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HALY, sir WILLIAM O’GRADY, soldat, officier général commandant les forces britanniques en Amérique du Nord, né en 1810, fils d’Aylmer Haly de Wadhurst Castle, dans le Sussex en Angleterre, décédé à Halifax, N.-É., le 19 mars 1878.

William O’Grady Haly entra dans l’armée en juin 1823 à l’âge de 13 ans ; il fut promu enseigne dans le 4e régiment d’infanterie le 17 juin 1828, et capitaine en avril 1834. Entre 1828 et 1854, son régiment servit en Écosse, en Irlande, en Australie et en Inde de même qu’en Angleterre. Haly prit part à guerre de Crimée en 1854–1855, reçut une médaille, fut fait compagnon de l’ordre du Bain le 5 juillet 1855 et reçut aussi le troisième degré de l’ordre de Medjidie et la médaille de Turquie. Nommé le 4 février 1859 lieutenant-colonel du 38e régiment d’infanterie, qui était en garnison aux Indes, il servit aux Indes orientales de 1861 à 1870 ; il fut promu major général en janvier 1865 et lieutenant général en mai 1873.

Le 6 mai 1873, on le nommait officier général commandant les forces britanniques en Amérique du Nord. Le quartier général de ces forces se trouvait à Halifax. Le gouverneur général, lord Dufferin [Blackwood*], aurait voulu que la garnison de Halifax tombât sous le commandement de l’officier général de la milice canadienne, nouvelle fonction créée en 1874, mais le ministère de la Guerre craignait de perdre ainsi le contrôle de la garnison de Halifax. Le major général sir Edward Selby Smyth*, le premier titulaire du poste de commandant de la milice canadienne, était inférieur en grade à Haly ; Dufferin dut rappeler à ce dernier que Smyth ne tombait pas sous son autorité et ne communiquerait pas avec le ministère de la Guerre par son intermédiaire.

En 1877, l’indépendance de Haly vis-à-vis d’Ottawa ajoutée à l’incurie qui régnait dans les bureaux du gouverneur général et du premier ministre Alexander Mackenzie* menèrent à un affrontement lorsque Haly ordonna arbitrairement la suspension des activités de l’Intercolonial parce que cette société ferroviaire n’avait pas percé de tunnel sous le terrain du ministère de la Guerre à Halifax, à proximité d’une poudrière, tel que Mackenzie l’avait promis. À la place, on avait creusé une tranchée que l’on se proposait de couvrir d’une voûte de métal mais le ministère de la Guerre avait déjà refusé d’approuver ce projet. Dufferin protesta énergiquement contre l’initiative de Haly qui était, disait-il, « un procédé beaucoup trop draconien, même pour un lieutenant général ». Il fit parvenir à Haly un télégramme, « rédigé en termes assez violents » pour qu’il fût possible à Haly de retraiter et de remettre à plus tard l’exécution des ordres du ministère de la Guerre. Peu après cet incident Haly demanda d’être recommandé au poste vacant de gouverneur de Gibraltar.

À titre d’officier général commandant les forces britanniques en Amérique du Nord, Haly était l’administrateur désigné pour agir en qualité de chef du gouvernement pendant les absences du gouverneur général. Il eut à remplir cet office du 12 octobre au 2 novembre 1874, du 15 mai au 21 octobre 1875 et du 21 janvier au 3 février 1878. Toutefois, Dufferin estimait que c’était « bien ennuyeux » de faire venir le commandant des forces armées de l’Amérique du Nord britannique d’aussi loin que Halifax, étant donné qu’il était probablement peu au courant des affaires canadiennes et qu’il pouvait se révéler « un militaire entêté, peu habitué à la vie civile et désireux de faire de l’effet ». Il jugeait Haly « nerveux et incompétent ». Il émit l’opinion que l’officier général commandant la milice canadienne ferait un administrateur beaucoup plus efficace. Aussi longtemps que Haly fut officier général, Dufferin réussit à retarder la mise en vigueur d’une disposition du ministère des Colonies selon laquelle l’administrateur devait recevoir un quart des allocations du gouverneur général ; de plus, à la suggestion de Mackenzie, il ne fit pas appel à Haly pour le remplacer quand il s’absenta pour de brefs voyages dans les régions éloignées du pays mais nomma plutôt le juge en chef de la Cour suprême, en ne lui conférant, d’ailleurs, que des pouvoirs restreints.

En 1875, l’incompétence de Haly entraîna une diminution des prérogatives du gouverneur général en matière de grâces. Un ministre canadien avait promis à un prisonnier une commutation de la peine capitale en sa faveur, à un moment où l’administrateur n’avait pas encore pris de décision au sujet de la recommandation du ministre de la Justice. Le ministre des Colonies, le comte de Carnarvon [Herbert] déclara que Haly, au lieu de céder comme il l’avait fait ; aurait dû rester sur ses positions et ensuite utiliser le télégraphe pour obtenir des instructions.

Haly fut nommé colonel du 106e régiment en 1874, fait chevalier de l’ordre du Bain le 29 mai 1875, muté au commandement du 47e régiment le 2 novembre 1875, et promu général breveté le 1er octobre 1877. En 1878, il mourut, toujours en service, des suites d’une attaque de « goutte à l’estomac ». Il avait épousé Harriett Hebden et leur fils aîné, le major général Richard O’Grady Haly fut officier général commandant la milice canadienne de 1900 à 1902.

Richard A. Preston

Royal Archives, Windsor Castle, Cambridge Papers, Dufferin to Cambridge, 11 Dec. 1874.— [Blackwood et Herbert], Dufferin-Carnarvon correspondence (de Kiewiet et Underhill), 156, 164, 283, 346–348, 384, 419.— The annual register : a review of public events at home and abroad for the year 1878 (Londres, 1879), 142.— Boase, Modern English biography, I : 1 297.

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Richard A. Preston, « HALY, sir WILLIAM O’GRADY », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 1 nov. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/haly_william_o_grady_10F.html.

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Auteur de l'article:   Richard A. Preston
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1972
Année de la révision:   1972
Date de consultation:   1 novembre 2014