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HOLLINGER, BENJAMIN, prospecteur, né le 10 avril 1885 à Point Alexander, Ontario, dernier fils de John Hollinger, instituteur, et de Sarah Sutherland ; le 4 février 1913, il épousa à Pembroke, Ontario, Ellen Jane Hill, et ils eurent une fille et deux fils ; décédé à cet endroit le 26 novembre 1919.

À 18 ans, Benjamin Hollinger quitta le haut de l’Outaouais, où il avait grandi. D’abord employé comme affûteur à Copper Cliff (Sudbury), il s’installa en 1905 dans la ville champignon de Cobalt. Puis, durant quatre ans, il parcourut le nord de l’Ontario, à la recherche de dépôts alluviaux d’argent et d’or ; il fit valoir ses droits sur des concessions minières, puis les vendit. On avait découvert du nickel dans la région de Sudbury dans les années 1880 et de l’argent à Cobalt en 1903, mais, malgré les fortunes investies dans l’exploration, on n’avait pas encore trouvé de gisements aurifères. « II y avait dans le nord plus de fakirs au pouce carré que dans tout autre endroit au monde », dirait plus tard le Globe de Toronto.

Attirés par d’encourageantes études géologiques, par la découverte d’or au lac Night Hawk en 1907 et par le prolongement du Temiskaming and Northern Ontario Railway jusqu’à Cochrane en 1909, les prospecteurs commençaient à monter encore plus au nord, dans le « Nouvel-Ontario ». Le 3 octobre 1909, Hollinger et son compagnon Alex Gillies partirent explorer la région située six milles à l’ouest du lac Porcupine dans l’espoir de trouver des traces superficielles. Six jours plus tard, en enlevant de la mousse sur un affleurement, Hollinger découvrit de l’or dans un filon de quartz d’une longueur de plus de 1 000 pieds. Selon un témoin, « partout à travers ce quartz on pouvait voir de fines particules d’or, [comme si] le tromblon de la nature [avait] tiré du sel à courte distance ». Hollinger et Gillies s’empressèrent de faire valoir leurs droits sur trois concessions chacun, et le bon Hollinger présenta aussi une réclamation au nom de son ami Bernard P. McEnaney, qui n’avait pu faire le voyage pour cause de maladie. James F. Whitson, chef adjoint des levés provinciaux, rapporta : « on peut apercevoir des particules d’or à travers le filon en maints endroits. Je n’avais encore jamais rien vu de pareil en Ontario. » À cause de rapports de ce genre, les prospecteurs affluèrent dans la région ; en trois mois, plus de 2 000 autres concessions furent revendiquées.

En décembre 1909, faute d’avoir les fonds pour mettre son emplacement en valeur, Hollinger signa une option d’achat avec un syndicat composé de Noah Anthony Timmins*, Louis Henry Timmins*, Duncan et John McMartin et David Alexander Dunlap. La vente de sa propriété lui rapporterait finalement 165 000 $. En quelques mois, le syndicat défricha 40 acres de terres (l’emplacement de la localité de Timmins), installa une centrale d’énergie et creusa trois puits. (Les principaux corps de minerai étaient massifs mais pauvres et situés à une grande profondeur ; leur exploitation nécessita de lourds investissements.) La mine Hollinger devint la principale productrice d’or de la région du lac Porcupine et, bientôt, l’Ontario expédia plus d’or que toute autre province canadienne. Ainsi, en 1909, la province en produisit seulement 1 569 onces, mais dès 1916, le total s’élevait à 492 491 onces.

Après sa découverte, Hollinger continua de prospecter, participa à plusieurs autres aventures minières et construisit à Pembroke une grande maison pour sa famille. Comme il avait eu la sagesse de placer ses biens en fiducie, il était à l’aise, mais les nouveaux propriétaires du gisement qu’il avait découvert étaient fabuleusement riches. Pendant les 57 années où elle fut en exploitation, la mine produisit environ 19 millions d’onces d’or, ce qui représentait une valeur de près de 600 millions de dollars. Au fil du temps, le campement du lac Porcupine donnerait plus de 1,2 milliard de dollars d’or. Grâce à la phénoménale richesse engendrée par l’exploitation des métaux du Bouclier canadien, l’industrie minière devint un secteur important de l’économie ontarienne et acquit une grande influence politique [V. Francis Cochrane].

À l’instar de beaucoup d’habitants de la vallée de l’Outaouais à l’aube du xxe siècle, Benjamin Hollinger décida de gagner sa vie en exploitant les richesses naturelles de l’Ontario. Contrairement à bon nombre d’entre eux, il fit une découverte extraordinaire. Hélas, il ne profita pas longtemps de sa modeste fortune. À l’âge de 34 ans, en déjeunant chez lui à Pembroke, il succomba à un malaise cardiaque. Le Porcupine Advance déclara le 3 décembre 1919 que le prospecteur pionnier avait, dans les environs, la réputation d’être un homme « agréable, jovial, loyal » et « toujours un vrai gentleman ».

George Sheppard

Les détails concernant Benjamin Hollinger ont été tirés de l’entrevue que nous avons réalisée avec son fils, Benjamin E. Hollinger, de Pembroke, en Ontario, en août 1994.  [g. s.]

AO, F 1335-5, « History of the Hollinger mines » ; RG 22-364, no 2455 ; RG 80-8-0–731, no 28317.— DBC, Dossier B. E. Hollinger, corr., 1961–1971.— Globe, 19091919.— Observer and Ottawa Valley Advocate (Pembroke), 6 févr. 1913.— Pembroke Standard and Renfrew County Chronicle, 4 déc. 1919.— Porcupine Advance (South Porcupine [Timmins], Ontario), 3 déc. 1919.— Timmins Daily Press, 20 juill. 1960, encart sur Hollinger.— Canada, Parl., Doc. de la session, 1911, no 26.— Canadian Mining Journal (Gardenvale, Québec), 35 (1935) : 351–442 (numéro de septembre consacré à la Hollinger Corporation).— Arnold Hoffman, Free gold : the story of Canadian mining (New York et Toronto, 1947).— Philip Smith, Harvest from the rock : a history of mining in Ontario (Toronto, 1986).— O. T. G. Williamson, The northland Ontario (Toronto, 1946).

Bibliographie générale

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George Sheppard, « HOLLINGER, BENJAMIN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/hollinger_benjamin_14F.html.

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Auteur de l'article:   George Sheppard
Titre de l'article:   HOLLINGER, BENJAMIN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   1998
Date de consultation:   22 octobre 2014