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GUIBOCHE (Gibotte), LOUIS (connu aussi sous le nom indien de Nemisses (Minissis) et sous le sobriquet de Petit Pigeon (Little Pigeon), trafiquant de fourrures et interprète, né vers 1785 dans Rupert’s Land ; décédé avant le 13 octobre 1859 dans les environs de la colonie de la Rivière-Rouge (Manitoba).

Louis Guiboche représente cette première génération de Métis de l’Ouest canadien issue des alliances entre les trafiquants de fourrures et les autochtones habitant les territoires de traite. Même s’il est impossible de préciser ses origines, on peut supposer qu’il est né d’un père canadien-français et d’une mère amérindienne. En mars 1779, Philip Tumor* de la Hudson’s Bay Company rencontre un trafiquant nommé « Gibosh », travaillant pour Jean-Étienne Waddens*, aux environs d’Upper Hudson House (près de Silver Grove, Saskatchewan), sur la rivière Saskatchewan-du-Nord. Quelques années plus tard, soit en mai 1788, un Louis Guiboche, de Berthier-en-Haut (Berthierville, Québec), s’engage comme canotier du milieu au service de la McTavish, Frobisher and Company, une des sociétés partenaires dans la North West Company. Il pourrait bien s’agir dans les deux cas du père de Louis Guiboche. Par contre, dans le cas du Louis Guiboche qui se trouve au département du bas de la rivière Rouge pour le compte de la North West Company en 1799, il est impossible de préciser s’il s’agit du père ou du fils.

En 1804, Guiboche est identifié comme interprète de la North West Company dans le département de la rivière aux Anglais (fleuve Churchill). Les comptes du département pour l’année 1805 indiquent que son contrat ne se termine pas avant trois ans et qu’il est endetté envers la compagnie d’une somme de 1 487 ; ses gages ne totalisent que 500. C’est peut-être cette situation qui le pousse à quitter la compagnie et à s’engager, vers 1810, au service de la société rivale, la Hudson’s Bay Company.

Entre 1815 et 1818, Guiboche est interprète pour la Hudson’s Bay Company au Petit lac des Esclaves (Alberta) et, en 1818–1819, dans l’Athabasca. L’année suivante, il semble s’établir dans la colonie de la Rivière-Rouge, mais pendant les années 1820 il voyage régulièrement à York Factory, sur la baie d’Hudson, ainsi que dans le district de la rivière aux Anglais pour le compte de la compagnie. Le rôle de Guiboche pendant ces années est particulier. Il est, avec Cuthbert Grant, un des commerçants indépendants qui transportent à contrat les provisions et marchandises de traite de la compagnie entre la colonie de la Rivière-Rouge et la baie d’Hudson. En 1826, George Simpson, gouverneur de la Hudson’s Bay Company, fait appel à Guiboche et à Grant pour enrayer l’opposition que mènent les trafiquants américains venant du Sud contre le monopole de la compagnie. Les deux hommes sont équipés par la compagnie et autorisés à faire la traite dans la région entre le mont Turtle et la rivière Qu’Appelle en vue d’acquérir les fourrures que les trafiquants indépendants convoitaient. En 1828, probablement en reconnaissance du succès de cette entreprise, Guiboche est nommé commis-interprète pour le district de Winnipeg. L’année suivante, il occupe la charge de chef d’avant-poste et d’hivernant à Netley Creek. En 1831, il prend sa retraite à l’établissement de la Rivière-Rouge.

Lors du premier recensement de la colonie en 1827, Guiboche se déclare marié et père de sept enfants. En 1832, un autre recensement indique qu’il possède, entre autres, une maison, quatre chevaux, sept bœufs, quatre charrettes et deux canots, mais qu’il ne cultive que très peu la terre, ce qui laisse croire qu’il vit surtout de la chasse et du fret. Il est propriétaire de terres sur la rivière Assiniboine, à l’ouest de la colonie, et autour de la fourche des rivières Rouge et Seine. Toutefois, vers 1835, il commence à en disposer, se gardant un lot à Saint-Boniface où il réside. Son travail de chasseur le contraint cependant à voyager. On ignore tout de ses occupations jusqu’en 1859 ; une note dans les registres de la colonie, datée du 13 octobre de cette année-là, précise que Guiboche est décédé et que ses fils désirent vendre sa terre.

On sait peu de chose de Louis Guiboche sur le plan personnel, en dehors du fait qu’il était un employé honnête et assidu. Le gouverneur Simpson, habituellement avare de compliments, le dit en 1830 « très régulier et correct, bien qualifié à titre de chef de poste ». Son rôle d’interprète auprès des Amérindiens était considéré comme indispensable par les dirigeants de la Hudson’s Bay Company et, pendant la période de concurrence entre la compagnie britannique et la North West Company, avant 1821, son habileté avait même convaincu cette dernière de l’attirer à tout prix.

Diane Paulette Payment

ANQ-M, CN1-74, 3 mai 1788.— APC, MG 19, C1, 55.— PAM, HBCA, A.16/52–53 ; A.32/30 : fo 80 ; A.34/1 : fo 25 ; A.34/2 : fo 52 ; B.4/d/22 : fo 12d ; B.235/a/6 : fo 9 ; B.235/d/60 : fo 33 ; D.4/7 : fos 196–196d ; D.4/90 D.4/90 : fo 30 E.5/1 ; E.6/2 : fo 137 ; E.24/4 ; MG 2, B3 ; MG 7, D8.— Les Bourgeois de la Compagnie du Nord-Ouest (Masson), 1.— HBRS, 2 (Rich et Fleming) ; 3 (Fleming).— Le Manitoba (Saint-Boniface), 14 août 1883.— É.-Z. Massicotte, « Répertoire des engagements pour l’Ouest [...] », ANQ Rapport, 1942–1943 ; 1944–1945.— G. C. Davidson, The North West Company (Berkeley, Calif., 1918 ; réimpr., New York, 1967).— Marcel Giraud, le Métis canadien ; son rôle dans l’histoire des provinces de l’Ouest (Paris, 1945).— H. A. Innis, The fur trade in Canada : an introduction to Canadian economic history (éd. rév., Toronto, 1956).

Bibliographie générale

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Diane Paulette Payment, « GUIBOCHE, LOUIS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 1 nov. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/guiboche_louis_8F.html.

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Auteur de l'article:   Diane Paulette Payment
Titre de l'article:   GUIBOCHE, LOUIS
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1985
Année de la révision:   1985
Date de consultation:   1 novembre 2014