorables. Au ministère de la Marine, on lui reprocha de ne s’être pas suffisamment défendu et d’avoir trop vite amené son pavillon. La perte du Vigilant eut une double conséquence : matérielle d’abord, en ce qu’elle priva les défenseurs de Louisbourg des secours qu’on leur envoyait, psychologique ensuite, en ce qu’elle montrait la suprématie navale de l’Angleterre qui privait la place assiégée de toute possibilité de secours.

Fait prisonnier, La Maisonfort ne rentra en France qu’en mars 1746. Il ne reçut plus de commandement après l’affaire du Vigilant et servit jusqu’à la fin de la guerre sur les batteries côtières du Conquet. Il se retira le 1er juillet 1752 avec une pension de 3 000#.

Étienne Taillemite

AN, Marine, B4, 50, ff.270–276 ; C1, 165, f.38 ; C7, 161 (dossier La Maisonfort).— Lacour-Gayet, La marine militaire sous Louis XV (1910), 192s.— Troude, Batailles navales de la France, I : 299.

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Étienne Taillemite, « LA MAISONFORT DU BOISDECOURT, ALEXANDRE DE, marquis de LA MAISONFORT », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 29 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/la_maisonfort_du_boisdecourt_alexandre_de_3F.html.

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Auteur de l'article:   Étienne Taillemite
Titre de l'article:   LA MAISONFORT DU BOISDECOURT, ALEXANDRE DE, marquis de LA MAISONFORT
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 3
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1974
Année de la révision:   1974
Date de consultation:   29 août 2014