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GAMELIN, PIERRE (baptisé Pierre-Ambroise), officier dans l’armée et dans la milice, notaire et fonctionnaire, né le 31 mai 1789 à Saint-Vincent-de-Paul (Laval, Québec), fils de Pierre Gamelin et de Marianne Lemaître-Lamorille ; décédé le 14 avril 1856 à Iberville, Bas-Canada.

Le premier ancêtre canadien de Pierre Gamelin était Michel Gamelain* de La Fontaine, chirurgien et seigneur de Sainte-Anne-de-la-Pérade dans la seconde moitié du xviie siècle. Homme fort respectable, le père de Gamelin avait servi comme capitaine dans la milice canadienne sous le commandement du colonel François-Marie Picoté* de Belestre contre les Américains en 1775 et avait été à ce titre l’un des défenseurs du fort Saint-Jean, sur le Richelieu. Il exerçait les fonctions de juge de paix du district de Montréal vers la fin du xviiie siècle.

Après avoir fait des études, Gamelin entreprit son stage de clerc chez Joseph-Bernard Planté* à Québec en 1804 et 1805, puis le poursuivit chez Louis Chaboillez* à Montréal de 1805 à 1811. Ses études de notariat terminées, il entrait dans le régiment des Canadian Fencibles et y obtenait le grade d’enseigne. Il servit dans l’armée canadienne pendant la guerre de 1812. Le 14 mai 1813, il épousa Jane Sophia Walker à l’église anglicane Christ Church, de William Henry (Sorel). En 1814, en raison de son mauvais état de santé, il quitta les rangs de son régiment avec le grade de lieutenant.

Le 26 juillet 1815, Gamelin présentait à l’administrateur du Bas-Canada, sir Gordon Drummond, une requête pour être reçu notaire. Sa demande fut agréée et, le 25 août de la même année, il obtenait sa commission. Quelque peu instable, il exerça sa profession à plusieurs endroits au cours de ses 40 années de pratique : d’abord à Saint-Philippe-de-Laprairie de 1815 à 1817, puis à Sainte-Marie-de-Monnoir (Marieville) en 1817 et 1818, à Montréal de 1818 à 1821, à Laprairie (La Prairie) de 1821 à 1832, à Napierville de 1832 à 1841, à Dorchester (Saint-Jean-sur-Richelieu) de 1841 à 1848, à Saint-Jean (Saint-Jean-sur-Richelieu) de 1848 à 1852 et, enfin, à Christieville (Iberville) de 1852 à 1855.

En 1837, tout en étant notaire à Napierville, Gamelin occupait la charge de capitaine dans le 1er bataillon de milice du comté de L’Acadie. Lors du soulèvement des patriotes dans ce village en novembre de la même année, il demeura fidèle aux autorités de la colonie et fut contraint par la force de remettre sa commission de capitaine aux chefs patriotes de l’endroit. En novembre 1838, au cours du rassemblement au grand camp de Napierville placé sous le commandement de Robert Nelson*, il fut incarcéré par les patriotes dans la prison du comté. Après l’échec de la rébellion, Gamelin devait faire quatre dépositions sur ces événements, notamment contre Cyrille-Hector-Octave Côté*, député de la circonscription de L’Acadie et l’un des chefs du mouvement patriote à Napierville, et contre son confrère Charles Huot, également notaire à Napierville, qui était le quartier-maître du camp.

À peine établi a Dorchester en 1841, Gamelin se voyait confier la charge de greffier du conseil municipal du district de Dorchester, créé par ordonnance du gouvernement en 1840. Il exerça cette fonction jusqu’au 1er juillet 1845, soit jusqu’à la disparition de cette première forme d’institution municipale. Cependant, il fut aussitôt nommé secrétaire-trésorier du conseil municipal de la paroisse Saint-Jean-l’Évangéliste le 28 juillet 1845, fonction qu’il conserva jusqu’au 1er septembre 1847. Gamelin remplit également le poste de secrétaire du bureau de santé, formé en juin 1847 par le conseil municipal de la paroisse à la suite des ravages qu’avait causés l’épidémie de typhus apporté par les immigrants irlandais.

Pierre Gamelin mourut le 14 avril 1856 à Iberville, à l’âge de 66 ans. Il fut inhumé deux jours plus tard au cimetière de la congrégation anglicane, à Iberville, à laquelle il appartenait. Il s’était probablement converti à l’anglicanisme à une date inconnue. Sa femme l’avait précédé dans la tombe le 7 décembre 1855. Il semble que le couple n’ait pas eu d’enfants.

Lionel Fortin

Le minutier de Pierre Gamelin, contenant des actes passés entre 1815 et 1855, est déposé aux ANQ-M, sous la cote CN4-20.

ANQ-M, CE1-59, 15 sept. 1785, 31 mai 1789 ; CE3-1, 14 mai 1813 ; CE4-28, 16 avril 1856 ; CN1-269, 1er déc. 1805.— ANQ-Q, CN1-60, 5 sept. 1804 ; E 17/7, n° 122 ; E 17/11, n° 512 ; E17/32, n° 2544 ; E17/33, n° 2647.— APC, MG 30, D1, 13 : 703–715 ; RG 4, B8, 4 : 1276–1287 ; B36, 5 : 1541.— La Gazette de Québec, 19 mars 1812.— Lionel Fortin, le Maire Nelson Mott et l’Histoire de Saint-Jean ([Saint-Jean-sur-Richelieu, Québec], 1976), 31–39.—J.-J. Lefebvre, « les De Couagne (Decoigne) », SGCF Mémoires, 25 (1974) : 214–227.

Bibliographie générale

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Lionel Fortin, « GAMELIN, PIERRE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 31 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/gamelin_pierre_8F.html.

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Auteur de l'article:   Lionel Fortin
Titre de l'article:   GAMELIN, PIERRE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1985
Année de la révision:   1985
Date de consultation:   31 octobre 2014